Archives de catégorie : Editos / Communiqués

Prix Sakharov pour la Liberté de l’Esprit 2015

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L’an passé, le parlement européen avait décerné le prix Sakharov au docteur Denis Mukwege qui, à l’hôpital de Panzi en RDC guérit les femmes de violences sexuelles.

L’émotion était à son comble. 

Je me souviens avoir participé à une conférence avec le docteur Mukwege dans laquelle il précisait que ces femmes étaient des « résistantes » et non des « victimes ». 

Le Parlement européen soutient les droits de l’homme en décernant chaque année le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit, créé en 1988. Le prix est décerné à des personnes qui ont apporté une contribution exceptionnelle à la lutte pour les droits de l’homme dans le monde, et attire l’attention sur les violations des droits de l’homme tout en apportant un soutien aux lauréats ainsi qu’aux causes pour lesquelles ils se battent.

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Cette année, le prix Sakharov a été décerné à  Raif Badawi, blogueur et défenseur de la liberté de pensée et d’expression en Arabie saoudite.

Il a été condamné à une peine de 10 ans de prison, à 1000 coups de fouet et à une lourde amende pour avoir publié « des propos blasphématoires » sur son site web dont l’objectif est d’encourager le débat social, politique et religieux.

Le tollé international et les inquiétudes au sujet de sa santé suite à une première série de coups de fouet en janvier 2015 ont empêché jusqu’ici d’autres flagellations.

Pourtant, Raif Badawi est toujours emprisonné et a été récemment déplacé vers une prison plus isolée. Il n’a donc pas pu recevoir son prix en personne ce mercredi 16 décembre.

C’est l’épouse du lauréat du prix Sakharov 2015, Ensaf Haidar qui a reçu le prix.

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Sa vie et la vie de leurs trois enfants étant menacées, la famille à fui vers le Canada.

Dans son discours très émouvant et très juste, Ensaf Haidar a déclaré que « le crime de Raif Badawi, c’est d’être une voie libre ».

Raif Badawi a eu le courage de faire entendre sa voix et de dire non à leur barbarie : c’est la raison pour laquelle ils l’ont fouetté », a déclaré Ensaf. 

« Raif Badawi est devenu un symbole et une source d’inspiration pour tous ceux qui luttent en faveur des droits fondamentaux dans la région et au-delà », a déclaré le Président du Parlement européen Martin Schulz lors de la cérémonie de remise du prix. « Malgré un risque important, Raif Badawi a tenté avec courage de favoriser la libre pensée et a exercé son droit à la liberté d’expression, remplissant le vide laissé par l’absence d’une liberté de la presse dans son pays ».

Martin Schulz a demandé au roi d’Arabie saoudite Salmane ben Abdelaziz Al Saoud de gracier immédiatement le blogueur et de le libérer sans conditions.

Je salue le courage de son épouse et de leurs enfants.

Raif n’est pas un criminel, c’est un libre penseur et un écrivain qui souhaitait mener une vie normale.

#FreeRaif.

 

 

Attentats de Paris

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Quinze jours après les attentats de Paris, le débat est venu en plénière à Strasbourg. La totalité des groupes politiques européens est intervenue pour témoigner leur solidarité et leur émotion face à la barbarie. Belle séquence de recueillement et de solidarité. C’est après que les choses se sont corsées, vraiment. Pas beau.

Chacun venant avec sa propre analyse, normal, et ses solutions plus ou moins crédibles et souvent radicales.

D’autres, la droite européennes et notamment quelques députés français, ont osé franchir le Rubicon en essayant de pointer les responsabilités, voire culpabilités, de la gauche française et de l’actuel gouvernement? Le premier coup de couteau dans l’unité nationale était donné alors même que de nombreuses victimes ne sont pas encore enterrées.

