Visite au collège Montaigu de Heillecourt (Meuthe-et-Moselle)

Je vous livre ici le petit article rédigé par M. Driss DAGHMOUS, adjoint gestionnaire au collège Montaigu de Heillecourt (Meurthe-et-Moselle), lors de ma visite au sein de cet établissement. Un grand merci à lui et l’ensemble du personnel du collège ainsi, évidemment, qu’aux élèves.

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« A l’occasion de la journée franco-allemande du 22 janvier 2016, le collège Montaigu de Heillecourt, en Meurthe et Moselle, a décidé d’aborder la thématique de l’Europe et du Parlement européen en invitant le député européen Édouard Martin.

À l’initiative de l’enseignante d’allemand Virginie Godefroy, la matinée a commencé par un petit-déjeuner franco-allemand et un spectacle composé de saynètes de la vie quotidienne germanique jouées en langue allemande par les élèves eux-mêmes. La deuxième partie de la manifestation s’est traduite par une conférence-débat animée par le député européen. À cette occasion, le député était entouré de la chef d’établissement Madame Mireille PENNEQUIN, ainsi que de Monsieur Gérard Calais, président du comité de jumelage de Heillecourt–Neuhofen mais également du réseau régional du jumelage Grand Est de la fédération française des associations franco-allemandes.

Grâce à l’aide de leurs enseignants, les 55 élèves germanistes du collège Montaigu de Heillecourt ont préparé des questions qu’ils ont posé en langue française et allemande au Parlementaire. Les thématiques abordées ont porté  sur :

– le travail d’un député européen,

– les difficultés et les efforts qu’il faut déployer pour trouver des consensus sur certains sujets compte tenu des particularismes nationaux et idéologiques. Ce qui démontre que le parlement est un véritable lieu qui fait vivre la démocratie. Ces divergences se voient notamment sur certains sujets d’actualités abordés en ce moment au Parlement européen comme la question des réfugiés, les langues utilisées par un député européen et dans le cadre des travaux du Parlement européen.

On a senti chez les élèves une réelle volonté d’en savoir plus sur le travail d’un député européen. La preuve en est que les discussions entre Edouard Martin et les élèves se sont poursuivies même après la fin de la conférence. »

 

Ma rencontre avec Valentin, un jeune passionné et engagé !

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Edouard MARTIN et Valentin WEIDMANN, accompagné de son ergothérapeute Clara GUILLAUME, au Parlement Européen à Strasbourg .

Valentin Weidmann est accueilli à l’ARAHM qui est l’association régionale d’aide au handicap moteur à l’Institut d’Éducation Motrice des Grillons. Il est interne la semaine et rentre chez lui les week-ends.

Les IEM de l’ARAHM de Strasbourg (grillons et Iris) accueillent environ 200 enfants en situation de handicap avec une atteinte motrice. Ils sont pris en charge par une équipe pluridisciplinaire médicale, paramédicale, pédagogique et éducative, qui tente d’accompagner les enfants de 3 à 20 ans dans leur projet personnalisé de vie.

Valentin est venu accompagner de son ergothérapeute dans le cadre de son propre projet qui est de « s’investir et s’engager d’avantage dans la vie associative et politique » qui le passionne tant.

C’est cet échange passionnant avec Valentin un véritable engagé et fervent défenseur de la « Politique » au sens noble du terme que j’ai souhaité partager avec vous.

Valentin:  Après votre engagement syndicaliste, qu’est-ce qui vous a amené à faire de la politique ?

Edouard: Mon engagement en politique n’était pas prévu, j’étais bien-entendu engagé en tant que citoyen européen mais ni la politique ni le monde politique ne m’attiraient. D’ailleurs, je ne considère pas qu’être député européen soit un « métier ». C’est le Parti socialiste qui m’a proposé de faire partie de leur liste pour les élections européennes. J’ai d’abord refusé puis encouragé par mes amis syndicalistes, j’ai finalement accepté. C’est eux qui ont souhaité que je me présente candidat au Parlement européen pour défendre une industrie forte et le juste échange.

Valentin: Est-ce que vous connaissez François Hollande ?

