Archives de catégorie : Editos / Communiqués

A Bilbao, en soutien aux salariés de l’aciérie ACB

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ArcelorMittal a annoncé la fermeture de l’aciérie ACB à Sestao (Bilbao), les raisons invoquées sont la concurrence chinoise et le coût élevé de l’électricité.

Je me suis rendu sur place pour apporter mon soutien aux salariés et pour rencontrer les organisations syndicales (UGT et CCOO) afin d’élaborer ensemble des demandes locales, nationales et européennes.

Sur le plan local nous demandons à ArcelorMittal de dégager un budget pour la maintenance des outils et pour la formation du personnel. Si le groupe est honnête lorsqu’il annonce une fermeture provisoire, alors il doit répondre à ces exigences pour démarrer dans les meilleures conditions le moment venu.

Sur le plan national, faire que le gouvernement espagnol pousse aussi le conseil européen à prendre des mesures d’urgence pour défendre le secteur de l’acier.

Enfin, sur le plan européen, convaincre un maximum de ministres de l’Industrie afin que ces points soient abordés lors des réunions de Bruxelles les 15, 17 et 18 février 2016. Mais surtout que l’Europe (Conseil et Commission) prennent enfin les décisions qui s’imposent. Le temps presse.

Dernière minute : Emmanuel MACRON a co-signé un courrier avec ses homologues européens pour décider en urgence des mesures pour défendre le secteur de l’acier. Il se rendra à Bruxelles le 15 février 2016 pour rencontrer les eurodéputés, syndicalistes et patrons de l’acier. Affaire à suivre…

Une Europe à la carte: non merci !

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Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a dévoilé ses propositions de réponses aux demandes que le premier ministre britannique, David Cameron, avait exprimées en novembre dernier, afin que le Royaume-Uni reste dans l’Union européenne.

Le maintien du Royaume-Uni ne pourra se faire à n’importe quel prix.

« L’Europe à la carte » est le début des jeux nationaux qui fragiliseront l’Europe.

Ces propositions constituent la base de discussion sur laquelle doivent s’engager les négociations entre les États membres, et lors du Conseil européen des 18 et 19 février prochains.

À première lecture, ces propositions semblent de manière insidieuse, réécrire le Traité, préempter le processus législatif et, surtout, écarter le pouvoir de codécision du Parlement européen.

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Sur la zone euro notamment, Monsieur Tusk propose que les pays qui n’ont pas adopté la monnaie unique soient autorisés à faire remonter leurs inquiétudes au Conseil européen. Ces objections officielles seraient examinées par la zone euro mais ne seraient constitutives d’un droit de veto.

Sur le plan social, Londres demande à ce que les aides sociales soient limitées pour les non-britanniques et cela, dans un objectif, de limiter ce qui est communément appelé « le tourisme social ». Cette disposition pourrait être dangereuse et signifier un retour en arrière de la libre-circulation des européens.

Sur le plan institutionnel, existe déjà un « système de carton rouge », sur décision de 55 % de l’ensemble des parlements nationaux (soit 16 chambres sur 28), qui permet de stopper des projets législatifs de la Commission européenne.

Associer les parlements nationaux est nécessaire au bon fonctionnement de la démocratie, à condition que sa mise en œuvre n’entraîne pas une paralysie des institutions.

En effet, certains conservateurs britanniques; considérant que le soutien de 15 « autres » chambres des députés constitue une contrainte trop importante; appellent de leurs vœux le blocage de texte dès que la chambre des communes s’y oppose.

La crainte est que le contenu de ce compromis ne suffise pas à convaincre les britanniques de rester dans l’Union européenne. Et que l’Union européenne revoit à la baisse tous ses standards.

Elections régionales, les urnes ont parlé !

Malgré la menace du FN, une large majorité des citoyens de la nouvelle région Grand Est n’est pas tombée dans ce piège. En effet, plusieurs dizaines de milliers de travailleurs transfrontaliers passent quotidiennement les frontières allemandes, luxembourgeoises, belges ou suisses pour y gagner leur vie. Ils savent l’intérêt économique et sociale d’avoir cette liberté de circulation. Chacun y gagne, les français car ils y trouvent un emploi qu’ils ne trouvent pas en France et nos voisins car ils y trouvent une compétence qu’ils n’ont pas sur place. Cette libre circulation des biens et des personnes est le fondement même de l’Union Européenne. Qui peut imaginer une seconde qu’une victoire du Front National, porteur de positions xénophobes et de repli sur soi avec fermetures des frontières, n’aurait aucun impact négatif sur nos concitoyens (il y a en France environ 300 000 frontaliers)?  Evidemment pas grand monde, en tout cas pas celles et ceux qui travaillent et construisent leur avenir grâce à cette possibilité d’aller travailler chez nos voisins.

L’Europe non plus. Elle ne serait pas restée spectatrice sur une éventuelle remise en cause des traités. Des sanctions étaient possibles tout comme nos voisins auraient pris des mesures pour limiter aussi la circulation des français vers leur pays. Donc, le chômage, déjà suffisament élevé chez nous, aurait explosé. Mais, prenant conscience de cette possibilité de sanctions et du dommage que cela pourrait causer aux frontaliers, les candidats FN ont revu (à la baisse?) leur position. Ils ne parlaient plus de fermetures mais d’un « pass frontalier ». Tiens! C’est nouveau, ils l’ont inventé pour détourner le regard de leur vrai visage, à savoir des anti-européens primaires. Une fois de plus, et cet exemple en fait la démonstration, le FN ment aux français. Tout est bon pour arriver au pouvoir.

