15 Janvier 2016 à Liverdun – Rencontre avec les élèves du Collège Grandville, du Conseil des Sages et du Conseil Municipal

Dans le cadre des rencontres régulières dans la circonscription Grand Est, je me suis rendu à Liverdun.

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Invité par son Maire, Jean-Pierre Huet et par le président du Conseil des Sages, Roland Lhomme, j’ai eu l’occasion d’échanger sur l’Europe avec les délégué(e)s de classe du collège Grandville. Les élèves, de la 6ème à la 3ème, ont pu me questionner sur le rôle d’un député européen, sur mes travaux en cours ou à venir, sur l’éducation, sur les différentes crises que traversent l’Europe, etc. Les questions avaient été préparées avec l’aide précieuse de la CPE et les échanges ont été de haute tenue.

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A l’issue de cet échange particulièrement riche, j’ai répondu aux différentes questions des sages et des conseillers municipaux. La politique industrielle européenne, la reconnaissance ou pas du statut d’économie de marché de la Chine et même la situation des collègues de Florange ont été les principaux points abordés.

La journée s’est terminée après un déjeuner de travail et de réflexions en compagnie du Président de la communauté de communes du bassin de Pompey, Laurent Trogrlic.

Elections régionales, les urnes ont parlé !

Malgré la menace du FN, une large majorité des citoyens de la nouvelle région Grand Est n’est pas tombée dans ce piège. En effet, plusieurs dizaines de milliers de travailleurs transfrontaliers passent quotidiennement les frontières allemandes, luxembourgeoises, belges ou suisses pour y gagner leur vie. Ils savent l’intérêt économique et sociale d’avoir cette liberté de circulation. Chacun y gagne, les français car ils y trouvent un emploi qu’ils ne trouvent pas en France et nos voisins car ils y trouvent une compétence qu’ils n’ont pas sur place. Cette libre circulation des biens et des personnes est le fondement même de l’Union Européenne. Qui peut imaginer une seconde qu’une victoire du Front National, porteur de positions xénophobes et de repli sur soi avec fermetures des frontières, n’aurait aucun impact négatif sur nos concitoyens (il y a en France environ 300 000 frontaliers)?  Evidemment pas grand monde, en tout cas pas celles et ceux qui travaillent et construisent leur avenir grâce à cette possibilité d’aller travailler chez nos voisins.

L’Europe non plus. Elle ne serait pas restée spectatrice sur une éventuelle remise en cause des traités. Des sanctions étaient possibles tout comme nos voisins auraient pris des mesures pour limiter aussi la circulation des français vers leur pays. Donc, le chômage, déjà suffisament élevé chez nous, aurait explosé. Mais, prenant conscience de cette possibilité de sanctions et du dommage que cela pourrait causer aux frontaliers, les candidats FN ont revu (à la baisse?) leur position. Ils ne parlaient plus de fermetures mais d’un « pass frontalier ». Tiens! C’est nouveau, ils l’ont inventé pour détourner le regard de leur vrai visage, à savoir des anti-européens primaires. Une fois de plus, et cet exemple en fait la démonstration, le FN ment aux français. Tout est bon pour arriver au pouvoir.

Bref, le choix est clair, vivre et construire des projets européens qui bénéficient à tous ou s’enfermer et détruire ce que l’Europe a permis, être libres! Ce n’est pas rien, surtout en ces temps où ce principe reste fragile. La plus belle réponse a été celle des urnes.

Prix Sakharov pour la Liberté de l’Esprit 2015

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L’an passé, le parlement européen avait décerné le prix Sakharov au docteur Denis Mukwege qui, à l’hôpital de Panzi en RDC guérit les femmes de violences sexuelles.

L’émotion était à son comble. 

Je me souviens avoir participé à une conférence avec le docteur Mukwege dans laquelle il précisait que ces femmes étaient des « résistantes » et non des « victimes ». 

Le Parlement européen soutient les droits de l’homme en décernant chaque année le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit, créé en 1988. Le prix est décerné à des personnes qui ont apporté une contribution exceptionnelle à la lutte pour les droits de l’homme dans le monde, et attire l’attention sur les violations des droits de l’homme tout en apportant un soutien aux lauréats ainsi qu’aux causes pour lesquelles ils se battent.

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Cette année, le prix Sakharov a été décerné à  Raif Badawi, blogueur et défenseur de la liberté de pensée et d’expression en Arabie saoudite.

Il a été condamné à une peine de 10 ans de prison, à 1000 coups de fouet et à une lourde amende pour avoir publié « des propos blasphématoires » sur son site web dont l’objectif est d’encourager le débat social, politique et religieux.

