Archives de catégorie : En Bref !

« L’Europe ne peut être une Europe offerte ! »*

*Jean-Claude JUNCKER, Président de la Commission Européenne

 

C’est la déclaration du Président de la Commission Européenne avant le discours du Président de la République Française Emmanuel Macron devant les eurodéputés à Strasbourg le 17 avril 2018.

Etonnement, l’un n’a pas répondu à l’autre qui, lui, ne se donne pas vraiment les moyens, contrairement à ses déclarations, de ne pas offrir l’Europe à ses concurrents. Alors, si étonnant que ça ? Il faut croire qu’entre les déclarations d’intention et les actes il y a un fossé. La preuve avec le secteur de la sidérurgie qui est en phase d’un rebattement majeur des cartes avec le rachat d’Ilva (Italie) par ArcelorMittal. Constatant une position dominante, contraire aux règles européennes, de ce dernier dans le secteur des aciers galvanisés pour l’automobile, la Commission Concurrence l’oblige à se séparer d’un certain nombre d’actifs. Et les annonces du sidérurgiste sont pour le moins étranges, elles aussi, puisqu’il propose de céder 6 sites essentiellement basés à l’Est et au Nord de l’Europe alors qu’il domine plutôt le Sud. Mais passons. Ces cessions vont certainement faire entrer de nouveaux opérateurs sur le marché européen et au vu de la cartographie des potentiels repreneurs ils seront ou seraient des industriels non européens (russes ? chinois ? autres ?). Et c’est là où les non réponses de Juncker et Macron sont étonnantes et surtout inquiétantes.

En effet, avec cette décision l’Europe des Etats (ce sont eux qui ne veulent pas changer les règles de la concurrence) offre une industrie importante sur un plateau en argent à une concurrence qui, elle, n’a pas les mêmes contraintes ni accepte les règles d’une économie de marché. Cette Europe interdit la naissance de champions européens pourtant nécessaire pour lutter à « armes égales » contre les géants mondiaux. Sous couvert d’empêcher les monopoles néfastes pour les clients, c’est vrai mais pas pour tous, la Commission éclate un secteur déjà fragilisé par une concurrence mondiale très agressive. Surtout après les déclarations de guerre économique de Trump. Alors messieurs les présidents ?

« Je veux construire une souveraineté européenne qui protège les citoyens », a déclaré le Président de la République après l’intervention de Jean Claude Juncker ? Mais qui les protège de qui ? De quoi ? Certainement pas de la doxa libérale défendue par l’un et par l’autre. Sinon l’un et l’autre se battraient pour ne pas offrir l’Europe et pour que cette souveraineté protège aussi les travailleurs de l’industrie de l’acier. Sinon tous les deux auraient poussé fort pour le changement des règles européennes de la concurrence. Ils en ont les moyens et la légitimité.

SESSION PARLEMENTAIRE (MARS 2018) : VISITES AU PARLEMENT EUROPÉEN

Du  12 au 15 Mars 2018, j’ai eu le plaisir de recevoir plusieurs groupes au Parlement européen à Strasbourg :

Le mardi 13 Mars, j’ai accueilli deux groupes au Parlement européen:  un groupe du Lycée René Cassin de Strasbourg et un groupe du Lycée Henry Lortiz de Nancy.

©European Union 2018 – Groupe du Lycée Henry Loritz de Nancy, le 13 mars 2018 au Parlement Européen (Strasbourg)

Le 14 mars, j’ai eu le plaisir d’accueillir des étudiants de l’IUT Charlemagne de Nancy pour une rencontre et une découverte du Parlement européen.

©Groupe de l’IUT Charlemagne de Nancy – 14 mars 2018, Parlement Européen (Strasbourg)
© Echange nourri avec les étudiants de l’IUT Charlemagne de Nancy – 14.03.2018

Le 15 Mars,  j’ai eu la plaisir de parrainer un groupe d’élèves du Collège Maurice Clavel d’Avallon (82) pour une visite du Parlement européen en marge de laquelle nous avons pu échanger pendant près d’une heure sur le fonctionnement des institutions européennes, le rôle d’un député européen et précisément évoquer mes combats au sein du Parlement européen.

©European Union 2018 – Groupe du Collège Maurice Clavel, le 15 mars 2018 au Parlement Européen (Strasbourg)
© Echange avec les collégiens d’Avalon et leurs professeurs – 15.03.2018, Parlement Européen (Strasbourg)

Echange avec mon collègue Eric Andrieu, Eurodéputé français à la tête une commission spéciale chargée d’examiner la procédure d’autorisation des pesticides dans l’UE

 

Alors que la France est le premier producteur agricole européen, mais aussi le plus gros consommateur de pesticides en Europe, les membres de la délégation socialiste française au Parlement européen se félicitent de l’élection d’Éric Andrieu à la présidence de la 22ème commission parlementaire du Parlement européen, et non des moindre : la commission d’investigation sur le système d’autorisation des pesticides en Europe. C’est la reconnaissance de la bataille menée depuis plus d’un an par Eric Andrieu pour une alimentation plus saine, respectueuse de l’environnement et des conditions de travail des agriculteurs. Avec la commission spéciale, nous comptons évaluer la procédure d’autorisation des pesticides, son indépendance par rapport à l’industrie et la transparence du processus décisionnel. Nous souhaitons également enquêter pour savoir si la Commission a agi conformément aux dispositions du règlement (CE) no 1107/2009 lorsqu’elle a pris des décisions concernant les conditions d’agrément du glyphosate et de son renouvellement. Pour nous, il est clair que l’affaire glyphosate a agi comme un révélateur des défaillances structurelles de la Commission européenne. Au Parlement européen, nous allons donc mener sans relâche le combat pour établir les responsabilités de chacun, jeter les bases de nouvelles pratiques garantissant transparence et indépendance du processus décisionnel de l’Union, et enfin sortir des substances dangereuses pour notre santé. Il en va de l’avenir de nos enfants et de notre planète !

La première réunion audition de cette commission se tiendra le 12 avril prochain.