Bref, le choix est clair, vivre et construire des projets européens qui bénéficient à tous ou s’enfermer et détruire ce que l’Europe a permis, être libres! Ce n’est pas rien, surtout en ces temps où ce principe reste fragile. La plus belle réponse a été celle des urnes.

Prix Sakharov pour la Liberté de l’Esprit 2015

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L’an passé, le parlement européen avait décerné le prix Sakharov au docteur Denis Mukwege qui, à l’hôpital de Panzi en RDC guérit les femmes de violences sexuelles.

L’émotion était à son comble. 

Je me souviens avoir participé à une conférence avec le docteur Mukwege dans laquelle il précisait que ces femmes étaient des « résistantes » et non des « victimes ». 

Le Parlement européen soutient les droits de l’homme en décernant chaque année le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit, créé en 1988. Le prix est décerné à des personnes qui ont apporté une contribution exceptionnelle à la lutte pour les droits de l’homme dans le monde, et attire l’attention sur les violations des droits de l’homme tout en apportant un soutien aux lauréats ainsi qu’aux causes pour lesquelles ils se battent.

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Cette année, le prix Sakharov a été décerné à  Raif Badawi, blogueur et défenseur de la liberté de pensée et d’expression en Arabie saoudite.

Il a été condamné à une peine de 10 ans de prison, à 1000 coups de fouet et à une lourde amende pour avoir publié « des propos blasphématoires » sur son site web dont l’objectif est d’encourager le débat social, politique et religieux.

Le tollé international et les inquiétudes au sujet de sa santé suite à une première série de coups de fouet en janvier 2015 ont empêché jusqu’ici d’autres flagellations.

Pourtant, Raif Badawi est toujours emprisonné et a été récemment déplacé vers une prison plus isolée. Il n’a donc pas pu recevoir son prix en personne ce mercredi 16 décembre.

C’est l’épouse du lauréat du prix Sakharov 2015, Ensaf Haidar qui a reçu le prix.

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Sa vie et la vie de leurs trois enfants étant menacées, la famille à fui vers le Canada.

Dans son discours très émouvant et très juste, Ensaf Haidar a déclaré que « le crime de Raif Badawi, c’est d’être une voie libre ».

Raif Badawi a eu le courage de faire entendre sa voix et de dire non à leur barbarie : c’est la raison pour laquelle ils l’ont fouetté », a déclaré Ensaf. 

« Raif Badawi est devenu un symbole et une source d’inspiration pour tous ceux qui luttent en faveur des droits fondamentaux dans la région et au-delà », a déclaré le Président du Parlement européen Martin Schulz lors de la cérémonie de remise du prix. « Malgré un risque important, Raif Badawi a tenté avec courage de favoriser la libre pensée et a exercé son droit à la liberté d’expression, remplissant le vide laissé par l’absence d’une liberté de la presse dans son pays ».

Martin Schulz a demandé au roi d’Arabie saoudite Salmane ben Abdelaziz Al Saoud de gracier immédiatement le blogueur et de le libérer sans conditions.

Je salue le courage de son épouse et de leurs enfants.

Raif n’est pas un criminel, c’est un libre penseur et un écrivain qui souhaitait mener une vie normale.

#FreeRaif.

 

 

Attentats de Paris

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Quinze jours après les attentats de Paris, le débat est venu en plénière à Strasbourg. La totalité des groupes politiques européens est intervenue pour témoigner leur solidarité et leur émotion face à la barbarie. Belle séquence de recueillement et de solidarité. C’est après que les choses se sont corsées, vraiment. Pas beau.

Chacun venant avec sa propre analyse, normal, et ses solutions plus ou moins crédibles et souvent radicales.

D’autres, la droite européennes et notamment quelques députés français, ont osé franchir le Rubicon en essayant de pointer les responsabilités, voire culpabilités, de la gauche française et de l’actuel gouvernement? Le premier coup de couteau dans l’unité nationale était donné alors même que de nombreuses victimes ne sont pas encore enterrées.

Tout y est passé pour expliquer combien la gauche française a failli à ses devoirs de protection des citoyens. Il est vrai que nous sommes en période électorale et beaucoup espèrent « capitaliser » sur le drame. Comment peut-on être aussi schizophrène ? Comment peut-on oublier les milliers de postes de fonctionnaires supprimés notamment dans la police ? Comment peut-on nier les politiques d’austérité imposées par cette même droite européenne qui aujourd’hui essaie de se défausser de ses propres errements ? Evidemment, avec toujours en ligne de mire la fonction publique. Comment peuvent-ils occulter les nombreuses suppressions de postes d’éducateurs de rue ? La nature a horreur du vide et dans beaucoup de quartiers ce vide a été parfois comblé soit par des trafiquants en tout genre ou par des imams radicaux autoproclamés. Cela n’explique évidemment pas les attentats, bien sûr que non. Cela met un focus sur l’importance de ces fonctions, de la fonction publique présente pour servir le citoyen et pour le protéger.

Donc, oui il faut condamner et combattre de toutes nos forces le radicalisme religieux. Mais je veux aussi condamner le radicalisme libéral de cette droite donneuse de leçons au pire moment. Certains fanatiques ont comme référence des textes sacrés, le Coran, la Bible ou la Tora, souvent mal interprétés.

Il existe aussi des fanatiques libéraux qui font du pacte de stabilité un texte sacré. Nous voyons, là aussi, les dégâts causés. Alors oui, le pacte de sécurité doit l’emporter sur le pacte de stabilité car nous sommes en guerre. Mais le pacte social doit aussi l’emporter sur le pacte de stabilité car nous sommes dans une guerre économique.