Archives de catégorie : Dans les médias

Toul : l’eurodéputé Edouard Martin reçu au lycée des métiers

Coiffé de sa casquette d’eurodéputé de la circonscription Grand Est, Edouard Martin a été reçu ce vendredi dans les locaux du lycée des métiers à Toul (ex-LPR). La raison ? L’établissement a été le premier de l’Académie à décrocher le label « école ambassadrice du Parlement européen » pour des actions menées en 2017. Celles-ci continueront cette année avec trente nouveaux ambassadeurs qui prendront la direction du Parlement à Strasbourg pour se familiariser avec cette instance et, plus largement, la politique européenne.
©Photo Journal L’Est Républicain

Article paru dans l’Est Républicain le 16 novembre 2018 : https://www.estrepublicain.fr/edition-de-toul/2018/11/16/toul-l-eurodepute-edouard-martin-recu-au-lycee-des-metiers

Débat: le grand compromis de l’Europe

À sept mois des élections européennes, le socialiste Édouard Martin et le républicain Arnaud Danjean ont récemment participé à un débat à Troyes. Une illustration du compromis à l’européenne.

(Cliquez sur la photo pour lire l’Article – à gauche, Edouard Martin)

Article de Franck De Brito paru dans l’Est Eclair du 24 Octobre 2018

http://www.lest-eclair.fr/86791/article/2018-10-24/le-grand-oral-de-l-europe

Ascoval : l’ex-syndicaliste de Florange Édouard Martin appelle l’État à « nationaliser provisoirement » l’aciérie

Invité de franceinfo jeudi, Édouard Martin, désormais député européen, a regretté l’absence de politique industrielle en France. Un défaut qui risque selon lui de mener à la fermeture d’Ascoval, comme Florange il y a quelques années.

Le député européen socialiste Édouard Martin a appelé jeudi 25 octobre sur franceinfo l’État à « nationaliser provisoirement l’aciérie d’Ascoval afin d’éviter la fermeture ». L’ex-délégué syndical CFDT de Florange « craint » toutefois « qu’il y ait peu de courage politique pour le faire ». Édouard Martin regrette l’absence de politique industrielle en France qui mène à la « fermeture de fleurons comme Ascoval ». La justice a accordé mercredi un sursis de deux semaines, le temps de valider un accord entre le potentiel repreneur et le propriétaire Vallourec, alors que 281 emplois sont menacés.

franceinfo : Le combat des salariés d’ArcelorMittal à Florange a marqué le quinquennat de François Hollande. Pensez-vous qu’Ascoval peut devenir le Florange d’Emmanuel Macron ?

Édouard Martin : Je crains que ce soit le même cas : on a exactement les mêmes réponses face aux mêmes problèmes, c’est-à-dire que le gouvernement n’a aucune solution viable à proposer pour sauver cette industrie, alors qu’en réalité l’État pourrait nationaliser provisoirement cette aciérie, afin d’éviter la fermeture. Mais je crains qu’on soit dans le discours et qu’il y ait peu de courage politique pour le faire.

Vous voyez vraiment Emmanuel Macron et Bruno Le Maire nationaliser une aciérie ?

Sinon, c’est quoi la solution ? C’est de faire les déclarations qu’ils font à tour de rôle ? Tout le monde s’émeut, tout le monde dit que c’est inadmissible et scandaleux ? Mais en réalité, Vallourec n’en a que faire de ça ! Vallourec, dans sa stratégie estime qu’il n’a plus besoin de cette aciérie et va fermer. On fait quoi alors ? On constate une nouvelle fois un désert industriel ? Il n’y a pas de politique industrielle en France, donc à un moment donné, il faut se doter d’outils qui évitent la désindustrialisation et la fermeture de fleurons comme Ascoval. Sinon, le reste, c’est du vent, c’est de la poudre de perlimpinpin, ce sont des slogans. En réalité, aujourd’hui, il y a près de 300 salariés qui sont sur le carreau.

L’État est actionnaire minoritaire de Vallourec, le propriétaire actuel d’Ascoval. Il n’a aucun moyen de lui tordre le bras, de le forcer à mettre de l’argent pour le repreneur, le franco-belge Altifort ?

Il n’a aucun moyen si, effectivement, l’État s’arrête uniquement aux déclarations. Moi, j’aimerais qu’on fasse un état des lieux et qu’on fasse la somme de toutes les aides publiques, directes ou indirectes, comme le CICE, qu’a perçues Vallourec. C’est bien de l’argent public, c’est l’impôt des citoyens français. Et je pense que les citoyens français sont en droit de demander des comptes à cette entreprise et de faire en sorte qu’elle fasse des efforts supplémentaires pour sauver une industrie. Je rappelle que l’Europe et notamment la France importent de l’acier. On va donc fermer une aciérie qui produit un bien de consommation dont nous avons besoin pour aller le produire ailleurs et l’importer ? C’est inadmissible.