Le tollé international et les inquiétudes au sujet de sa santé suite à une première série de coups de fouet en janvier 2015 ont empêché jusqu’ici d’autres flagellations.

Pourtant, Raif Badawi est toujours emprisonné et a été récemment déplacé vers une prison plus isolée. Il n’a donc pas pu recevoir son prix en personne ce mercredi 16 décembre.

C’est l’épouse du lauréat du prix Sakharov 2015, Ensaf Haidar qui a reçu le prix.

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Sa vie et la vie de leurs trois enfants étant menacées, la famille à fui vers le Canada.

Dans son discours très émouvant et très juste, Ensaf Haidar a déclaré que « le crime de Raif Badawi, c’est d’être une voie libre ».

Raif Badawi a eu le courage de faire entendre sa voix et de dire non à leur barbarie : c’est la raison pour laquelle ils l’ont fouetté », a déclaré Ensaf. 

« Raif Badawi est devenu un symbole et une source d’inspiration pour tous ceux qui luttent en faveur des droits fondamentaux dans la région et au-delà », a déclaré le Président du Parlement européen Martin Schulz lors de la cérémonie de remise du prix. « Malgré un risque important, Raif Badawi a tenté avec courage de favoriser la libre pensée et a exercé son droit à la liberté d’expression, remplissant le vide laissé par l’absence d’une liberté de la presse dans son pays ».

Martin Schulz a demandé au roi d’Arabie saoudite Salmane ben Abdelaziz Al Saoud de gracier immédiatement le blogueur et de le libérer sans conditions.

Je salue le courage de son épouse et de leurs enfants.

Raif n’est pas un criminel, c’est un libre penseur et un écrivain qui souhaitait mener une vie normale.

#FreeRaif.

 

 

Statut d’économie de marché de la Chine : Chaud devant !!

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L’année 2016 qui s’ouvre dans quelques jours sera marquée par un débat fondamental pour l’avenir de l’industrie manufacturière française et européenne: il s’agit de l’octroi (ou non) du statut d’économie de marché à la Chine. Derrière ce libellé qui peut sembler lointain ou technique, il faut bien mesurer que l’impact d’une telle décision serait énorme pour les producteurs européens.

Lorsque la Chine a fait son entrée à l’OMC en 2001, son protocole d’accession mentionnait décembre 2016 comme date butoir pour réexaminer le statut de ce pays aux yeux de ses partenaires commerciaux: être ou ne pas être une économie de marché, telle est la question!!

Car de là découlent les possibilités de défense commerciale de ses partenaires commerciaux, lesquelles constituent un élément clé du dispositif pour garantir une relative équité entre producteurs européens et exportateurs chinois. Octroyer de façon unilatérale le statut d’économie de marché à la Chine, ce serait nous priver encore un peu plus d’instruments de défense commerciale dont nous avons toujours besoin et qui en vérité ne sont déjà pas à la hauteur. L’actualité de la sidérurgie en est d’ailleurs un exemple cruel: alors que nous avons encore en principe la possibilité de prendre des mesures antidumping conséquentes, nous avons déjà la plus grand mal à faire face à l’inondation du marché européen par les aciers chinois, qui à force de casser les prix finissent par casser les reins de leurs concurrents sur le sol européen. C’est de davantage de protection dont nous avons besoin, pas moins!!

D’autant que pour revenir sur le fond de la question, il est très clair que la Chine est loin de remplir les critères de ce qu’on entend par « économie de marché ».

A l’échelle de l’Europe, la seule étude disponible à ce jour évalue les destructions d’emplois entre 1,7 et 3,5 millions (dont 75% d’emplois industriels) si la Chine devait se voir reconnaître ce statut. J’ai déjà eu l’occasion d’alerter l’opinion à plusieurs reprises sur les risques encourus, en particulier par une tribune dans les Échos signée conjointement avec Emmanuel Maurel le 30 octobre dernier. J’ai également fait adopter à une large majorité un amendement sans équivoque sur ce point dans mon rapport sur les métaux de base, adopté mercredi.

Dès janvier, la pression va encore monter d’un cran. En effet la Commission et les États-membres vont devoir commencer à se positionner plus clairement qu’ils ne l’ont fait par le passé. Le Parlement européen aura aussi son mot à dire. Je contribuerai au débat public et à cette pression politique en organisant une réunion d’information et de mobilisation au Parlement européen le 12 janvier, avec un collectif d’eurodéputés émanant de groupes politiques différents mais unis autour de ce combat.