Débat sur la situation de l’industrie sidérurgique en Europe (Strasbourg, 26/11/2014)

Monsieur le Président,

Madame la Commissaire Bienkowska,

Mes chers collègues,

Si nous voulons être justes et efficaces dans les mesures que nous prendrons en faveur d’un secteur sidérurgique européen performant, il faut que nous soyons au clair entre nous sur le diagnostic:

– Les sidérurgistes européens ont fermé plus de 42 ou 43 millions de tonnes de capacité depuis 2008, ce qui représente à raison de 10 salariés par million de tonne, 40 000 destructions d’emplois directs, et plus de 100 000 en comptant les emplois indirects et les sous-traitants impactés.

– Or nous ne sommes pas en situation de surcapacité: sur nos 170 millions de tonnes de capacité actuellement, nous ne sommes en excédent commercial que de 5 millions. En d’autres termes, si l’activité économique redémarre -il me semble que c’est un objectif que nous partageons-, alors nous deviendrons importateurs nets.

Il faut donc réagir, et vite. Car ce secteur qui est pourtant si structurant dans une majorité de pays européens, est plus que jamais en crise structurelle qui se manifeste par un sous-investissement chronique en matériels comme en formation des salariés.

C’est l’objet du rapport que j’aurai l’honneur de porter sur le « développement durable de l’industrie européenne des métaux de base » (acier, mais aussi cuivre, aluminium ou zinc).

Les producteurs européens doivent être sur un pied d’égalité avec leurs concurrents extra-européens, qui sont souvent soumis à des normes moins ambitieuses en matière sociale et environnementale. Mais pas question d’encourager un nivellement par le bas qui passerait par le détricotage de nos droits sociaux ou le reniement de nos objectifs sanitaires et climatiques. Faut-il le rappeler, nous n’avons qu’une santé et qu’une planète!

Nous devons au contraire initier un cercle vertueux. Et à ce stade, je ne vois que l’ajustement aux frontières comme moyen de remettre nos producteurs dans le jeu tout en incitant les autres à hausser leurs standards. Ce sera l’un des axes que je tâcherai de crédibiliser, en plus d’autres que je n’ai malheureusement pas le temps de développer ici.

Je me réjouis en tout cas que ce sujet recueille l’intérêt de mes collègues et de la Commission, et vous dis à très bientôt, car il y a urgence!