Edouard: Je l’ai rencontré à deux ou trois reprises. Il était curieux de connaitre les sujets sur lesquels je travaille au Parlement européen.

Valentin: Quelle est votre vision du socialisme ? Pourquoi vous êtes-vous engagé sur la liste du Parti socialiste plutôt que sur la liste d’un autre parti?

Edouard: J’ai toujours été sympathisant du Parti socialiste sans en être un adhérent à part entière. J’avais négocié avec le Parti 3 conditions: aucune obligation de suivre les directives décidées par Paris, aucune obligation de prendre sa carte d’adhérent et libre-choix de mes collaborateurs. Aujourd’hui, on peut se poser la question de ce qu’est le « socialisme ». Ce que l’on constate avec notre gouvernement actuel et les diverses mouvances au sein de Parti, c’est qu’il y aurait une multitude de définitions de ce que l’on appelle le « socialisme ». La mienne est plus ancrée dans le monde réel par l’association de la société civile.

Valentin: Est-ce que selon vous, lorsque l’on n’a pas fait énormément d’études, on peut avoir sa place dans la vie politique ?

Edouard: Même si je dois dire que c’est rare, j’en suis la preuve. J’ai un niveau CAP, je ne sors pas de Science Po’ Paris ni de l’ENA ou de Polytechnique et je ne m’en porte pas plus mal! Il est très important qu’il y ait de la diversité dans la démocratie, y compris au niveau des études. Il est nécessaire quand on n’a pas le « profil type » si je puis dire d’avoir beaucoup de volonté et de détermination.

Valentin: Pour moi, il est parfois très difficile de m’investir pour la simple et bonne raison que les rassemblements du MJS ne sont pas toujours des lieux accessibles aux personnes à mobilité réduite alors que c’est une obligation légale en France et en Europe. Et mes copains et moi, je ne veux pas que l’on soit exclu de la société. Alors Parler c’est bien mais agir en Politique c’est mieux!

Edouard: Quel ministère souhaiteriez-vous si vous pouviez choisir ?

Valentin: Ministère de l’intérieur! Les petits postes pour renoncer à mes convictions: jamais! C’est pour cela que Je ne crois pas forcément en l’homme politique qui est parfois opportuniste mais je crois en la Politique!


	

Réforme du marché du carbone européen: décrasser l’usine à gaz !!

Dès l’entrée en vigueur du Protocole de Kyoto sur le climat, en 2005, l’Europe a été la première à se doter d’un instrument visant à garantir ses efforts de réduction des émissions de CO2: le « système européen d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre » (en anglais ETS pour « European Trading Scheme »).

Ce système instaure un plafond pour les émissions issues de la production énergétique et industrielle européenne, lequel plafond décroit d’année en année pour refléter les engagements pris par l’Europe: par rapport à l’année de référence 1995, -20% en 2020, -40% en 2030. En principe on suit le concept du « pollueur-payeur », c’est-à-dire que les acteurs du marché doivent « couvrir » leurs émissions en achetant des quotas d’émission, soit aux États-membres qui les mettent sur le marché, soit entre eux. Mais pour éviter que les industriels européens ne souffrent d’une concurrence déloyale de la part des producteurs non-européens (et donc non-soumis à cette obligation d’acheter des droits à polluer), il a aussi été prévu de leur verser des quotas gratuitement, en fonction de leurs efforts en matière de bilan  carbone.

Tel qu’imaginé au départ, ce système devait avoir toutes les vertus:

–              Donner un prix au carbone afin de donner un signal qui réoriente progressivement les investissements (en investissement, il est moins cher de construire une centrale à charbon qu’un champ d’éoliennes en mer, sauf si les prix des émissions de CO2 « rééquilibre » le tableau).

–              Inciter les acteurs du marché à faire les investissements nécessaires pour rendre leurs installations plus propres et plus efficaces, tout en les maintenant à l’abri de la concurrence internationale sur le plan du « coût carbone ».

–              Créer de la ressource budgétaire pour les États-membres au travers de la vente des quotas.