Tout y est passé pour expliquer combien la gauche française a failli à ses devoirs de protection des citoyens. Il est vrai que nous sommes en période électorale et beaucoup espèrent « capitaliser » sur le drame. Comment peut-on être aussi schizophrène ? Comment peut-on oublier les milliers de postes de fonctionnaires supprimés notamment dans la police ? Comment peut-on nier les politiques d’austérité imposées par cette même droite européenne qui aujourd’hui essaie de se défausser de ses propres errements ? Evidemment, avec toujours en ligne de mire la fonction publique. Comment peuvent-ils occulter les nombreuses suppressions de postes d’éducateurs de rue ? La nature a horreur du vide et dans beaucoup de quartiers ce vide a été parfois comblé soit par des trafiquants en tout genre ou par des imams radicaux autoproclamés. Cela n’explique évidemment pas les attentats, bien sûr que non. Cela met un focus sur l’importance de ces fonctions, de la fonction publique présente pour servir le citoyen et pour le protéger.

Donc, oui il faut condamner et combattre de toutes nos forces le radicalisme religieux. Mais je veux aussi condamner le radicalisme libéral de cette droite donneuse de leçons au pire moment. Certains fanatiques ont comme référence des textes sacrés, le Coran, la Bible ou la Tora, souvent mal interprétés.

Il existe aussi des fanatiques libéraux qui font du pacte de stabilité un texte sacré. Nous voyons, là aussi, les dégâts causés. Alors oui, le pacte de sécurité doit l’emporter sur le pacte de stabilité car nous sommes en guerre. Mais le pacte social doit aussi l’emporter sur le pacte de stabilité car nous sommes dans une guerre économique.

 

Ce sont les hommes qui invitent

article droit des femmes

 

« On va dîner? »

Regards scabreux et invitation à dîner d’hommes manifestement plus âgés;

On parle de mes compétences;

« Est-ce que tu tapes vite à la machine à écrire? En robe, tu as dû user de tes charmes pour obtenir un emploi… Non? ».

« Tiens si tu apportais les cafés? ».

On s’inquiète de mon emploi du temps;

« Avec tout ça, tu as le temps d’aller faire des courses? ».

« Et des bébés, t’y penses? ».

Les campagnes publicitaires m’encouragent à passer un bon coup de balai chez moi, en bonus, je perdrais un certain nombre de calories.

Mes fessiers, nommés muscle du mois par différentes salles de sport à l’approche de l’été ne sont bien entendu pas oubliés et la venue du bikini est saluée.

Plus que tout, c’est important d’avoir des fesses parfaites à l’approche des beaux jours.

Jeune femme active, je vous apporte de la fraîcheur, je suis plus sensible, plus douce et plus compréhensive que mes collègues masculins mais le problème c’est que je suis plus facilement sujette à des passages hystériques.

Ces petits mots du quotidien, force est de constater que nous nous y habituons.

En réponses à ces remarques machos, on oppose un rire gêné, un rougissement ou une agressivité souvent moquée et décrédibilisée.

Quel que soit notre réponse, il est parfois difficile d’être prise au sérieux.

Mettre en lumière les mots et les actes n’est pas une attaque à l’encontre de la gente masculine, encore moins une démarche de victimisation.

Révéler au grand jour ce sexisme ordinaire ne constitue pas non plus un étendard que l’on brandirait dans une optique vengeresse.

Nous sommes conscientes que la condition féminine est un produit de l’histoire où se mêlent représentations physiques et mythes.

Le mythe de la femme parfaite par exemple.

Celui de la conciliation heureuse entre la mère de famille dévouée, l’amante disponible et la travailleuse laborieuse.

La dialectique femme/épouse/mère est lourde à porter.

Femmes monnaie de récompense, Femmes horloge biologique, Femmes discriminées, Femmes harcelées que nous remplacerons dans cet article par Femmes puissantes.

Femmes résistantes.

« Bon on va le boire ce verre? ».

Avant de dire oui, n’oublions pas que ce sont les hommes qui invitent n’est-ce pas?

Jeanne PONTE, Assistante Parlementaire

Edito – Quand la victimisation des puissants prend le dessus !

Même si l’économie mondiale a un peu redressé la tête, on ne peut pas dire qu’elle soit foudroyante. L’Europe n’échappe pas ce redémarrage difficile. Cette crise qui s’enlise depuis 2007 est due essentiellement à la finance « sauvage » et qui s’est ensuite transformée en crise économique puis sociale. Le résultat est terrifiant, 25 millions de chômeurs dans l’UE des 28 dont 7 millions de jeunes de moins de 25 ans. Sans compter les 112 millions d’européens qui vivent sous le seuil de pauvreté. Donc faire le constat que les plus pauvres paient chèrement les errements et les fautes des plus riches n’est pas une chose usurpée.

