Intervention d’Edouard Martin : le gaz de schiste induit des risques pour le climat, l’environnement et la santé (juin 2015)

 

Madame la Présidente,

La stratégie énergétique globale déclinée dans le rapport Saudargas va plutôt dans le bon sens. En effet, ce dernier reprend les objectifs du rapport Delvaux, qui prône trois orientations contraignantes: réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre, atteindre 30 % d’énergies renouvelables et obtenir 40 % de gain d’efficacité. Ces objectifs sont plus ambitieux que ceux retenus par le Conseil et on ne peut que s’en féliciter.

Néanmoins, quelques points posent problème, notamment l’exploitation du gaz de schiste et, plus largement, les combustibles fossiles non conventionnels. Il n’est pas suffisant de souligner – et seulement souligner – que l’extraction de ces combustibles n’est pas très propre. C’est pourquoi nous sommes nombreux à estimer que l’utilisation de la fracturation hydraulique – une technologie mal maîtrisée en Europe – induit des risques et des effets néfastes pour le climat, l’environnement et la santé publique.

Sur le plan économique, les retombées seront très en-deçà de celles attendues ou promises par certains experts. Les coûts d’exploitation sont beaucoup plus élevés qu’aux États-Unis et les stocks de gaz sont aussi moins importants. D’ailleurs, les entreprises pétrolières américaines elles-mêmes font machine arrière en arrêtant les forages en Pologne et en Hongrie. Même l’impact sur l’emploi est limité puisque les experts estiment que le nombre total des travailleurs dans ce secteur a connu une augmentation située entre 0,1 et 0,2 %.

Nous invitons donc les États membres à ne pas s’obstiner dans ce qui pourrait être une faute majeure à l’encontre de la planète et des jeunes générations. Il faut arrêter les activités d’exploration et d’extraction de combustibles non conventionnels. Nous avons les moyens, à condition de le vouloir, de soutenir les politiques énergétiques favorables à l’emploi et à la préservation de la planète.

Intervention d’Edouard Martin sur le paquet telecom : « on ne rouvre pas une négociation achevée » (28 Octobre 2015)

Monsieur le Président,

Nous nous apprêtons tout à l’heure à adopter un règlement fondamental à double titre: tout d’abord, la fin de l’itinérance. En juin 2017, après des années de plafonnement progressif, ce sera la fin des surcharges tarifaires pour ceux de nos concitoyens qui traversent les frontières, et je ne pense pas seulement à ceux qui ont la chance de voyager, mais aussi à ceux qui se déplacent par-delà les frontières pour raisons professionnelles. Je pense tout particulièrement aux travailleurs frontaliers, il s’agit là d’un aboutissement remarquable.

Deuxième élément fondamental, l’inscription des principes de neutralité du net dans notre corpus juridique européen. C’est pour moi une avancée considérable, et je voudrais ici répondre aux inquiétudes et aux critiques qui ont pu s’exprimer sur le résultat de la négociation entre le Parlement et le Conseil. Est-ce que ce texte consacre clairement un principe de traitement neutre et non discriminatoire du trafic internet? Oui, c’est le cas. Est-ce que ce texte ouvre des brèches évidentes qui permettraient de contrevenir au principe de neutralité de l’accès à internet? Je ne le pense pas, même si nous pouvons toujours pouvoir estimer écrire ex abstracto un texte plus clair. Mais est-ce que ce gain éventuel de clarté mérite que l’on prenne le risque de mettre à bas l’ensemble de nos acquis?

C’est sur cette question, et seulement sur cette question, que nos divergences s’exprimeront tout à l’heure. Pour ma part, je ne prendrai pas ce risque – car on ne rouvre pas une négociation achevée – tout en prévenant la Commission et les États membres que nous resterons vigilants à la fois sur la mise en œuvre de ce règlement et sur les prochains textes d’ores et déjà inscrits à l’ordre du jour.

Intervention d’Edouard Martin pour la défense du droit de grève (février 2015)

 

Madame la Présidente, chers collègues,

Permettez-moi d’exprimer mon inquiétude quant aux attaques lancées par la justice espagnole à l’encontre de plus de trois cents syndicalistes pour fait de grève. Certains sont même poursuivis et condamnés au pénal. Ce qui pose problème dans ce cas de figure est l’interprétation extrêmement restrictive du droit des travailleurs, et c’est encore plus vrai en temps de crise économique.

Nous voyons bien que sous la pression d’une partie du patronat, le droit de grève est mis à mal, et pas seulement en Espagne. Il existe un courant en Europe, de plus en plus fort, pour restreindre, voire interdire le droit de protestation et d’expression des travailleurs.

La démocratie sociale est mise à mal une fois de plus. Serait-ce un deal, à peine caché, des États pour attirer des investisseurs? Le droit des travailleurs constituerait-il un péril pour le grand marché? Pourtant, la charte européenne des droits fondamentaux, dans ses articles 12 et 28, fait référence au droit de grève et aux actions collectives. Le Parlement européen et l’Union européenne doivent donc réaffirmer avec force ces droits fondamentaux pour qu’ils soient respectés par tous les États membres. J’invite l’ensemble des parlementaires à soutenir l’initiative de la Confédération syndicale internationale pour faire du 18 février 2015 une journée de mobilisation internationale pour la défense du droit de grève des travailleurs. Le Parlement européen pourrait, par exemple, rédiger une déclaration dans ce sens.