 

Malheureusement tout ne s’est pas passé comme prévu: outre des problèmes de piratage informatique au tournant des années 2010, l’ETS n’a pas vraiment obtenu tous les résultats escomptés:

–              Du fait d’un excès de quotas sur le marché (attribué par certains à la crise et donc au ralentissement de la production, par d’autres aux efforts réalisés par les industries pour polluer moins), le prix de la tonne de carbone est passé durablement sous la barre des 10 euros et flirte de façon inquiétante avec les 5 euros, malgré deux interventions législatives d’urgence pour retirer artificiellement des quotas de la circulation.

–              Les acteurs du marché n’ont pas complètement joué le jeu; si plusieurs études tendent à démontrer qu’il n’y a pas à proprement parler eu de « fuite de carbone » (délocalisations du fait de la tarification européenne du CO2) jusqu’à présent, dans de nombreux secteurs on n’a pas non plus constaté les investissements nécessaires pour moderniser les installations (le bilan carbone de certaines d’entre elles étant même parfois pire aujourd’hui qu’il y a dix ans). Et pourtant les industriels ont reçu des quotas gratuits en abondance, puisque calculés sur la base de la production des années fastes qui ont précédé la crise… Si certaines entreprises ont sagement conservé ces quotas « sur-alloués » pour couvrir leurs émissions futures, d’autres les ont monétisés pour embellir leur bilan comptable, voire pour les distribuer en dividendes. Tel fut malheureusement le choix d’ArcelorMittal qui au lieu de réinvestir ces sommes qui se chiffrent en centaines de millions d’euros, les a octroyées à ses actionnaires.

–              Les États-membres ont certes encaissé des gains de la vente de quotas, mais moins qu’attendu, que ce soit en volume ou en valeur unitaire. De plus les produits de ces ventes n’ont pas toujours été réinjectés pour la transition énergétique et écologique, ce qui aurait pourtant été logique si l’on souhaitait réellement initier un cercle vertueux (les « malus » des cancres de la décarbonisation finançant les « bonus » des bons élèves de la transition).

La Commission européenne a déposé l’été dernier son projet de révision de l’ETS pour la période 2020-2030. Le Parlement européen et le Conseil seront colégislateurs, et ai sein de la Commission ITRE (Industrie-Recherche-Energie) du PE, je serai le représentant du groupe des Socialistes&Démocrates sur ce dossier.

 

Malheureusement en l’état la proposition de révision n’apporte que des modifications à la marge, certes souvent bienvenues, mais qui pour moi ne sont pas au niveau pour corriger les défauts majeurs du système.

Alors que nous sommes encore dans une phase d’écoute et de consultation des acteurs, voici quelques axes qui dominent ma réflexion:

–              Comment donner un prix réellement incitatif au CO2 ? Plusieurs experts estiment qu’il faudrait que la tonne de carbone soit au moins à 30 euros si l’on veut que le charbon ne soit plus une source attractive pour produire de l’électricité… Or plusieurs projections pointent plutôt vers un maximum de 25 euros une fois la réforme de l’ETS mise en œuvre (si le projet actuellement sur la table passe plus ou moins en l’état). Ne faudra-t-il pas se résoudre à adjoindre un système de prix-plancher, en plus du système en volumes d’émissions sur lequel repose pour l’instant l’ETS?

–              Comment replacer l’investissement au cœur du système? Il s’agit en particulier d’être plus exigeant sur le fléchage et l’utilisation de la vente des quotas par les États-membres et des quotas alloués gratuitement (et monétisés par les industriels). Mais le projet de la Commission comprend aussi des fonds (« fonds d’innovation », « fonds de modernisation ») dont il faudra serrer les boulons si l’on souhaite que leur utilisation soit réellement orientée vers la « transition verte ».

