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Rencontre avec Monsieur le député Edouard MARTIN au Parlement européen

Après être passés pour la Sécurité avec scan des sacs, nous sommes entrés dans la cour du Parlement européen « Louise WEISS ».

Madame Bénédicte VOGEL, attachée parlementaire de M. MARTIN, nous a accueillis. Puis, prêts à se diriger vers l’hémicycle, nous avons appris qu’un exercice incendie venait d’y être déclenché ! Après une longue attente nous avons pu assister à la séance plénière (avec traduction française dans nos casques) où il était question de l’attribution de la citoyenneté européenne par l’État maltais. En effet, Malte vend des permis de séjour ou des passeports contre de fortes sommes d’argent à des hommes d’affaires peu scrupuleux leur offrant ainsi une entrée dans les pays de l’Union Européenne. « La citoyenneté n’est pas une marchandise » comme l’a rappelé avec force un député. Les représentants de la Commission européenne et du Conseil de l’Europe ont répondu respectivement qu’un rapport était en cours sur ce sujet et que ce sont les agences dépendant des pays qui offrent la nationalité européenne.

Enfin en attendant d’être reçu par M. le député E. MARTIN, nous avons été invités à voir un documentaire sur le fonctionnement des Institutions européennes.

 

Rencontre avec Monsieur le député Edouard MARTIN

Présentation :

Édouard MARTIN a été élu député européen en 2014 pour représenter la Circonscription Grand Est. Cette dernière regroupe les anciennes régions telles que la Champagne-Ardenne, la Lorraine, l’Alsace, la Bourgogne et la Franche-Comté soit 18 départements.

E.MARTIN participe à trois commissions :

– de l’Industrie, de la Recherche et de l’Énergie (ITRE) ;

– de l’Emploi et des Affaires sociales (EMPL) ;

– des droits de la femme et de l’égalité des genres (FEMM).

Dans le cadre des relations diplomatiques, il participe aussi aux délégations qui travaillent avec la Chine et la Palestine.

Le travail des députés européens s’effectue pendant trois semaines à la Commission européenne à Bruxelles où ils préparent les lois et une semaine au Parlement européen à Strasbourg où elles sont discutées et votées.

 

 Questions posées par les élèves à Monsieur le député Édouard MARTIN :

 

Question n° 1 : Les inégalités homme / femme ?

E.MARTIN : D’une part, pour les femmes, il est difficile de concilier la vie personnelle et le travail. Pour cela, nous sommes quelques députés à proposer que les hommes et les femmes aient les mêmes droits au congé parental. Celui-ci serait de quatre mois pour la mère comme pour le père à prendre par semaine, quinzaine jusqu’aux 12 ans de l’enfant et rémunéré à 80 % du salaire (en France ce congé est rémunéré 396,00 € par mois). Ce droit permettrait de favoriser le retour de la femme au travail.

D’autre part, ils proposent aussi un texte pour donner la possibilité pour les personnes « aidantes » auprès d’un proche malade de pouvoir prendre 5 jours par an.

Cette loi sera votée en septembre ou octobre de cette année puis négocier avec le Conseil de l’Europe avant d’être applicable. Ce n’est pas gagné !

Enfin, il s’agit de créer une Charte des communes d’Europe afin que celles-ci lutte contre les publicités sexistes dans leurs communes. Car ces publicités façonnent nos pensées. Il est nécessaire de changer les mentalités.

 

Question n° 2 : Comment êtes-vous devenu député européen ?

E.M.: Par accident ! je n’ai qu’un CAP Électronique. Je suis un ancien sidérurgiste syndiqué. Je travaillais à FLORANGE (Moselle) dans l’entreprise ARCELOR MITTAL où une lutte pour sauver le site a duré deux ans. Je me suis fait connaître car j’ai été interviewé par les journalistes de la télévision durant cette lutte. Puis les candidats à l’élection présidentielle sont venus pour passer dans les médias ! C’est à la demande de mes collègues et pour la diversité que j’ai accepté d’être candidat aux Élections européennes.

Être député est frustrant car cela ne va pas assez vite mais c’est passionnant !

N’importe quel citoyen peut être élu. C’est la démocratie, il n’y a pas de concours mais cela coûte beaucoup d’argent quand même pour les affiches et surtout les meetings à organiser partout dans la région.

