L’accession de l’Arabie Saoudite à la Commission des Nations Unies pour la condition de la femme: quelle surprise!

Le mardi 4 juillet, lors de la session plénière nous avons débattu de l’élection de l’Arabie Saoudite à la Commission des Nations Unies pour la condition de la femme.

Pour mémoire, le lundi 25 avril, 47 États; dont 5 pays européens (incluant la Belgique, la France a formellement marqué son désaccord) ont voté en faveur de l’accession du Royaume à cette commission pour la période 2018-2022.

Cette situation prête à rire jaune si l’on considère la condition des femmes en Arabie Saoudite.

Les femmes saoudiennes ne peuvent conduire, elles ont besoin de l’autorisation d’un homme de leur famille pour travailler ou voyager, elles ne peuvent manger seules dans un restaurant et la mixité dans les lieux publics est interdite, elles sont obligées de porter l’abbaya, elles n’ont qu’un accès très limité aux droits sexuels et reproductifs et elles sont très peu représentées dans la vie publique…

Enfin c’est bien simple, toute présence féminine doit être effacée à en juger par le nouveau scandale publicitaire où une entreprise américaine a accepté de remplacer les femmes présentes par des bouées gonflables pour vendre des piscines sur le marché saoudien (quelques années auparavant, il s’agissait de l’entreprise suédoise IKEA qui avait « gommé » toutes présences de femmes dans ses catalogues).

Les femmes, en Arabie Saoudite, sont donc des réalités invisibles.

Et c’est sans compter, le nombre de « petites mains » souvent pakistanaises ou indiennes qui travaillent dans des conditions qui ne respectent pas la dignité humaine dans de nombreux foyers de riches familles saoudiennes, sans que quiconque ne s’en émeuvent.

Alors que fait l’Arabie Saoudite dans cette Commission?

Les plus optimistes (ou les plus candides) d’entre nous répondraient que l’Arabie Saoudite pourrait faire des efforts et assouplir sa législation, que cette Commission créerait les conditions favorables à un changement de cap par un nivellement par le haut. Ils citeraient en exemple la nouvelle loi électorale qui autorise les femmes, depuis 2015, à voter et d’être élues (attention, il ne faut pas exagérer, ce n’est qu’aux élections municipales!) ou ils illustreraient l’avancée progressiste du Royaume puisqu’une femme a été nommée à la tête de la Bourse de Ryad.

De mon côté, permettez-moi d’en douter.

L’Arabie Saoudite devra avoir les coudées franches et mettre les bouchées doubles puisqu’en plus des interdits évoqués, selon un rapport de l’ONU de cette même commission pour la condition des droits des femmes, seule 1 femme sur 5 travaille.

Je compte sur l’absolu nécessité d’extrême vigilance des autres États présents dans  cette Commission afin que cette accession d’un État « hors sol » sur les questions liées aux droits des femmes ne se traduisent pas par un nivellement par le bas pour tous et surtout pour les femmes.

Car pour le moment, cette élection de l’Arabie Saoudite ressemble étrangement à la désignation d’un pyromane comme chef des pompiers.

Un nouveau pas pour la justice fiscale !

Le Parlement européen a adopté aujourd’hui une directive importante dans la lutte contre l’évasion et la fraude fiscale des multinationales.

Les scandales à répétition – SwissLeaks, LuxLeaks, Panama Papers – nous ont permis d’imposer à la Commission européenne des chantiers législatifs importants pour restaurer la justice fiscale en Europe. Appuyés par la société civile, grâce au travail des journalistes et au courage des lanceurs d’alerte, nos propositions pour restaurer l’équité fiscale à l’échelle européenne avancent !

Il y a quelques années encore, ces évolutions auraient été impensables, la droite européenne se refusant à toute discussion sur ces sujets. Le rapport sur le reporting public pays par pays adopté aujourd’hui par le Parlement européen marque une nouvelle étape vers la transparence fiscale. Le Parlement européen demande qu’à l’avenir, les grandes multinationales publient une série d’informations permettant de s’assurer qu’elles paient leurs impôts de façon juste et éthique, là où elles réalisent leurs profits.

