Archives de catégorie : Editos / Communiqués

Résistance aux antimicrobiens : changer de modèle pour protéger notre santé

Les députés européens Guillaume Balas, Edouard Martin et Isabelle Thomas se réjouissent de l’adoption très attendue du rapport « Une seule santé », visant à préserver l’efficacité des traitements des infections chez l’humain comme chez l’animal et à éviter l’apparition et la propagation de la résistance aux antimicrobiens (RAM), c’est-à-dire la capacité d’une bactérie à résister aux antibiotiques. Déjà à l’origine de 25 000 décès en Europe, la RAM pourrait provoquer 10 millions de décès à l’horizon 2050[1]. Au-delà du drame humanitaire, la RAM comporte, selon une étude de la Banque Mondiale[2], des conséquences économiques comparables à celles de la crise de 2008, entre tensions sur les systèmes de santé et incertitudes sur la poursuite les activités humaines.

Mais la lutte contre la RAM doit nous obliger à nous attaquer à la cause principale de propagation : le modèle de production agricole et industriel productiviste de notre alimentation. Usage prophylactique des antibiotiques pour compenser des conditions d’hygiène et de bien-être animal insuffisantes, rejets d’antibiotiques dans l’eau, pulvérisation de pesticides… autant de facteurs entraînant le développement de bactéries résistantes aux antimicrobiens, transmises à l’homme par l’alimentation et la pollution de l’environnement.

Biensûr, au-delà des pratiques agricoles en cause, c’est le modèle agrochimique qui pousse au productivisme que nous dénonçons, dominé par les multinationales des produits phytopharmaceutiques et appuyé par la politique agricole commune (PAC).

Le rapport sur l’utilisation des produits phytopharmaceutiques voté également cette semaine confirme cet impératif de changement et met en garde contre une mauvaise application des réglementations de l’Union Européenne sur les pesticides. La recette est simple : appliquer les textes de loi. De nombreux outils existent pour protéger la santé des européens, à commencer par le principe de précaution. Aujourd’hui, seul l’entêtement de la Commission et du Conseil nous maintient dans cette impasse.

Arrêtons de servir l’intérêt des lobbys et agissons pour protéger la santé des citoyens, les agriculteurs et l’environnement.

 

[1] Review on AMR, Tackling Drug-resistant infections globally, Jim O’Neil, May 2016 https://amr-review.org/sites/default/files/160525_Final%20paper_with%20cover.pdf

[2] The World Bank, Drug-Resistant Infections : a Threat to Our Economic Future, 2017 http://www.worldbank.org/en/topic/health/publication/drug-resistant-infections-a-threat-to-our-economic-future

Droit d’auteur : le Parlement au secours des auteurs, créateurs et organes de presse européens !

Nous nous félicitons de l’adoption par le Parlement européen ce midi du projet de directive européenne sur le droit d’auteur (438 voix contre 226). Après la déception du vote du 5 juillet, ce résultat marque une grande victoire pour les auteurs et créateurs européens ainsi que pour les organes de presse de l’Union.

Le texte harmonise et actualise le cadre législatif les protégeant, afin de l’adapter aux nouveaux usages et supports en ligne. Il repose sur un principe de base : tout travail mérite salaire, toute création mérite protection et rétribution. À l’issue de débats passionnés, et à bien des égards instrumentalisés, les députés ont répondu présents.

L’article 11 introduit une obligation de contrepartie financière à verser aux journaux, médias, magazines et agences de presse en cas de partage en ligne de leurs contenus éditoriaux. Il s’agit de protéger leur travail face aux plateformes du Net qui, non contentes de partager leurs articles sans leur verser de rémunération, s’arrogent l’immense majorité des recettes commerciales publicitaires générées par leur diffusion. Pour défendre l’indépendance de la presse, il s’agit d’organiser une répartition plus juste de ces revenus. C’est bien ce que le Parlement défendra en négociation (393 voix contre 279).

L’article 13 doit responsabiliser les plateformes en ligne en les obligeant à assurer une plus juste rémunération des créateurs et des artistes via la négociation obligatoire de licences et une meilleure répartition des recettes publicitaires. Malgré les accusations anxiogènes des géants du Net sur les risques de filtrage généralisé des publications et d’atteintes à la liberté d’expression, il a finalement été adopté par 366 voix contre 297.

Nous nous réjouissons que les eurodéputés aient été à la hauteur de l’enjeu et se soient prononcés un droit d’auteur plus équilibré à l’échelle européenne, qui prenne en compte les évolutions liées au numérique. Le Parlement dispose désormais d’un mandat clair pour négocier avec le Conseil. Il devra continuer à défendre la création et les libertés fondamentales sur Internet contre la toute-puissance des géants du numérique et de leurs lobbies.

 

 

Guillaume Balas, Édouard Martin, Isabelle Thomas,

député.e.s européen.ne.s Génération·s

Adoption par le PE du rapport sur les mesures pour prévenir et combattre le harcèlement sexuel en Europe

Les députés européens Guillaume Balas, Édouard Martin et Isabelle Thomas se réjouissent de l’adoption par le Parlement européen du rapport sur les mesures pour prévenir et combattre le harcèlement moral et sexuel sur le lieu  de travail, dans les espaces publics et dans la vie politique dans l’Union.

Alors que 55% des femmes ont été victimes de harcèlement sexuel en Europe, la protection des victimes et la prévention des comportements déviants doivent constituer une priorité.

Trop nombreuses sont les femmes qui préfèrent ne pas dénoncer des situations de harcèlement au travail afin d’éviter des sanctions, une mise en l’écart, voire un licenciement. Tant que des textes réglementaires et contraignants ne protégeront pas complètement les victimes, la peur l’emportera sur la probité.

