Ils veulent tout savoir !

Comme à chaque session plénière au Parlement Européen, je consacre toujours du temps aux collégiens et lycéens en visite à Strasbourg. Après un passage en tribune de l’hémicycle pour assister à une séance de votes ou un débat d’actualité, moment très apprécié par les élèves et leurs enseignants, nous nous retrouvons en salle pour un échange sur tous les sujets européens.

Et comme à chaque rencontre je retrouve (enthousiaste) l’intérêt qu’ils portent à la chose publique et particulièrement à l’Europe. Et oui, la jeunesse s’y intéresse contrairement à l’idée trop souvent répandue. Ils veulent tout savoir, le rôle d’un député, ses travaux en cours, comment se déroule une journée de travail, son salaire, le positionnement de tel groupe politique sur tel sujet, l’avenir de l’Europe, la place des jeunes, etc.

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Evidemment, ces échanges sont toujours un moment privilégié car ils m’offrent la possibilité de débattre directement avec des citoyens au cœur même de leur maison, le Parlement. Cette institution, souvent méconnue, joue un rôle majeur dans le fonctionnement démocratique de l’Europe. Ses représentants, élus directement par les citoyens, sont dotés de compétences législatives (conjointement avec le Conseil de l’UE), budgétaires et de surveillance (contrôle démocratique sur toutes les institutions de l’Union par exemple). Et ce sont, à chaque fois, des sujets ô combien passionnants lors de ces rencontres tout aussi passionnantes.

Visitors group MARTIN, Edouard (S&D, FR)

Visitors group MARTIN, Edouard (S&D, FR) – 10 mars 2016 > Association EIGEA-IUT Nancy- Charlemagne

Alors, si vous aussi vous êtes intéressés pour venir découvrir le siège du Parlement Européen, pour débattre avec votre député, n’hésitez pas, contactez-moi.

A Bilbao, en soutien aux salariés de l’aciérie ACB

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ArcelorMittal a annoncé la fermeture de l’aciérie ACB à Sestao (Bilbao), les raisons invoquées sont la concurrence chinoise et le coût élevé de l’électricité.

Je me suis rendu sur place pour apporter mon soutien aux salariés et pour rencontrer les organisations syndicales (UGT et CCOO) afin d’élaborer ensemble des demandes locales, nationales et européennes.

Sur le plan local nous demandons à ArcelorMittal de dégager un budget pour la maintenance des outils et pour la formation du personnel. Si le groupe est honnête lorsqu’il annonce une fermeture provisoire, alors il doit répondre à ces exigences pour démarrer dans les meilleures conditions le moment venu.

Sur le plan national, faire que le gouvernement espagnol pousse aussi le conseil européen à prendre des mesures d’urgence pour défendre le secteur de l’acier.

Enfin, sur le plan européen, convaincre un maximum de ministres de l’Industrie afin que ces points soient abordés lors des réunions de Bruxelles les 15, 17 et 18 février 2016. Mais surtout que l’Europe (Conseil et Commission) prennent enfin les décisions qui s’imposent. Le temps presse.

Dernière minute : Emmanuel MACRON a co-signé un courrier avec ses homologues européens pour décider en urgence des mesures pour défendre le secteur de l’acier. Il se rendra à Bruxelles le 15 février 2016 pour rencontrer les eurodéputés, syndicalistes et patrons de l’acier. Affaire à suivre…

Rapport pour lutter contre le dumping social en Europe, je félicite mon collègue Guillaume BALAS !

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Il y a quelques mois, mon collègue Guillaume Balas, député européen membre de la Commission Emploi et Affaires sociales (EMPL) a été nommé rapporteur du dossier relatif à la lutte contre le dumping-social au sein de l’Union européenne.

Afin de refléter au plus près les réalités du terrain, il a lancé un appel à contributions et à témoignages. Il a également auditionné des experts, des chefs d’entreprises et des représentants des salariés.

Ces rencontres et ce recueil de témoignages lui ont permis d’élaborer un projet de rapport juste et équilibré en énumérant des propositions pour lutter contre le dumping social, véritable fléau pour la construction d’une Europe sociale que nous appelons de nos vœux.

Son projet de rapport a été discuté en première lecture lors de la Commission EMPL. Et déjà les premières attaques de la droite européenne se font sentir.

Guillaume Balas préconise une série de mesures dont l’objectif est de combler les lacunes législatives et réglementaires qui favorisent le développement d’une concurrence déloyale au sein du marché intérieur européen:

Il propose de renforcer les contrôles et les inspections au travail, au niveau national comme européen. Pour cela, davantage de moyens humains et financiers à disposition des autorités compétentes seront absolument nécessaires. Les politiques d’austérité ne peuvent mettre à mal le contrôle du respect de nos droits sociaux.