ÊTRE ACTEUR PAS UN SPECTATEUR ! en participant dans une association, un syndicat…

 

Question n° 3 : Et la Palestine ?

E.M.: Je participe à une délégation qui plaide pour reconnaître la Palestine, seules la Suède et la Roumanie l’ont fait. Cela fait 70 ans qu’on attend ! Je ne suis pas antisémite mais « anti-Netanyahu » et sa politique. Nous devons défendre nos valeurs ! Pour cela il est nécessaire de toucher Israël par l’économie en gelant les accords. Il reste encore beaucoup de travail pour aider la Palestine. L’Europe finance beaucoup Gaza et la Cisjordanie en construisant des centrales solaires à Gaza par exemple. Mais ce n’est que de l’humanitaire.

 

Question n° 4 : Ferez-vous un deuxième mandat ?

E.M.: Non, je me tiens à ce que j’ai dit lors de la campagne pour les Européennes « un seul mandat de cinq ans ! » car j’estime que la politique ne doit pas être un métier.

En enchaînant les mandats, on peut vite être « hors » de la vie réelle.

 

Question n° 5 : Et après ce mandat ?

E.M. : J’aimerais travailler autour de l’industrie « décarbonnée », du climat, de l’environnement ; c’est un combat primordial !

Les Chinois investissent massivement dans les voitures électriques par exemple alors que nous on traîne !

 

Question n° 6 : Formation pour être député européen ?

E.M.: Je n’ai qu’un CAP Électronique aussi pour m’aider j’ai une équipe d’attachés parlementaires : (Jeanne PONTE, Bénédicte VOGEL, Maxime HERRMANN et Philippe MORVANNOU) dont des jeunes. Je tiens à associer des jeunes !

Sinon, c’est par l’assiduité au travail et à la valeur des textes qu’on gagne en crédibilité. Je bosse ! ainsi je suis connu, on me surnomme « Ironman ».

 

Questions 7 et 15 : Pourquoi les produits chinois sont-ils moins chers ? Et le dumping ?

(Rappel : Le Statut d’Économie de Marché (SEM) est un critère intégré dans les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et qui relève des procédures antidumping.)

E.M. : Le Statut d’économie de marché est applicable à une économie libre et non faussée. Or l’État chinois subventionne l’industrie et dirige l’économie du pays (de plus, les salariés sont sous-payés) ; ce qui est interdit par l’OMC pour accéder à ce statut. Pourtant la Chine en fait la demande régulièrement.

Je me suis battu avec d’autres députés pour que ce statut ne soit pas voté (certains étaient prêts à le faire).

Les règles doivent être les mêmes pour tous !

Le dumping ? S’il faut 10 € pour produire une bouteille d’eau et qu’un concurrent la vend 7 € alors on va demander à l’État une aide (une subvention) pour pouvoir la vendre 4 €. C’est de la triche !

 

Question n° 8 : Quel est le salaire d’un député européen ?

E.M. : Il est de 6 700 € net par mois donc je vis bien et je paie des impôts. C’est important de payer des impôts car ils financent notre modèle social (écoles…, universités, hôpitaux…). De plus, ils sont progressifs en Europe.

 

Question n° 9 : Qu’ont pensé vos proches ?

E.M. : Ma mère a eu peur car elle éprouve de la défiance face aux hommes politiques : « Surtout ne pas avoir de scandale » ! Sinon, les rapports avec ma famille n’ont pas changé ainsi que mon mode de vie « Pas costard cravate ! ». Je vois ma famille deux à trois fois par mois.

  

Question n° 10 : Y-a-t-il des profiteurs ?

E.M. : Il existe le lobbying qui sert à faire pression sur les députés pour amender (modifier) une proposition de loi qui ne conviendrait pas aux intérêts de grands entreprises par exemple.

Je me suis rendu compte que les amendements sont préparés par les lobbyistes eux-mêmes. Je refuse tout amendement préparé ainsi que les invitations aux restaurants ou autre.

Je reçois tout le monde dans mon bureau puis je me fais ma propre idée, conviction.

 

Question n° 11 : Êtes-vous reconnu dans la rue ?

E.M. : De moins en moins… Parfois négativement, parfois positivement.

 

Question n° 12 : Iriez-vous dans une autre région après ce mandat ?