D’autant plus que les nouvelles formes de harcèlement sur le lieu de travail se multiplient : la réalité du cyber harcèlement est un problème particulier pour les jeunes femmes en raison de l’utilisation accrue qu’elles font de ces médias. Aussi 20% des femmes âgées de 18 à 29 ans dans l’Union des 28 sont concernées par ce nouveau fléau.

Il est donc impératif que le signalement par une victime d’un cas de harcèlement puisse être appuyé par des mesures légales afin d’éviter son isolement, voire son licenciement. Au Royaume-Uni, plus de 4 femmes sur 5 ne signalent pas à leur employeur qu’elles sont victimes de harcèlement sexuel sur leurs lieux de travail, ce n’est pas acceptable.

Concernant la sphère politique, la légitimité des femmes y est constamment remise en cause. La sortie récente de Richard Ferrand, candidat LREM pour la présidence de l’Assemblée Nationale, – qui a déclaré au sujet de son adversaire Barbara Pompili « Excusez-moi de ne pas être une femme » montre, qu’en la matière, il y a encore fort à faire.

Ces remarques sexistes participent à décourager les femmes de s’engager en politique ou d’y prendre des responsabilités.

Parmi les motifs de satisfaction suite au vote de ce midi, il faut saluer la présentation obligatoire de listes paritaires dans chaque Etat membre pour les élections européennes à venir, et l’obligation de formations au Parlement européen sur les questions de harcèlement sexuel et de sexisme, pour les députés et tous les personnels.

Désormais, nous en appelons donc à ce qu’une proposition législative visant à lutter contre le harcèlement moral et sexuel des femmes sur leur lieu de travail, dans les espaces publics et dans le monde politique, voit le jour le plus rapidement possible afin d’harmoniser par le haut les règles de protection européennes.

Cette loi devra comprendre un financement public suffisant pour veiller à ce que les agents chargés de l’application de la loi, les juges et l’ensemble des fonctionnaires rencontrant des cas d’intimidation et de harcèlement sexuel soient formés pour comprendre la violence et le harcèlement sur le lieu de travail et partout ailleurs.

 

Conférence de presse sur le Jugendamt

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer dans différentes publications les problèmes liés au Jugendamt (service de la jeunesse en Allemagne), que j’avais découverts lors de mon passage en commission des Pétitions sur tout la première moitié du mandat (plusieurs centaines d’affaires). En résumé, dans les cas de séparation entre un parent allemand et l’autre non-allemand, c’est toujours le premier qui finit par l’emporter pour la garde de l’enfant – et ce parfois même au mépris de décisions de justice –  grâce à l’appui du Jugendamt qui joue quasiment un rôle de « troisième parent ».

Sous notre impulsion, la commission PETI avait émis des recommandations, qui sont hélas restées à ce stade pour la plupart sans suite (l’UE n’ayant pas beaucoup de prérogatives en matière de droit de la famille, et la volonté de demander des comptes à l’Allemagne sur ce point étant assez peu partagée). Mais cela n’a pas empêché ma collègue Virginie Rozière de prendre le sujet à bras le corps  dès notre passage de relai, d’où cette » conférence de presse pour à la fois remettre un coup de projecteur sur ces situations familiales absolument dramatiques pour des parents privés de leurs enfants, et envisager ensemble de nouvelles actions (une résolution du Parlement européen?) pour faire monter la pression auprès de l’Allemagne tout comme dans nos propres chancelleries.

Ci-dessous un article des Dernières Nouvelles d’Alsace et un compte-rendu de la réunion par Alain Joly, de l’association Enfants Otages.

 

https://www.dna.fr/societe/2018/05/31/les-enfants-voles-drame-franco-allemand

https://blogs.mediapart.fr/gutcho/blog/050618/conference-de-presse-sur-le-jugendamt-et-le-systeme-familial-allemand

 

 

 

Refusons le moins-disant social dans le secteur routier !

En mai dernier, nous avons apporté notre soutien plein et entier à la révision de la directive sur les travailleurs détachés afin de s’assurer que les mêmes conditions de travail et salariales s’appliquent à l’ensemble des travailleurs européens. Une révision défendue également par la fédération ETF dont font partie les syndicats de chauffeurs routiers des  pays de l’Est de l’Europe.

Pourtant, le 4 juin dernier, la commission des transports est revenue sur l’ensemble de ces avancées en adoptant une position qui accentue la précarité des conditions de travail dans le secteur routier.

Sous l’impulsion des députés conservateurs et libéraux, les parlementaires siégeant dans cette commission ont majoritairement décidé d’écarter l’application de ces nouvelles règles protectrices au secteur routier : ainsi, par exemple, en cas d’opération de transport international à destination de la France, un chauffeur routier d’un autre État membre ne pourrait bénéficier du versement du salaire minimum français.

De surcroît, s’il devait être confirmé cette semaine, le texte adopté en commission transport affaiblirait considérablement les garanties et protections sociales des travailleurs du secteur routier : le repos hebdomadaire des chauffeurs routiers dans les cabines de leurs véhicules serait ainsi rendu possible, inversant ainsi l’un des rares arrêts sociaux récemment adopté par la Cour de Justice de l’Union européenne…

Nous ne nous résignons pas à ce que cette position soit celle portée par le Parlement européen dans les négociations qui s’engageront prochainement avec les Etats membres.

Nous continuerons à nous battre pour mettre un coup d’arrêt à la concurrence déloyale sévissant entre salariés européens sur la base de leur nationalité : c’est pourquoi nous nous opposerons au mandat de négociation soumis au vote jeudi à Strasbourg.