Pourtant dans la recherche effrénée de solutions de sortie de crise, ces mêmes « riches et puissants » jouissent d’une oreille bienveillante de la part de nombreux gouvernants. Et ça marche plutôt pas mal pour eux. Conséquences ? Pour sortir de la crise il faut baisser les salaires, libéraliser encore plus le marché du travail, accentuer la flexibilité, faire du CDD et de l’intérim, l’alpha et l’oméga du contrat de travail, baisser les salaires, les prestations,… Bref le monde du travail est trop choyé, il faut que cela cesse. Voilà le triste et désastreux bilan auquel se range une majorité de pays.

Et que personne ne s’avise de contester cette politique du mouton où tout le monde suit tout le monde, non enfin plutôt, où tous suivent la doctrine de ceux qui nous ont mis dans la mouise, les puissants. Que les victimes de la crise ne s’aventurent pas à pointer les responsabilités de la finance outrancière, des actionnaires, des centaines d’employeurs, du système absurde, non ! Que nenni !

Tous ceux-là se verront rétorquer avec force la même sérénade apprise par cœur dans les cahiers des puissants : « les pauvres entreprises sont trop taxées », « le coût du travail est trop élevé », « la concurrence est féroce », « l’énergie est trop chère », « il y a trop d’Etat », « il faut donner envie aux investisseurs de s’implanter chez nous », et la liste est longue.

La course à l’échalote est rude, chacun voulant gagner des points de compétitivité sur son voisin, d’aucun ne levant la tête pour se rendre compte que le mur vers lequel court ce modèle n’est plus très loin. Tout ça en portant quasiment en héros les bourreaux du modèle social européen. Tout ça en insultant la résistance du monde du travail qui ne veut pas se laisser noyer sans broncher. Tout ça en refusant plus d’Europe pour plus de repli sur soi. Forcément, le coupable c’est l’autre. Mais qui est cet autre en réalité ?

Cet autre est justement ce « puissant » qui impose sa loi à la planète entière. Son seul intérêt ? Le sien ! Et il est fort, très fort même. Il réussit ce tour de passe-passe effrayant qui consiste à monter les pays les uns contre les autres en les faisant oublier l’essentiel. L’être humain.

Edito – Juin 2015

Dans un contexte d’instabilité et de guerres aux portes de l’Europe, la pression migratoire n’a jamais été aussi forte. Depuis janvier 2015, plusieurs centaines de migrants ont perdu la vie en mer Méditerranée en essayant de fuir ces guerres, la barbarie ou la famine. La majorité de ces réfugiés viennent de Syrie,  de Lybie, Erythrée et Afrique Subsaharienne. Les responsabilités historiques et politiques de l’Europe incombent aussi à la France qui doit permettre des visas légaux temporaires à ces réfugiés afin de leur permettre de se reconstruire.

Le cas du Congo est révélateur du désastre humanitaire car beaucoup d’entreprises multinationales exploitent les gisements de minerais indispensables à notre industrie. Les conditions de travail sont insoutenables et le viol est utilisé comme arme de guerre pour avoir la mainmise sur les précieux minerais. Le tout dans la plus grande indifférence internationale et avec la complicité implicite de l’Union Européenne où des parlementaires de droite et d’extrême droite s’opposent à faire voter un texte sur la traçabilité des  « minerais de sang ». Les mêmes qui fustigent les tentatives des migrants d’atteindre le sol européen. Pour leur répondre, l’Europe décide d’envoyer l’armée en Méditerranée pour empêcher les réfugiés d’accoster sur nos côtes. Cette mer est devenue un mur infranchissable comme d’autres en ont construit par le passé.

Au moment où la France et l’Europe commémorent la fin des déportations et de la seconde guerre mondiale, il serait bon de se souvenir que la Méditerranée ne peut pas être la mer de la honte. La honte d’une Europe incapable de venir en aide aux plus démunis de cette planète.