E.M. : Je suis prêt à partir ! Et puis voyager, pourquoi pas ? Mais aussi voir mes enfants. (Il a un troisième enfant de 20 mois qu’il a peu vu).

 

Question n° 13 : Votre ancien patron peut-il vous reprendre dans l’entreprise ?

E.M. : Non, j’ai dû démissionner car je travaillais dans le privé, seuls les fonctionnaires peuvent être mis en disponibilité le temps de leur mandat et retrouver un poste ensuite.

Question n° 14 : Quand vous étiez jeune viviez-vous dans une cité ?

E.M. : Je suis né dans le sud de l’Espagne qui est une région pauvre. Mon père qui ne savait ni lire ni écrire est venu en France, en Lorraine, pour travailler. Il revenait en Espagne une fois par an… un enfant naissait quelques mois plus tard ! Il en a eu quatre. Je suis arrivé en Lorraine en 1971 et en mars j’ai découvert la NEIGE ! La famille réunie vit dans une cité HLM ouvrière où cohabitent les différentes cultures des migrants venus travailler en Lorraine. Grâce à cela  nous avons vécu des moments heureux de convivialité notamment à la période du Ramadan.

Les murs de l’immeuble étaient en tôle d’acier, l’été il y faisait très chaud et l’hiver très froid.

 

Question n° 16 : Êtes-vous parrain de plusieurs lycées ?

E.M. : Oui, notamment à Beaune en Bourgogne.

 

Pour conclure, ALLEZ VOTER ! Même si l’Union Européenne n’est pas parfaite, nous y vivons depuis 70 ans en paix. Paix qui n’est pas éternelle car elle est fragile. C’est aussi un espace rare où existent la liberté de la presse, des minorités, de circuler, l’indépendance de la justice… etc.

Le Parlement compte 142 députés europhobes, il faut faire en sorte qu’ils ne deviennent pas majoritaires.

 

Tous nos remerciements à M. Édouard MARTIN, et son équipe, pour avoir répondu à toutes les questions, nous avoir accordé beaucoup de temps et nous avoir accueillis très chaleureusement.

 

 

Martine GORDET,

AESH au Lycée Joliot Curie de Reims

 

 

 

 

Liens :

http://www.europarl.europa.eu/luxembourg/resource/static/images/Logos/20140320_ep-00ep-007049a_mch_004.jpg

 

https://encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRns6p-xFpTAyusGTplRKHGrVm59jYaTEuBO9qSq2LaJdKriGqnaA

 

http://www.europarl.europa.eu/strasbourg/resource/static/images/hemicycle.jpg

 

http://slideplayer.fr/slide/8168994/25/images/6/Les+autres+symboles+de+l+UE.jpg

 

https://www.glossaire-international.com/pages/tous-les-termes/statut-d-economie-de-marche-sem.html#51FwfDuLtobBJWXg.99

 

http://histoirencours.fr/blog/wp-content/uploads/2013/04/parlement-euro.jpg

 

https://www.touteleurope.eu/fileadmin/_processed_/2/8/Parlement-europeen-782-141217-b34971edd2.jpg

 

 

La femme est un pompier comme un autre

En Moselle comme partout en France, les femmes sapeurs-pompiers sont encore sous représentées en terme d’effectif. Parmi les 5050 pompiers mosellans, on ne compte que 720 femmes soit 14%. Seuls 16% des sapeurs-pompiers volontaires sont de femmes et chez les professionnels, elles ne représentent que 3%. Chez les jeunes sapeurs-pompiers, le ratio est un peu plus élevé, 30% des JSP sont des filles.

On constate donc que l’effectif féminin est encore loin d’atteindre celui des hommes d’autant que les femmes ont un rôle important à jouer, car elles arrivent généralement à être plus proches des victimes, notamment lors de la prise en charge d’un enfant, ou d’une femme enceinte.