Il fait de la lutte contre les sociétés dîtes « boîtes aux lettres » une priorité afin d’éviter et d’empêcher le recours au travail non déclaré.

Afin de parvenir à une concurrence équitable entre acteurs économiques et États membres, Guillaume Balas propose notamment de réviser la directive relative au détachement des travailleurs en garantissant une égalité de traitement entre travailleurs.

Enfin, le projet de rapport de mon collègue sur la lutte contre le dumping social s’inscrit dans un ensemble plus général afin de parvenir à une véritable convergence sociale dans l’Union européenne. Une charte sociale devrait assurer la prédominance des droits sociaux sur les libertés économiques et sur les politiques d’austérité à l’œuvre aujourd’hui.

C’est parce qu’il existe une prégnance réelle des sujets sociaux notamment celui de la concurrence sociale déloyale chez nos concitoyens européens, que Guillaume Balas souhaite que le Parlement européen délivre une parole forte et entendue contribuant à construire une Europe plus sociale et donc plus soutenue par nos peuples.

Il a tout mon soutien.

Le Parlement européen à la rencontre des « geeks »

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Dans la matinée du mercredi 3 février, à l’initiative du groupe S&D et en collaboration avec l’Eurométropole de Strasbourg et Alsace Digitale, nous avons été un certain nombre de député-e-s européen-ne-s à nous extraire du Parlement pour aller à la rencontre de « start-upeurs » dans leur antre strasbourgeois, le Shadok (tout à la fois incubateur, fab-lab, lieu culturel et d’éducation populaire: http://www.shadok.strasbourg.eu/).

Une matinée d’échanges nourris dont nous sommes ressortis confiants sur la capacité de notre jeunesse à se lancer et à innover, mais aussi conscients de notre responsabilité de décideurs publics de lui faciliter la tâche. Pêle-mêle, il en va de l’accès parfois obscur aux programmes et aux fonds de soutien aux start-ups, d’une certaine complexité administrative citée par beaucoup, de la fuite des cerveaux vers la fameuse Silicon Valley qui continue d’attirer de nombreux créateurs européens…

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Mais du marché unique numérique à l’harmonisation fiscale, de l’unification de la protection des données personnelles à la facilitation des projets transfrontaliers voire pan-européens: au final le sentiment qui domine est celui d’un manque d’Europe plutôt que d’un trop-plein. Le numérique, à condition qu’il reste soumis à notre volonté collective, est porteur de nombreuses promesses: à nous de nous en occuper!

Une Europe à la carte: non merci !

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Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a dévoilé ses propositions de réponses aux demandes que le premier ministre britannique, David Cameron, avait exprimées en novembre dernier, afin que le Royaume-Uni reste dans l’Union européenne.

Le maintien du Royaume-Uni ne pourra se faire à n’importe quel prix.

« L’Europe à la carte » est le début des jeux nationaux qui fragiliseront l’Europe.

Ces propositions constituent la base de discussion sur laquelle doivent s’engager les négociations entre les États membres, et lors du Conseil européen des 18 et 19 février prochains.

À première lecture, ces propositions semblent de manière insidieuse, réécrire le Traité, préempter le processus législatif et, surtout, écarter le pouvoir de codécision du Parlement européen.

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Sur la zone euro notamment, Monsieur Tusk propose que les pays qui n’ont pas adopté la monnaie unique soient autorisés à faire remonter leurs inquiétudes au Conseil européen. Ces objections officielles seraient examinées par la zone euro mais ne seraient constitutives d’un droit de veto.

Sur le plan social, Londres demande à ce que les aides sociales soient limitées pour les non-britanniques et cela, dans un objectif, de limiter ce qui est communément appelé « le tourisme social ». Cette disposition pourrait être dangereuse et signifier un retour en arrière de la libre-circulation des européens.

Sur le plan institutionnel, existe déjà un « système de carton rouge », sur décision de 55 % de l’ensemble des parlements nationaux (soit 16 chambres sur 28), qui permet de stopper des projets législatifs de la Commission européenne.

Associer les parlements nationaux est nécessaire au bon fonctionnement de la démocratie, à condition que sa mise en œuvre n’entraîne pas une paralysie des institutions.

En effet, certains conservateurs britanniques; considérant que le soutien de 15 « autres » chambres des députés constitue une contrainte trop importante; appellent de leurs vœux le blocage de texte dès que la chambre des communes s’y oppose.

La crainte est que le contenu de ce compromis ne suffise pas à convaincre les britanniques de rester dans l’Union européenne. Et que l’Union européenne revoit à la baisse tous ses standards.