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Les eurodéputés sociaux-démocrates ne soutiendront pas le statut d’économie de marché pour la Chine

 

Cette semaine, à Strasbourg, les Métallurgistes allemands ont manifesté devant le Parlement européen, exhortant l’UE à prendre des mesures contre des tarifs peu élevés sur les chinois, contre des importations qui ont conduit au dumping et provoqué des milliers de pertes d’emplois dans l’Union Européenne.

L’appel de travailleurs aux députés intervient deux jours avant un vote important au Parlement européen sur l’octroi de statut d’économie de marché à la Chine. Le Président du groupe socialiste & démocrates au Parlement européen, Gianni Pittella, a déjà indiqué que son groupe ne soutiendra pas cette mesure.

Aux côtés des députés européens sociaux-démocrates Alessia Mosca (Italie), Jo Leinen (Allemagne) & David Martin (UK), j’ai rejoint la manifestation des métallurgistes pour soutenir leur appel à la concurrence sur un pied d’égalité.

 

 

 

 

Statut d’économie de marché à la Chine : enjeux et conséquences en Europe !

Interviewé par mon collègue Guillaume Balas à la veille d’un vote crucial pour l’industrie et l’emploi en Europe; celui sur la résolution relative au statut d’économie de marché à la Chine;  j’ai souhaité expliquer les contours de ce débat et les conséquences négatives pour l’Europe qu’aurait une telle reconnaissance.

L’impact d’une telle reconnaissance serait trop important, c’est pourquoi nous avons souhaité, avec d’autres eurodéputés, mener un combat contre cette reconnaissance du statut d’économie de marché à la Chine, nous avons œuvré pour que le Parlement Européen puisse donner son point de vue et c’est pourquoi le vote de cette résolution était très important.

VISITE DE L’ASSOCIATION D’INSERTION « ENVIE » À TRAVERS L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE À STRASBOURG

ENVIE Strasbourg 14-04-2016 2

Jeudi 14 avril 2016, accompagné de Pervenche Berès (Députée européenne et Présidente de la Délégation Socialiste Française au Parlement Européen), j’ai visité l’association d’insertion « Envie » située à Strasbourg.

Cette association s’est spécialisée dans la rénovation et la vente d’appareils électroménagers d’occasion. Une très bonne initiative qu’il faut soutenir : cela permet de faire un geste écologique et social tout en réalisant des économies !

ENVIE Strasbourg 14-04-2016

Vote de la directive « Secret des Affaires »

 

secret des affaires

 

Suite au vote de la directive «secret des affaires», ainsi qu’aux réactions effrénées et légitimes qui s’en sont suivies, je tenais à expliquer ma position.

Pour ceux qui suivent mes activités au Parlement Européen et qui ont pris l’initiative de me contacter concernant ce vote, sachez que j’ai porté attention à l’ensemble des mails, messages ou tweets.

Un texte initial très critiquable

            Il est vrai que la première version du texte, celle proposée par la Commission Européenne en 2014, était dangereuse.

Outre le fait que ce texte ne tenait compte que de l’intérêt des entreprises (qui en particulier dans le cas des PME, peuvent certes faire l’objet d’espionnage industriel et doivent donc pouvoir y faire face), il prévoyait que les médias ne pouvaient diffuser que les informations «légitimes» à leur activité. Autrement dit, les journalistes devaient apporter la preuve de la nécessité des révélations devant les tribunaux. Il s’agit d’une sorte d’inversion de la charge de la preuve, inacceptable dans une démocratie ouverte et pluraliste!

Le Parlement Européen, et en particulier notre rapporteur « shadow » Sergio Cofferati (ancien leader syndical italien),  s’est battu contre les États-membres afin de supprimer du texte initial cette notion de « légitimité ». Nous avons obtenu gain de cause sur ce point. Cette victoire a été saluée par de nombreuses organisations comme par exemple Reporters Sans Frontières.