Les femmes sont encore globalement réticentes à l’idée de devenir pompier. Cela peut s’explique principalement par la persistance des stéréotypes et par l’image qu’elles se font des sapeurs-pompiers. Elles ont peur que le travail demandé soit trop physique pour elles et considèrent donc le métier comme un travail réservé aux hommes. De plus, certains personnels masculins ont encore des attitudes machistes et ne font qu’accentuer l’idée d’un métier genré. De plus, les femmes pensent souvent ne pas avoir les conditions physiques pour devenir sapeur-pompier. Tout cela traduit une crainte de de se faire juger et analyser lors de leur arrivée dans une caserne dont l’effectif aujourd’hui est majoritairement composé d’hommes. Enfin, les femmes sont aussi très peu nombreuses du fait des contraintes et de leur responsabilité familiale, elles ont encore aujourd’hui du mal à envisager pouvoir concilier les deux et l’empiètement des gardes et interventions sur leur vie privée est un point non négligeable quant à la poursuite de leur carrière.

Afin de répondre à cette problématique de féminisation, le SDIS de la Moselle a fait évoluer ses matériels ainsi que ses casernements. Il souhaite également améliorer l’accueil des personnels féminins autant professionnels, volontaires que jeunes sapeurs-pompiers en les accompagnant durant toute leur carrière. Le SDIS souhaite également que d’avantage de femmes occupent des postes à responsabilité.

Un questionnaire a été adressé aux femmes du SDIS de la Moselle. Il a permis de mettre en lumière l’origine de cette disparité homme, femme. Les femmes engagées ont pu exprimer leurs attentes mais aussi montrer l’image qu’elles souhaitent transmettre. Suite à cela, en octobre 2017 a été créé le premier blog participatif à l’attention des femmes sapeurs-pompiers au sujet de leurs places dans une caserne.  Les articles présents sur le blog ont pour but de raconter des témoignages de femmes et d’hommes sapeur-pompier et montrer l’évolution de l’intégration des femmes chez les sapeurs-pompiers. Ce blog permet de briser les clichés. Les femmes peuvent se rassurer et partager leurs expériences. Ce blog permet également d’aider et de conforter les personnes qui souhaitent devenir pompier.

Le blog est accessible à l’adresse suivante  http://femmesapeurpompier.wordpress.com/

Ce projet est cofinancé par le Fonds Social Européen via le Programme Opérationnel National « Emploi et Inclusion » 2014-2020.

   

 

Retour sur le ciné-débat du film « Sami Blood » à l’invitation du Centre d’information Europe Direct

Le Centre d’information Europe Direct – Citoyens & Territoires Grand Est en partenariat Le Lycée De La Salle à Metz et le Bureau d’information en France du Parlement européen ont organisé une projection-débat du film « Sami Blood », le 6 avril dernier. L’objectif de ce ciné-débat était de permettre aux lycéens et au grand public d’interpeller des responsables locaux et européens sur des sujets qui font l’actualité. Le film « Sami Blood » a été primé au Prix LUX, prix décerné par le Parlement européen récompense les films qui couvrent un ensemble de sujets à dimension européenne et promeuvent les valeurs européennes.

Synopsis : Sámi Blood se déroule dans les années 30 et raconte l’histoire de Marja, une Sami de 14 ans qui s’occupe de rennes et subit régulièrement des examens biologiques de nature raciste dans son pensionnat. Elle se met alors à rêver d’une nouvelle vie, mais elle va devoir devenir une autre personne.

C’est avec dynamisme, un franc-parler et une aisance qui lui est propre que M. Edouard Martin a répondu aux questions des 260 élèves du Lycée De La Salle à Metz présents lors du débat. Il est revenu sur son rôle de député européen, présenté les actions engagées au niveau européen sur les questions de migration, de protection des minorités et de la lutte contre le terrorisme. Dans un langage clair et accessible, il a su interpeller les jeunes dans leurs interrogations sur ces sujets.

Convainquant et convaincu du projet européen, il a rappelé l’importance qu’avait les élections européennes, pour construire ensemble l’Europe de demain. « Exprimez-vous sur l’Europe que vous souhaitez – allez voter ! » a-t-il insisté. « Posons-nous la question : que voulons-nous faire ensemble ? Parlons de l’Europe des citoyens, de l’Europe sociale pour lutter contre le nationalisme exacerbé » s’est-il exclamé haut et fort.

Au nom de du Lycée De La Salle et du Centre d’information Europe Direct Citoyens & Territoires Grand Est, nous le remercions sincèrement pour sa participation à ce ciné-débat.

