12 Mai 2016 : Visite du Mémorial d’Alsace-Moselle et de l’exposition « Louise Weiss : mémoire d’une européenne».

Visite du mémorial avec Jean-Pierre VERDIER et Barbara HESSE, respectivement directeur et directrice du Mémorial d'Alsace Moselle.
Visite du mémorial avec Jean-Pierre VERDIER et Barbara HESSE, respectivement directeur et directrice du Mémorial d’Alsace Moselle.

Jeudi 12 mai, à l’invitation de la direction du Mémorial d’Alsace-Moselle, je me suis rendu à Schirmeck (Bas-Rhin) afin de visiter ce mémorial consacré à l’Histoire et aux heures sombres qu’ont traversé les habitants d’Alsace et de Moselle pendant la seconde guerre mondiale. Au lendemain des commémorations du 8 mai 1945, et à l’heure ou des milliers de personnes doivent quitter leur pays pour fuir la guerre, cette visite a eu pour moi un écho bien particulier. Ce parcours historique, interactif et très ludique permet de mieux connaître le destin tragique de notre territoire, en plein cœur de l’Europe : un territoire dont les habitants ont changé jusqu’à quatre fois de nationalité entre 1870 et 1945 – tantôt français, tantôt allemand – et  qui ont eux aussi connu l’exode à cause de la guerre.

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Ces lieux de mémoire sont plus que jamais nécessaires pour prendre conscience que nous tous, citoyens européens, avons un devoir de mémoire mais également un devoir de vigilance. Je tiens à féliciter les équipes pédagogiques du mémorial, car un important travail de médiation y est effectué, notamment auprès des jeunes générations. La visite se termine dans une salle consacrée à la réconciliation franco-allemande ainsi qu’à la construction européenne. Connaître et comprendre l’Histoire est primordial pour ne pas renouveler les erreurs du passé.

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Actuellement le Mémorial présente une exposition temporaire sur une européenne convaincue : Louise Weiss. Je vous invite d’ailleurs à découvrir cette exposition qui est présentée jusqu’au 4 septembre prochain à Schirmeck. Cette femme, grand témoin du XXème siècle, dont on connaît le nom mais dont on ignore trop le parcours et les combats, mérite d’être mise en lumière. L’Europe était au cœur des combats de cette femme étonnante qu’Helmut Schmitt surnommait d’ailleurs « la grand-mère de l’Europe ».

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Lors de la visite de l’exposition « Louise Weiss : mémoires d’une européenne »

Une phrase a retenu mon attention : « je ne donnerai pas cher de l’Europe si elle ne parvenait pas à réaliser son unité morale » (Louise Weiss, Tempête sur l’Occident, 1945-1975, Albin Michel). Plus de quarante ans plus tard, cette affirmation est toujours très actuelle et me touche tout particulièrement, car préserver une unité morale en Europe est toujours d’une absolue nécessité.

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Enfin, je salue le souhait de vouloir sensibiliser le public à la question européenne. Je suis sensible à ces lieux de mémoire et de pédagogie où l’on peut comprendre « pourquoi l’Europe » de façon clair et ludique.

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A l’issue de la visite, Barbara HESSE (directrice du Mémorial) présente le projet « Euphoria ». Ce projet d’agrandissement du Mémorial doit prendre forme concrète au cours de l’année en cours, le parcours de visite va être agrandit et l’accent sera mis sur l’Europe et la construction européenne. Le but étant d’informer le public sur un ton plus ludique et évocateur en apportant une vision contemporaine et sensible de l’Europe. Le Parlement Européen a investit 2 millions d’euros pour la réalisation de ce projet.

Dimanche 8 mai, j’ai participé aux portes ouvertes du Parlement à Strasbourg

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©Parlement Européen

Comme chaque année, cette journée a attiré une foule importante: 19 000 personnes (dont de nombreux jeunes)!! Preuve si besoin que l’Europe et ses institutions passionnent encore, malgré les nombreuses crises que nous traversons… Mais entendons-nous bien: il ne s’agissait pas pour autant de tout repeindre en rose. D’ailleurs, un débat-marathon avec les visiteurs de passage dans l’hémicycle (environ 3h de questions-réponses) a permis d’aborder sans tabou tous les sujets qui font notre actualité, même les plus sensibles ou les plus polémiques.

 

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Cette journée était également l’occasion pour les groupes politiques qui composent notre Parlement de se faire connaître (-au-delà des gadgets distribués!-).

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Le Parlement avait aussi prévu des mini-conférences pour une information plus détaillée des visiteurs les plus motivés, ainsi que des activités ludiques pour les plus jeunes. Le tout sous le soleil (pour la restauration, assurée par les Jeunes Agriculteurs d’Alsace) et en musique, puisque des ensembles (chorales ou orchestres) de divers pays européens ont également accompagné cette journée.

