Archives de catégorie : Editos / Communiqués

Avenir financier de l’Union : l’heure de vérité

Avec d’un côté des missions qui n’ont jamais été aussi nombreuses et coûteuses, et de l’autre un budget contraint à 1% de sa richesse totale, c’est une Union européenne paradoxale qui s’apprête à construire son « Cadre financier pluriannuel » pour l’après 2020.

Dans ce débat crucial pour l’avenir de l’Union, le Parlement a adopté aujourd’hui deux rapports conjoints fixant son mandat de négociation avec le Conseil.

Le rapport Thomas/Olbrycht (458 voix contre 177), défend la cohérence du projet européen pour le prochain CFP. Il soutient l’investissement et la recherche, la prise en charge des réfugiés, la solidarité régionale, la lutte contre le chômage des jeunes ou l’accompagnement de la transition climatique, il appelle au maintien des piliers que sont la cohésion et la PAC, couplé à des objectifs ambitieux pour le développement durable, et au renforcement des programmes phares comme Erasmus+ et la recherche.

L’addition est arithmétique, le budget européen doit être porté à 1,3% du PIB. Ce rapport affirme le refus des parlementaires de voir sacrifier des programmes prioritaires au gré des urgences. Il indique clairement qu’il ne peut y avoir de nouvelle priorité sans nouveaux moyens correspondants. L’Europe de la sécurité ne peut se faire au détriment de celle des solidarités.

Le rapport Deprez/Lewandowski (442 voix contre 166) s’attaque aux causes fondamentales de la pénurie budgétaire européenne : les contributions nationales constituent 70% du financement de l’Union. Pour en finir avec ce cercle vicieux aggravé par la perspective d’une perte de 12 à 14 milliards d’euros consécutive au Brexit, il exhorte de revenir à l’esprit originel de l’Union en rééquilibrant son financement par de nouvelles ressources propres. Le rapport propose entre autres des recettes basées sur la fiscalité harmonisée des multinationales, la taxe sur les transactions financières, ou l’ajustement carbone aux frontières européennes.

Sur le CFP, le Parlement européen a le dernier mot, consentement ou veto. Par le vote de ces deux rapports indissociables, il envoie un signal retentissant au Conseil. Il n’y aura pas de consentement sans garantie de nouvelles ressources propres pour l’Union. Les manœuvres de dernière minute des libéraux de Verhofstadt n’y ont rien changé. Au moins ont-ils révélé leur vraie nature, celle de faux Européens, virtuoses des grands discours mais qui se défilent au moment de passer à la caisse.

Le 2 mai, la Commission présentera sa proposition. Le Parlement demande au Conseil d’ouvrir les négociations dès à présent. Les urnes italiennes témoignent que la défiance envers l’Europe atteint des sommets. Un budget européen plus faible encore pour l’après 2020 viendrait grever les moyens d’actions de l’Union et décevoir une fois de plus les Européens. Avec fermeté et détermination, le Parlement jouera son rôle de représentant des peuples dans les discussions.

 

Isabelle Thomas

Députée européenne, vice-présidente des Socialistes et Démocrates

Co-rapporteure sur le prochain Cadre financier pluriannuel

 

Contact presse : Matthieu Groseil, 0788679154

 

Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour.

L’année 2018 est une année charnière pour l’avenir européen. Les débats font rage, listes transnationales ou pas (le PE s’est prononcé contre), la dynamique nécessaire pour relancer l’Europe et surtout le futur budget pour les 7 années à venir.

Certains, Macron en tête, veulent tronquer le débat public arguant que les futures élections européennes seront la clarification nécessaire entre pro-européens et anti-européens. À les entendre ils seraient les seuls à avoir une vision pour l’Europe. Et en même temps certains parlementaires européens se débattent contre l’hypocrisie chronique des États et contre ceux-là même qui disent être la solution européenne. Avoir une vision c’est bien, se donner les moyens de son application c’est mieux. Pour relever les enjeux majeurs auxquels est confrontée l’Europe il faudra répondre aux nombreux besoins des citoyens et des territoires. Les investissements stratégiques, les politiques sociales, le soutien à l’emploi, soutenir le secteur agricole, l’industrie, la formation, le numérique, etc,…  méritent de revoir le budget européen à la hausse. Ce budget figé depuis toujours représente… 1% du Pib quand aux USA il est de 30 fois supérieur. Avec ce montant l’Europe devrait financer l’ensemble des demandes des États alors que ce sont ces derniers qui refusent catégoriquement de l’augmenter.

Et bien c’est de cette vision qu’il faudra débattre. Est-ce être pro-européen de bloquer toute augmentation du budget communautaire? De prôner indirectement les coupes budgétaires dans les États membres ? De défendre l’idée libérale de réduire les droits des travailleurs ? D’exacerber la concurrence déloyale? C’est cela aimer l’Europe ?

Assurément ces soit disant pro-européens font une belle déclaration d’amour au monde des puissants. Or, ils oublient l’essentiel, les citoyens, ils sont plus de 500 millions. Ils n’attendent pas, ou plus, de déclarations mais des preuves. Mais ça, ce n’est pas gagné.

Je vous souhaite une belle et rebelle année 2018, vous le méritez.

 

9 mois pour lutter contre les pesticides

Suite aux Monsanto papers et au renouvellement controversé du glyphosate, le Parlement européen a voté aujourd’hui le mandat de la commission spéciale pesticides. Sa composition sera adoptée ce jeudi 8 février.