Les extraits du ciné-débat sont disponibles sur le site du Centre d’information Europe Direct Citoyens & Territoires Grand Est : http://citoyensterritoires.fr/actus/retour-sur-le-cin%C3%A9-d%C3%A9bat-du-film-sami

 

L’accès à des droits sexuels et reproductifs pour les femmes, un droit souvent bien fragile, y compris en Europe!

À l’occasion de la Journée mondiale pour le droit à l’avortement le 28 septembre (précisons d’emblée qu’il s’agit d’une initiative plutôt nationale et française de l’ancienne ministre à la Santé Marisol Touraine mais suivie par d’autres États membres), des rassemblements ont été organisés à Paris et dans 25 villes françaises, mais aussi dans d’autres capitales dont Bruxelles à laquelle j’ai participé sous le slogan «les femmes décident».

Le droit à l’avortement est accessible à seulement 39.5% des femmes au monde et 25.5 millions d’IVG pratiqués dans le monde sont non sécurisées et conduirait à plus de 47 000 décès de femmes par an.

Ces chiffres sont évidemment inacceptables. Et ce sentiment de malaise que nous ressentons est renforcé par le fait qu’en Europe, on ne compte plus le nombre de pays qui réduisent comme peau de chagrin le droit d’accès à l’avortement: en Pologne, en Irlande, à Malte, il est juridiquement interdit ou limité et lorsqu’il est autorisé par la loi, l’accès à ce droit est en pratique de plus en plus impossible, c’est le cas de l’Italie avec la multiplication des objecteurs de conscience.

Par ailleurs, depuis l’ignoble décision du Président Trump de cesser de financer des organisations qui feraient selon lui « l’apologie de l’avortement », ce droit qui doit être universel est de plus en plus menacé.

Puisque le Président de la République française a fait de la défense des droits des femmes « une cause nationale » , nous attendons, au-delà des paroles symboliques un soutien financier aux organisations françaises, européennes et internationales, qui par leurs actions, continuent de protéger les femmes, toutes les femmes.

Pour signer l’appel, c’est ici:

http://mailchi.mp/pm/la-lettre-du-haut-conseil-legalit-entre-les-femmes-et-les-hommes-780193?e=e7c68b2701

A priori, en Europe, les femmes valent toujours moins que les hommes…

L’émancipation économique des femmes est un droit fondamental, tout travail égal mérite salaire égal.

À ceux qui n’auraient pas à cœur cette exigence démocratique, nous pouvons donner un nouvel argument, plus macroéconomique : l’autonomisation économique des femmes amplifie et dynamise la croissance économique européenne.

 

L’enlèvement d’Europe, Mosaïque du IIème siècle après JC, Musée de l’Arles antique, France.

 

Or, davantage sujettes au travail précaire, au retard de promotions, aux discriminations sexuelles et faute de politiques incitatives étatiques ou mesures entrepreneuriales de juste conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle (manque crucial en Europe de places en crèches), les femmes sont forcées de délaisser le marché de l’emploi.

Leur taux de participation sur le marché du travail est inférieur à 12% à celui des hommes, ce qui évidemment met en danger leur indépendance économique.

Lors du vote du rapport de ma collègue socialistes et démocrate suédoise Anna Hendt, nous avons obtenu de belles victoires.
La transparence dans les fiches de salaires sera exigée afin de lutter contre les discriminations sexuelles au travail.
Souvent, les femmes qui s’estimaient victimes d’une différence salariale avaient beaucoup de difficultés à prouver cette différence de traitements sans droit à l’information. C’était sa parole contre la parole de l’entreprise, détentrice des informations.

Des mesures concrètes de conciliation de la vie personnelle et professionnelle devront être prises, nous demandons un vrai congé paternité en Europe (10 États membres n’en ont toujours pas), un congé parental pris autant par les hommes que par les femmes et un congé maternité protecteur de la même manière partout en Europe.

 

Nous ne devons pêcher par ignorance ou négligence. Les hommes européens qui sont tout à fait en faveur de l’égalité entre hommes et femmes ne doivent pas se désintéresser du sort général des femmes. J’en appelle à mes collègues masculins et leur demande de cesser de considérer que la différence de traitement entre hommes et femmes est un problème de femmes.

J’aimerais nous y voir nous travailleurs, si nous étions par exemple moins payés en moyenne que les femmes; les organisations syndicales seraient vent debout et nous serions tous dans la rue… soutenus par les femmes !