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VISITE DE L’ASSOCIATION D’INSERTION « ENVIE » À TRAVERS L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE À STRASBOURG

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Jeudi 14 avril 2016, accompagné de Pervenche Berès (Députée européenne et Présidente de la Délégation Socialiste Française au Parlement Européen), j’ai visité l’association d’insertion « Envie » située à Strasbourg.

Cette association s’est spécialisée dans la rénovation et la vente d’appareils électroménagers d’occasion. Une très bonne initiative qu’il faut soutenir : cela permet de faire un geste écologique et social tout en réalisant des économies !

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Vote de la directive « Secret des Affaires »

 

secret des affaires

 

Suite au vote de la directive «secret des affaires», ainsi qu’aux réactions effrénées et légitimes qui s’en sont suivies, je tenais à expliquer ma position.

Pour ceux qui suivent mes activités au Parlement Européen et qui ont pris l’initiative de me contacter concernant ce vote, sachez que j’ai porté attention à l’ensemble des mails, messages ou tweets.

Un texte initial très critiquable

            Il est vrai que la première version du texte, celle proposée par la Commission Européenne en 2014, était dangereuse.

Outre le fait que ce texte ne tenait compte que de l’intérêt des entreprises (qui en particulier dans le cas des PME, peuvent certes faire l’objet d’espionnage industriel et doivent donc pouvoir y faire face), il prévoyait que les médias ne pouvaient diffuser que les informations «légitimes» à leur activité. Autrement dit, les journalistes devaient apporter la preuve de la nécessité des révélations devant les tribunaux. Il s’agit d’une sorte d’inversion de la charge de la preuve, inacceptable dans une démocratie ouverte et pluraliste!

Le Parlement Européen, et en particulier notre rapporteur « shadow » Sergio Cofferati (ancien leader syndical italien),  s’est battu contre les États-membres afin de supprimer du texte initial cette notion de « légitimité ». Nous avons obtenu gain de cause sur ce point. Cette victoire a été saluée par de nombreuses organisations comme par exemple Reporters Sans Frontières.

La notion de «lanceurs d’alerte»

            Il est vrai que le texte n’accroît pas la protection des lanceurs d’alerte, cependant il ne les protège pas moins non plus.

Depuis des mois maintenant, le Parlement européen demande un texte protégeant les lanceurs d’alerte. Malgré les scandales successifs que l’on ne compte plus: LuxLeaks, HSBC ou plus récemment Panama Papers, la Commission européenne peine à bouger. C’est regrettable et condamnable !

Cependant, il est important de noter que ce texte qui est négocié depuis de longs mois, ouvre la voie à plus de protection pour les lanceurs d’alerte, même si aujourd’hui ce n’est pas encore le cas de la manière la plus effective possible.

La directive en question en son article 1 dispose qu’elle «n’affecte pas l’exercice du droit à la liberté d’expression et d’information établi dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne, y compris le respect de la liberté et du pluralisme des médias». Ce passage a vocation à protéger les journalistes de manière large.

Il est également fait mention de la possibilité de  «révéler une faute professionnelle ou autre faute, ou une activité illégale, à condition que le défendeur ait agit dans le but de protéger l’intérêt public général». Cette disposition vise à garantir la possibilité pour tout un chacun de se faire « lanceur d’alerte » mais sa formulation est-elle suffisamment claire pour en faire un garde-fou robuste?

Le secret des affaires et sa définition textuelle

La définition donnée est celle de l’Organisation Mondiale du Commerce. Par conséquent, un secret d’affaire est une information qui a «une valeur commerciale parce qu’elle est secrète», et qui «fait l’objet de la part de la personne qui en a le contrôle de façon licite, de dispositions raisonnables (…) destinées à les garder secrètes.»

Cette directive servant à harmoniser la législation européenne, les colégislateurs se sont bornés à cette définition assez vague afin de laisser les États membres souverains dans la transposition nationale. Nous resterons bien entendu vigilants.

En conclusion

Bien que la Gauche ait permis de mettre le débat sur la table en ce qui concerne les lanceurs d’alerte, les résultats sont hélas insuffisants.

En effet, la notion «d’agir pour l’intérêt général» fait peser la charge de la preuve sur le lanceur d’alerte, qui devra en faire la démonstration sous faute de poursuites. Je le condamne.

Le travail fourni par mes camarades est indéniable et ne mérite pas l’opprobre. Ce texte n’attaque aucunement le droit des journalistes. Cependant, il restait trop de points d’incertitude voire de désaccord pour que je puisse voter en faveur de ce compromis. D’autant que la Commission s’est entêtée à ne pas s’engager sur la voie d’une  directive associée concernant spécifiquement la protection des lanceurs d’alerte. J’ai par conséquent décidé de m’abstenir, comme une poignée d’autres députés du groupe S&D qui avaient soulevé ces points de divergence.

Il s’agit d’un sujet d’importance pour moi (comme vous avez pu le constater, je suis un des premiers signataires de la pétition d’Élise Lucet). Je continuerai à me battre avec mes camarades parlementaires afin qu’une réelle avancée puisse voir le jour rapidement sur la protection des lanceurs d’alerte.