–              Comment « désintoxiquer » les industriels de leur addiction aux quotas gratuits? L’enjeu est de trouver un moyen pour eux de ne pas subir une « concurrence carbone » qui serait par définition faussée de la part des compétiteurs qui n’ont pas à payer pour leur pollution et qui peuvent donc venir vendre « moins cher » leurs produits sur le marché européen. Mais la solution privilégiée jusqu’à présent, celle des quotas gratuits, a montré ses limites; et pour l’avenir après la phase de « sur-allocation » que nous avons connue, les industriels craignent une phase de « sous-allocation » qui leur serait potentiellement fatale. Je préconise un changement de paradigme avec la mise en place d’un ajustement carbone aux frontières dont le principe est simple: quelle que soit l’origine de la production, qui veut vendre sur le marché européen doit se plier à nos normes environnementales, c’est-à-dire s’acquitter du prix de ses émissions de CO2. Une telle mesure remettrait sur un pied d’égalité l’ensemble des compétiteurs tout en les enjoignant tous, Européens comme extra-Européens, à faire les efforts nécessaires pour polluer moins et donc, payer moins. Si cette idée fait lentement son chemin (elle a trouvé une majorité solide dans mon rapport sur les métaux de base en décembre dernier), je déplore la paresse intellectuelle des services de la Commission qui plutôt que de la considérer sérieusement et de la discuter sur le fond, la dénigrent sous prétexte qu’elle serait « contraire au droit de l’OMC » (ce qui est faux), « trop compliquée » (comme si le système de quotas gratuits ne mobilisait pas de charge administrative colossale, pour un résultat discutable), voire carrément « dangereuse » (car il ne faut surtout pas déplaire aux Chinois).

Mais comme je le mentionnais plus haut, nous n’en sommes encore qu’au début de l’examen de cette directive et j’aurai certainement l’occasion d’y revenir plus en détail dans un prochain numéro!

 

Face au dumping chinois, il est urgent de se défendre !

Accorder le statut d’économie de marché à la Chine, c’est fragiliser économiquement l’Europe. Persévérer dans cette erreur, c’est prendre le risque de faire imploser l’Union. La Chine n’est pas une économie de marché. Elle ne remplit qu’un des cinq critères requis pour prétendre à ce statut. Elle a choisi une stratégie de dumping qui ravage déjà les industries européennes.

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15 Février 2016 : Conférence l'après-midi aux côtés d'Emmanuel MACRON, Ministre de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique, sur les mesures d'urgence à prendre dans le secteur de l'acier. 

 

S’opposer à la reconnaissance du statut d’économie de la Chine

Avec mes deux collègues Emmanuel Maurel (S&D, FR) et David Borrelli (EFDD, IT) nous avons été les premiers à nous saisir de cette question, en mobilisant un réseau de soutien au Parlement européen. Appelé groupe de pression et ayant vocation à être transpartisan et multi nationalités, nous sommes déjà une soixantaine de députés européens membres de ce groupe.

Le sujet est d’importance: loin d’être anecdotique ou procédurale, une telle décision empêcherait la Commission européenne d’opposer des mesures anti-dumping aux produits chinois. Ces derniers sont pourtant vendus à des prix injustement bas grâce aux subventions massives dont ils font l’objet et à la course au moins-disant social et environnemental à laquelle se livrent les autorités chinoises.

Des centaines de milliers d’emplois industriels sont menacés. Ce n’est pas un hasard si ni les États-Unis, ni le Canada, ni le Japon n’ont l’intention de s’engager sur une voie si périlleuse…

 

L’Europe n’a pas vocation à devenir l’idiot du village planétaire

 Dans ce débat, c’est une certaine idée de l’Europe qui est en jeu. Les salariés, les consommateurs,  se détourneront de l’Union si elle s’avère incapable de les protéger. Plus que jamais, l’Europe doit imposer des règles dans le commerce international. Plus que jamais, elle doit promouvoir une certaine idée de la mondialisation.

Il faut être naïf pour croire que les concessions faites aux chinois les encourageront, à terme, à se réformer. Il faut être cynique pour parier que la disparition de pans entiers de l’économie  européenne est la condition pour le développement d’autres secteurs.

