Intervention d’Edouard Martin : tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines – (11 Février 2015)

 

Madame la Présidente,

Je constate que nous sommes peu d’hommes à avoir pris la parole ce soir sur le grave fléau que sont les mutilations génitales féminines. C’est grave et c’est dommage. Sortons un peu des idées préconçues: ce sujet doit aussi concerner les hommes, lorsqu’on s’attaque à tout un pan de l’humanité.

Attachons-nous aux mots « mutilations génitales féminines ». De quoi s’agit-il? Cela veut dire qu’on mutile les femmes, qu’on les blesse, qu’on les tue, parfois. Ce sont des tortures continues. Ces mutilations sont le reflet d’une inégalité profondément enracinée entre les hommes et les femmes. Vous l’avez dit, ce problème n’est pas simplement un problème africain, il touche aussi l’Europe.

Que faut-il faire? Dès à présent il faut sensibiliser et, surtout, favoriser le changement des mentalités, encourager la ratification de la convention d’Istanbul. Il faut également réfléchir à un système d’asile qui prendrait en considération ce grave fléau et l’absence de condamnation dans certains pays.

Ces femmes ne sont pas des victimes, ce sont des combattantes, comme le disait le docteur Mukwege. Le combat, c’est avec elles que nous devons le mener.

Intervention d’Edouard Martin : Chantal, Pauline et Marion sur l’égalité entre les femmes et les hommes – (11 mars 2015)

 

Monsieur le Président,

« Je m’appelle Pauline, je viens juste d’être diplômée. C’est mon premier travail. En rendez-vous professionnel, on me tutoie et on me fait la bise facilement, alors que l’on vouvoie et qu’on serre la main de mes collègues hommes. Mais j’ai de la chance car, bien souvent, on ne me regarde pas dans les yeux. D’une certaine manière, je sais que je dois faire plus qu’eux pour être prise au sérieux. Suis-je aussi obligée de me masculiniser? »

« Je m’appelle Marion. Je suis une jeune maman. De retour de congé de maternité, j’ai eu la chance d’avoir une place en crèche pour mon fils. Au travail, je me suis portée candidate à une promotion car j’ai l’expérience requise et des compétences reconnues par tous. Malheureusement, c’est mon collègue masculin qui a été choisi car il sera « davantage disponible » que moi. Je vais aller en justice mais sans obligation d’information de mon employeur, je sais que ce sera compliqué de prouver la discrimination. »

« Je m’appelle Chantal. Je suis retraitée. Étrangement, ma pension de retraite est moins élevée que celle de mes anciens collègues d’usine pour le même nombre d’années de cotisation. Les inégalités salariales se répercutent même après la vie professionnelle. »

Alors, Madame la Commissaire, chers collègues, pensons-nous avoir atteint l’égalité entre les hommes et les femmes en Europe?