La notion de «lanceurs d’alerte»

            Il est vrai que le texte n’accroît pas la protection des lanceurs d’alerte, cependant il ne les protège pas moins non plus.

Depuis des mois maintenant, le Parlement européen demande un texte protégeant les lanceurs d’alerte. Malgré les scandales successifs que l’on ne compte plus: LuxLeaks, HSBC ou plus récemment Panama Papers, la Commission européenne peine à bouger. C’est regrettable et condamnable !

Cependant, il est important de noter que ce texte qui est négocié depuis de longs mois, ouvre la voie à plus de protection pour les lanceurs d’alerte, même si aujourd’hui ce n’est pas encore le cas de la manière la plus effective possible.

La directive en question en son article 1 dispose qu’elle «n’affecte pas l’exercice du droit à la liberté d’expression et d’information établi dans la Charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne, y compris le respect de la liberté et du pluralisme des médias». Ce passage a vocation à protéger les journalistes de manière large.

Il est également fait mention de la possibilité de  «révéler une faute professionnelle ou autre faute, ou une activité illégale, à condition que le défendeur ait agit dans le but de protéger l’intérêt public général». Cette disposition vise à garantir la possibilité pour tout un chacun de se faire « lanceur d’alerte » mais sa formulation est-elle suffisamment claire pour en faire un garde-fou robuste?

Le secret des affaires et sa définition textuelle

La définition donnée est celle de l’Organisation Mondiale du Commerce. Par conséquent, un secret d’affaire est une information qui a «une valeur commerciale parce qu’elle est secrète», et qui «fait l’objet de la part de la personne qui en a le contrôle de façon licite, de dispositions raisonnables (…) destinées à les garder secrètes.»

Cette directive servant à harmoniser la législation européenne, les colégislateurs se sont bornés à cette définition assez vague afin de laisser les États membres souverains dans la transposition nationale. Nous resterons bien entendu vigilants.

En conclusion

Bien que la Gauche ait permis de mettre le débat sur la table en ce qui concerne les lanceurs d’alerte, les résultats sont hélas insuffisants.

En effet, la notion «d’agir pour l’intérêt général» fait peser la charge de la preuve sur le lanceur d’alerte, qui devra en faire la démonstration sous faute de poursuites. Je le condamne.

Le travail fourni par mes camarades est indéniable et ne mérite pas l’opprobre. Ce texte n’attaque aucunement le droit des journalistes. Cependant, il restait trop de points d’incertitude voire de désaccord pour que je puisse voter en faveur de ce compromis. D’autant que la Commission s’est entêtée à ne pas s’engager sur la voie d’une  directive associée concernant spécifiquement la protection des lanceurs d’alerte. J’ai par conséquent décidé de m’abstenir, comme une poignée d’autres députés du groupe S&D qui avaient soulevé ces points de divergence.

Il s’agit d’un sujet d’importance pour moi (comme vous avez pu le constater, je suis un des premiers signataires de la pétition d’Élise Lucet). Je continuerai à me battre avec mes camarades parlementaires afin qu’une réelle avancée puisse voir le jour rapidement sur la protection des lanceurs d’alerte.

 

Le bio, le circuit court, des jeunes agriculteurs: que des raisons de soutenir et promouvoir !

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C’est lors d’un déplacement dans ma circonscription que j’ai rencontré un jeune agriculteur qui a confirmé ma sensibilité et mon intérêt pour l’importance de développer les circuits courts et l’agriculture biologique.

Aujourd’hui la situation difficile que vivent les agriculteurs européens est indéniable. Les multiples obstacles qu’ils rencontrent ne peuvent leur permettre de subvenir à leurs besoins de manière certaine.

La stratégie qui prédomine dans nos pays est celle des circuits longs. On trouvera alors au moins deux intermédiaires entre le producteur et le consommateur. Ce n’est plus acceptable !