 

L’urgence d’agir vite

 L’urgence est réelle et le temps joue contre nous. Le territoire européen est inondé par des aciers chinois à bas coût et les effets néfastes de la chute des prix se font déjà ressentir. En France par exemple, le site de Fos-sur-Mer se retrouve fragilisé alors que dans l’Oise, le site NLMK a stoppé son activité il y a quelques jours. En Espagne, en Italie et au Royaume-Uni, les inquiétudes sont également vives après des mesures de chômage partiel et de réduction de la production.

Le 15 février, à la veille du Conseil européen, diverses organisations syndicales se sont mobilisées et nous leur avons apporté notre soutien plein et entier. À l’instar des syndicalistes américain, elles ont appelé l’Union à refuser d’accorder le statut d’économie de marché à la Chine. En effet, si aucune mesure n’est prise, la crise que traverse actuellement le secteur de l’acier est annonciatrice d’autres crises beaucoup plus généralisées.

 

Renforcer nos défenses commerciales dès maintenant

 Nous déplorons que la proposition législative sur la modernisation des instruments de défense commerciale soit bloquée par certains États-membres, malgré un soutien déterminé du Parlement. C’est la raison pour laquelle, nous demandons au Conseil de débloquer les négociations sur le renforcement des instruments de défense commerciale. Il s’agirait aussi d’accélérer les procédures d’enquête anti-dumping, en réduisant la phase préliminaire d’investigation à un mois maximum et de prendre des mesures préventives.

Ce débat n’est pas technique, il est éminemment politique: c’est l’avenir de l’industrie européenne, de l’emploi industriel, mais aussi de notre modèle social et environnemental, qui se joue.

A la veille d’un conseil Compétitivité (le 29 février, les 28 ministres de l’industrie se réuniront à Bruxelles pour évoquer cette question), plus que jamais, la vigilance est de rigueur.

 

manifestation bruxelles

15 Février 2016 (Matin) : Manifestation contre la reconnaissance du statut d'économie de marché à la Chine à Bruxelles. 

J’attends d’eux qu’ils prennent la mesure de la situation dramatique que traverse ce secteur et qu’ils prennent les mesures d’urgence qui s’imposent !

Edito (Mars 2016) : S’il te plaît, (re) dessine-moi l’Europe !

Le Grexit, le Brexit, les réfugiés, l’euro, crise après crise l’Europe montre ses faiblesses et ses limites.

Elle se fissure indéniablement. Alors, les causes de ces déchirements sont multiples et d’aucun pourrait y aller d’une longue liste de griefs.

Une certitude cependant, les fondamentaux de la construction européenne doivent être revisités.

Si l’objectif d’établir un marché commun pouvait avoir du sens au sortir de la guerre, aujourd’hui il ne répond plus aux attentes des citoyens. Car toutes les politiques européennes (ou presque), y compris celles de cohésion sociales, portent essentiellement sur les coûts. Le maitre mot de la commission est « le consommateur ».

Il faut protéger le consommateur, qu’il paie le moins cher possible. Evidemment, pour la construction d’un marché, il faut des consommateurs.

Donc, en forçant le trait, l’Europe devrait être un vaste supermarché où les consommateurs viendraient faire leurs courses.

Dans le « rayon » des grecs, trop chers, il faudrait les sortir ! Dans celui des britanniques, ils paieraient trop pour être dans les étales de l’Europe ! Ils veulent changer de crémerie. Les réfugiés et les migrants ? Ils n’auraient rien à faire dans ce supermarché, ils enlaidissent et encombrent les allées. Les travailleurs ? Trop chers également.

La concurrence fait rage et dans la guerre que se livrent tous ces marchands, il faut maintenant compter sur les low-costs. Et cette bataille là fait des dégâts et ce n’est pas fini.

Alors, il est temps de poser les valises et dire l’Europe que nous voulons.

Il est temps aussi de mettre ou remettre le Citoyen (et non plus le consommateur) au cœur des politiques. Arrêtons de courir dans les travées un jour de soldes à la recherche du produit moins cher.

Faisons de ce vaste territoire un lieu de vie, de culture, de savoir, de solidarité, de fraternité et d’unité.

Exigeons des architectes et des bâtisseurs à la place des chefs de rayon actuels.

Ainsi, nous pourrons redessiner, ensemble, une autre Europe !