Les deux rapporteurs S&D, soutenus par l’ensemble du groupe, ont voulu aller plus loin que la proposition de la Commission européenne et ont obtenu que les données soient publiées par juridiction fiscale. Obligation, donc, pour les grandes entreprises actives dans l’UE, de dévoiler le détail de leurs activités dans chaque pays, dans et en dehors de l’UE : chiffre d’affaires, bénéfices et impôts payés, entres-autres.

C’est une avancée notoire puisque la proposition initiale ne comprenait qu’une simple catégorie « reste du monde » avec une seule donnée agrégée pour des activités dans plusieurs pays. Ces informations sont importantes pour aider les pays Africains et les ONG à lutter contre la fraude fiscale à l’extérieur de l’Union européenne.

Les députés de droite ont cependant fait insérer dans le texte une exemption qui affaiblit l’obligation de transparence : une ‘clause de sauvegarde’ destinée, selon eux, à protéger les entreprises de leurs concurrents hors UE en leur permettant d’échapper à la publication de ces données si elles démontrent que cela porte atteinte à la bonne marche de leurs affaires. Pour les eurodéputés socialistes et radicaux, cette dérogation devrait être davantage limitée car, trop souple, elle revient à laisser aux entreprises le choix de divulguer, ou non, leurs données.

Lors des négociations à venir avec le Conseil, nous serons particulièrement vigilants car si la position du Parlement votée aujourd’hui n’est pas aussi ambitieuse que nous l’aurions espéré, elle n’en reste pas moins une avancée considérable.

 

Communiqué de Presse de la Délégation Socialiste Française au Parlement Européen – mardi 4 Juillet 2017, Strasbourg.

La vacance de M. Hulot

Après son ambiguïté sur les néonicotinoïdes, le gouvernement de M. Philippe s’illustre à nouveau en acceptant le projet très controversé de la Commission européenne sur les perturbateurs endocriniens.

La délégation française du groupe S&D dénonce avec force le revirement de M. Hulot sur le sujet, et cela avec d’autant plus que notre pays avait jusqu’à présent mené avec fermeté cette bataille contre les lobbys de la chimie en Europe.

Ce revirement de la France et de M. Hulot est scandaleux à plus d’un titre : d’abord, M. Hulot responsable d’ONG tenait des propos radicalement différents il y a encore quelques mois. Ensuite, les scientifiques nous alertent de façon précise, solide et argumentée sur les conséquences des perturbateurs endocriniens sur la santé des êtres humains : baisse de la fertilité masculine, puberté précoce, malformations congénitales, cancers du sein, etc. Quand ceux qui les défendent parlent toujours rentabilité, rappelons d’ailleurs ce chiffre : ces substances nocives coûtent au minimum 157 milliards d’euros par an aux systèmes de santé européens.

Le texte validé aujourd’hui par la France est tout simplement inacceptable car il prévoit une charge de preuve très élevée, qui risque d’exclure un grand nombre de substances potentiellement dangereuses pour l’être humain. Si nous notons que des contreparties ont été obtenues, elles ne changent rien au fait qu’il restera presque impossible de retirer un produit du marché du fait qu’il contient un perturbateur endocrinien.

Nous appelons de nos vœux une règlementation européenne faisant pleinement droit au principe de précaution. Les eurodéputés socialistes et radicaux continueront de mener ce combat pour la santé des européens.

 

 

Communiqué de Presse de la Délégation Socialiste Française au Parlement Européen – mardi 4 Juillet 2017, Strasbourg 

26 Juin 2017 : intervention en commission FEMM

Un député européen évoque le sexisme en politique et dans les …

"Le monde cultivé est aussi sexiste et misogyne que n'importe quel être humain"Pendant ce temps au Parlement européen… Edouard Martin, député européen, dénonce le sexisme en politique et dans les médias.

Posted by Brut on Sonntag, 2. Juli 2017