En effet, souvent les producteurs vont vendre à bas prix leurs produits aux grossistes, qui eux, en faisant une marge vendront aux détaillants, qui à leur tour, proposeront aux clients ces produits, avec un prix de vente multiplié de façon non négligeable.

Les producteurs et les consommateurs se trouvent lésés au profit des détaillants et des grands distributeurs.

Cette situation connue de tous est aujourd’hui insoutenable. L’Union Européenne a donc appelé à favoriser les circuits courts.

L’utilisation des circuits courts permet aux agriculteurs de s’affranchir des intermédiaires de la grande distribution.

Cet affranchissement va donc permettre aux agriculteurs de gagner davantage et dans le même temps pour les consommateurs d’avoir des produits de meilleure qualité.

Les circuits courts ont également l’atout de réduire les prix pour les consommateurs, en supprimant des coûts de transaction inutiles.

D’autres enjeux de ce système doivent également être mis en lumière. En privilégiant les producteurs locaux, les emplois créés seront non-délocalisables et le gain énergétique sera conséquent. En effet, en supprimant les intermédiaires, les transports se verront réduits en même temps que le taux d’émission carbone.

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Les poules heureuses du jeune agriculteur Thomas Simonin, sur son exploitation « Picorette & compagnie » à Laître-sous-Amance (54770).

L’utilisation de ce système permet donc à la fois une protection du travailleur agricole, une amélioration de la qualité du produit se trouvant entre les mains du consommateur, ainsi qu’une préservation écologique.

Une question légitime peut alors être posée, celle de savoir comment se fournissent nos institutions Européennes.

Si nous voulons impulser un changement qui s’inscrit dans la durée, nous ne devons pas uniquement apporter un soutien textuel, nous devons montrer la voie!

Quoi de mieux pour promouvoir ce mécanisme que de montrer l’exemple et de se fournir dans les productions agricoles, bovines etc… se trouvant dans le territoire de nos Institutions. C’est ce que je vais impulser au Parlement européen de Strasbourg en soutenant l’exploitation « Picorette & compagnie ».

L’exploitation «Picorette & compagnie» de l’agriculteur Thomas Simonin permet d’illustrer l’intérêt des circuits courts associé à une exploitation agricole entièrement biologique.

Cette exploitation située à 10 Km de Nancy a fait le choix de s’orienter vers la production d’œufs biologiques et souhaitait favoriser la vente directe.

Thomas Simonin, courageux jeune agriculteur a fait le choix de la production d’œufs bio pour la simple et bonne raison que la demande était croissante en Lorraine et que les œufs sont faciles à commercialiser en vente directe.

Faire le choix du biologique, n’est donc aucunement un choix aléatoire.

Faire le choix du biologique, c’est prendre en considération la santé des travailleurs et celle des consommateurs avant tout, mais également être conscient des enjeux environnementaux.

Thomas Simonin avait au préalable travaillé dans des entreprises de prestations agricoles et ne souhaitait plus être au contact de produits chimiques (les premières victimes de l’épandage de produits phytosanitaires sont les agriculteurs qui inhalent ses substances, à ce titre nous pouvons rappeler les scandales Monsanto).

Début 2015, le poulailler sort de terre et les poules arrivent en septembre. L’aventure peut commencer !

Son poulailler peut contenir jusqu’à 4000 poules (6 par mètre carré), qui sont nourries  avec des céréales bio de Lorraine uniquement. Toute la journée, les poules sont en libertés et écoutent de la musique classique, afin de faire baisser le stress très présent chez les poules.

Dans une période où la souffrance de l’animal fait débat, à juste titre, voilà une exemple remarquable du traitement sain des animaux.

Ce sont ces démarches courageuses que nous devons soutenir et promouvoir.

Il en va de notre modèle agricole.

Il est urgent d’agir afin de soutenir les producteurs locaux. L’heure à présent est à l’action !

De la fourche à la fourchette, il ne doit y avoir qu’un pas !