 

Édité par Thomas Pontillon /franceinfo – Radio France

Mis à jour le  – publié le 

Article à consulter en ligne via https://mobile.francetvinfo.fr/economie/emploi/plans-sociaux/ascoval-l-ex-syndicaliste-de-florange-edouard-martin-appelle-l-etat-a-nationaliser-provisoirement-l-acierie_3002939.html?fbclid=IwAR1-e-npDqFhM42zZCqQnLD-YrVLljsUwufRxo9xo1HrrnSciKryCpzSvBs#xtor=CS2-765-%5Bfacebook%5D-&xtref=acc_dir

Refusons l’accord commercial avec le Japon Jefta

La Commission européenne reste addict au libre-échange et à ses promesses dépassées de nouveaux points de croissance. Avec le Jefta, nouveau venu dans l’univers de ces accords de libre-échange après le TTIP et le Ceta, elle frappe un grand coup.

 Au beau milieu de l’été, alors que commençait l’interruption du travail parlementaire, et après des discussions tenues dans la plus grande discrétion, Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, Donald Tusk, président du Conseil européen, et Shinzo Abe, premier ministre japonais, ont signé le 17 juillet cet accord commercial entre l’Union européenne et le Japon. Un traité de libre-échange d’une ampleur inédite. Sans véritable consultation démocratique préalable et sans que les Parlements nationaux n’aient leur mot à dire, l’accord doit maintenant être ratifié par le Parlement européen dans les mois qui viennent. Climaticide, écocide et dérégulateur : la bataille contre le Jefta ne fait que commencer.

Jamais un accord de libre-échange n’avait soulevé des enjeux aussi importants. Pour le plus grand bonheur de quelques happy few, il organise le nivellement par le bas des normes sanitaires, sociales, environnementales et fiscales qui protègent aujourd’hui les européens et prévoit une réduction de plus de 90 % des droits de douanes entre l’Union européenne et le Japon. Le mot d’ordre est clair : libéraliser un peu plus tous les services existants et à venir, à l’exception d’une poignée d’entre eux, répertoriés dans une liste fermée. La mise en place de tribunaux d’arbitrage, qui avait déjà été l’objet d’une levée de boucliers lors du Ceta, risque quant à elle de revenir dans le débat puisqu’un accord d’investissement est en train de se négocier en parallèle…

Véritable fuite en avant de la Commission, c’est une bombe à retardement pour notre environnement, notre planète et les travailleurs européens. Face à l’impérieuse nécessité de respecter l’Accord de Paris pour contenir le réchauffement climatique, il est incompréhensible que ce dernier ne compte pas parmi les clauses essentielles du Jefta et que les chapitres relatifs au développement durable ne soient pas assortis de mécanismes de sanction. Le Japon fait en effet partie des dix pays qui émettent le plus de gaz à effet de serre au niveau mondial et il ne respecte pas ses engagements, pourtant faibles, pris en matière de réduction de ses émissions. S’ajoute à cela le développement des exportations de produits agricoles et alimentaires entre les deux puissances qui va à rebours des bonnes pratiques que nous appelons de nos vœux : relocaliser la production, développer les circuits courts et transformer la production pour développer un modèle agro-écologique de qualité pour les agriculteurs et les consommateurs.

Des enjeux pourtant primordiaux de protection des espèces ont également été soigneusement exclus de cet accord. En matière de pêche, seules 7 espèces sont sous quotas au Japon, contre 35 en Europe, et il est avéré que le thon rouge, espèce qui joue sa survie au niveau mondial, est soumis à une situation de surpêche sous la pression de la flotte et du marché japonais. Le même sort est réservé à la chasse à la baleine, légale au Japon, sous couvert de recherche scientifique : l’Union va-t-elle cautionner une telle pratique, largement condamnée par la communauté internationale ? C’est un recul inquiétant pour la promotion de la pêche durable.

Rien, ni la montée des populismes, ni la percée de l’extrême droite, ni la crise de légitimité qui frappe l’Union européenne ne semble entraver la boulimie de la Commission européenne en matière de libre-échange : elle accélère coûte que coûte la conclusion de ces accords au détriment des Européens et de notre planète. Ne nous y trompons pas : ces accords donnent toute satisfaction aux multinationales en révisant à la baisse et l’air de rien les standards sociaux et environnementaux ; de là à y voir un lien de cause à effet… Nous, députés européens, appelons les citoyens à se mobiliser et le Parlement européen à faire bloc pour refuser cet accord et faire de la transition écologique, juste et démocratique une priorité pour l’Union européenne.

Isabelle Thomas, Guillaume Balas et Édouard Martin (Génération-s), Maria Arena (Parti socialiste belge)