 

Ce sont les hommes qui invitent

article droit des femmes

 

« On va dîner? »

Regards scabreux et invitation à dîner d’hommes manifestement plus âgés;

On parle de mes compétences;

« Est-ce que tu tapes vite à la machine à écrire? En robe, tu as dû user de tes charmes pour obtenir un emploi… Non? ».

« Tiens si tu apportais les cafés? ».

On s’inquiète de mon emploi du temps;

« Avec tout ça, tu as le temps d’aller faire des courses? ».

« Et des bébés, t’y penses? ».

Les campagnes publicitaires m’encouragent à passer un bon coup de balai chez moi, en bonus, je perdrais un certain nombre de calories.

Mes fessiers, nommés muscle du mois par différentes salles de sport à l’approche de l’été ne sont bien entendu pas oubliés et la venue du bikini est saluée.

Plus que tout, c’est important d’avoir des fesses parfaites à l’approche des beaux jours.

Jeune femme active, je vous apporte de la fraîcheur, je suis plus sensible, plus douce et plus compréhensive que mes collègues masculins mais le problème c’est que je suis plus facilement sujette à des passages hystériques.

Ces petits mots du quotidien, force est de constater que nous nous y habituons.

En réponses à ces remarques machos, on oppose un rire gêné, un rougissement ou une agressivité souvent moquée et décrédibilisée.

Quel que soit notre réponse, il est parfois difficile d’être prise au sérieux.

Mettre en lumière les mots et les actes n’est pas une attaque à l’encontre de la gente masculine, encore moins une démarche de victimisation.

Révéler au grand jour ce sexisme ordinaire ne constitue pas non plus un étendard que l’on brandirait dans une optique vengeresse.

Nous sommes conscientes que la condition féminine est un produit de l’histoire où se mêlent représentations physiques et mythes.

Le mythe de la femme parfaite par exemple.

Celui de la conciliation heureuse entre la mère de famille dévouée, l’amante disponible et la travailleuse laborieuse.

La dialectique femme/épouse/mère est lourde à porter.

Femmes monnaie de récompense, Femmes horloge biologique, Femmes discriminées, Femmes harcelées que nous remplacerons dans cet article par Femmes puissantes.

Femmes résistantes.

« Bon on va le boire ce verre? ».

Avant de dire oui, n’oublions pas que ce sont les hommes qui invitent n’est-ce pas?

Jeanne PONTE, Assistante Parlementaire

Edito – Quand la victimisation des puissants prend le dessus !

Même si l’économie mondiale a un peu redressé la tête, on ne peut pas dire qu’elle soit foudroyante. L’Europe n’échappe pas ce redémarrage difficile. Cette crise qui s’enlise depuis 2007 est due essentiellement à la finance « sauvage » et qui s’est ensuite transformée en crise économique puis sociale. Le résultat est terrifiant, 25 millions de chômeurs dans l’UE des 28 dont 7 millions de jeunes de moins de 25 ans. Sans compter les 112 millions d’européens qui vivent sous le seuil de pauvreté. Donc faire le constat que les plus pauvres paient chèrement les errements et les fautes des plus riches n’est pas une chose usurpée.

Pourtant dans la recherche effrénée de solutions de sortie de crise, ces mêmes « riches et puissants » jouissent d’une oreille bienveillante de la part de nombreux gouvernants. Et ça marche plutôt pas mal pour eux. Conséquences ? Pour sortir de la crise il faut baisser les salaires, libéraliser encore plus le marché du travail, accentuer la flexibilité, faire du CDD et de l’intérim, l’alpha et l’oméga du contrat de travail, baisser les salaires, les prestations,… Bref le monde du travail est trop choyé, il faut que cela cesse. Voilà le triste et désastreux bilan auquel se range une majorité de pays.

Et que personne ne s’avise de contester cette politique du mouton où tout le monde suit tout le monde, non enfin plutôt, où tous suivent la doctrine de ceux qui nous ont mis dans la mouise, les puissants. Que les victimes de la crise ne s’aventurent pas à pointer les responsabilités de la finance outrancière, des actionnaires, des centaines d’employeurs, du système absurde, non ! Que nenni !

Tous ceux-là se verront rétorquer avec force la même sérénade apprise par cœur dans les cahiers des puissants : « les pauvres entreprises sont trop taxées », « le coût du travail est trop élevé », « la concurrence est féroce », « l’énergie est trop chère », « il y a trop d’Etat », « il faut donner envie aux investisseurs de s’implanter chez nous », et la liste est longue.

La course à l’échalote est rude, chacun voulant gagner des points de compétitivité sur son voisin, d’aucun ne levant la tête pour se rendre compte que le mur vers lequel court ce modèle n’est plus très loin. Tout ça en portant quasiment en héros les bourreaux du modèle social européen. Tout ça en insultant la résistance du monde du travail qui ne veut pas se laisser noyer sans broncher. Tout ça en refusant plus d’Europe pour plus de repli sur soi. Forcément, le coupable c’est l’autre. Mais qui est cet autre en réalité ?

Cet autre est justement ce « puissant » qui impose sa loi à la planète entière. Son seul intérêt ? Le sien ! Et il est fort, très fort même. Il réussit ce tour de passe-passe effrayant qui consiste à monter les pays les uns contre les autres en les faisant oublier l’essentiel. L’être humain.