Désormais, les travaux de cette commission spéciale doivent aller vite : composée de 30 membres représentant tous les groupes politiques de l’hémicycle européen (9 PPE, 8 S&D, 3 ECR, 3 ALDE, 2 GUE, 2 Verts, 2 EFDD, 1 ENF), elle dispose de 12 mois pour réaliser ses travaux. Entre autre, évaluer la procédure d’autorisation des pesticides dans l’UE, son indépendance par rapport à l’industrie, la transparence du processus décisionnel ; en particulier si la Commission à agir conformément aux dispositions du règlement (CE) no 1107/2009 lorsqu’elle a pris des décisions concernant les conditions d’agrément du glyphosate et de son renouvellement.

Notre objectif est, en effet, d’enquêter de manière approfondie sur les tenants et les aboutissants de cette affaire, d’établir les responsabilités de chacun, et de jeter les bases de nouvelles pratiques garantissant transparence et indépendance du processus décisionnel de l’Union. Autrement dit, l’enjeu majeur sera de traiter la mauvaise volonté de certains Etats et/ou individus à répondre aux auditions et aux demandes de témoignage.

L’affaire glyphosate a agi comme un révélateur des défaillances structurelles de la Commission européenne. Au Parlement européen, nous allons donc mener sans relâche le combat pour sortir des substances dangereuses pour notre santé. Il en va de l’avenir de nos enfants et de notre planète !

 

Communiqué de presse de la Délégation Socialiste Française au Parlement Européen –  6 février 2018

Halte aux mutilations sexuelles féminines

200 millions de femmes et de filles dans le monde sont victimes d’une forme de mutilation génitale. 15 millions d’adolescentes sont menacées d’ici 2030. Ce sujet ne doit pas être tabou. Au contraire, en parler c’est se donner les moyens de lutter contre ce fléau, contre ce qui constitue des actes de torture. C’est d’ailleurs pour cette raison que le 6 février marque la Journée internationale contre les mutilations génitales féminines.

Le débat organisé aujourd’hui au Parlement européen a permis aux eurodéputés socialistes et radicaux de plaider pour que l’Union européenne renforce son rôle de leader dans la promotion de l’accès aux droits sexuels et reproductifs, pour les femmes et les filles.

Contrairement aux stéréotypes, ce fléau ne touche pas uniquement les zones les plus pauvres du monde puisque 180 000 femmes et filles européennes sont menacées chaque année.

Face à cela, l’Union européenne doit considérer un certain nombre d’investissements comme prioritaires :

– l’accès à la santé pour toutes les femmes et jeunes filles, et notamment l’accès sûr et légal à des droits sexuels et reproductifs via le financement de planning familiaux mais aussi par le biais de l’éducation. Nous attendons beaucoup du développement de l’initiative Spotlight lancée par la Commission européenne ;

– nous souhaitons également la mise en place d’un système d’asile qui prendrait en considération ce type de violences. Certains États membres européens ont souvent une interprétation restrictive des motifs de demande d’asile alors que nous devrions tous nous retrouver dans ce combat pour protéger au mieux les victimes ;

– enfin, et c’est une priorité, nous devons nous assurer que toutes les lois reconnaissent les mutilations féminines génitales mais aussi les mariages d’enfants comme des violations des droits et de la liberté des femmes et des jeunes filles.

La Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (dite Convention d’Istanbul) est le premier instrument juridiquement contraignant spécialement consacré à la violence à l’égard des femmes. La Convention exige que les mutilations génitales féminines soient érigées en infractions pénales afin d’être dûment sanctionnées. C’est pourquoi nous plaidons une nouvelle fois en faveur de la ratification de la Convention d’Istanbul par l’ensemble des États membres et par l’Union européenne. Ce sera une étape fondamentale pour mieux protéger les victimes et traduire davantage les coupables en justice.

 

Communiqué de presse de la Délégation Socialiste Française au Parlement Européen – 6 février 2018

Élections européennes de 2019 : les idéaux et les intérêts particuliers

Aujourd’hui ont eu lieu deux scrutins importants dans la perspective des élections européennes de 2019 : un concernant la modification de l’acte électoral européen pour permettre la création de listes transnationales et ajustant le nombre d’eurodéputés par État membre en fonction des changements démographiques ; sur ce point la nouvelle distribution des sièges votée par 552 voix pour, 109 contre et 17 abstention devrait s’imposer au Conseil. L’autre scrutin concernait les modalités de désignation du président de la Commission européenne et presse le Conseil de prendre une décision.

Sur ces deux sujets, les eurodéputés de la délégation socialiste française n’ont pas varié : ils sont favorables à toutes les mesures qui peuvent renforcer la démocratie européenne. Nous avons plaidé depuis des années en faveur des listes transnationales et du Spitzenkandidat, terme signifiant que le prochain président de l’exécutif doit dépendre du résultat des élections.

Nous ne pouvons que constater qu’une vaste majorité de la droite européenne, en contradiction avec les conditions de construction d’une véritable démocratie européenne, a décidé de rejeter les listes transnationales. Et que le président Macron rejette le Spitzenkandidat parce que la République en Marche n’est pas organisée à l’échelle européenne et qu’elle sait que ce mode de désignation ne la mettra pas au centre du dispositif.

Nous insistons désormais sur un point : le Spitzenkandidat ne doit pas forcément être issu du Parti arrivé en tête à l’échelle européenne, mais celui en capacité de réunir le plus d’eurodéputés en soutien à sa politique.

 

Communiqué de presse de la Délégation Socialiste Française au Parlement Européen –  7 février 2018