Archives de catégorie : Editos / Communiqués

« Le Conseil des ministres de l’UE manque une nouvelle occasion de construire l’Europe protectrice »

Communiqué de presse d’Edouard Martin et d’Emmanuel Maurel

Députés européens, Membres de l’Alliance progressiste des Socialistes et Démocrates au Parlement européen

 

Les fermetures d’usine ne sont pas une fatalité : elles s’expliquent par la naïveté doublée de passivité de l’Union européenne face aux pratiques commerciales agressives d’États tels que la Chine, qui déversent leurs produits, massivement dumpés, sur le territoire européen.

L’Europe a les moyens de se protéger – l’OMC autorise l’introduction de mesures anti-dumping fortes – mais elle a fait le choix de l’impuissance et de la défense d’un statu quo. Face aux plans sociaux à répétition, il est urgent de renforcer nos instruments de défense commerciale et de construire une Europe plus protectrice de son industrie et de ses travailleurs.

Trois priorités nous occupent actuellement : l’augmentation du niveau des taxes opposables aux pratiques de dumping, le raccourcissement des procédures d’enquête et le maintien d’une méthodologie anti-dumping efficace qui permette de capter, en toutes circonstances, les situations de dumping, notamment en Chine, qui entend bénéficier du Statut d’économie de marché.

Sur ce dernier point, la Commission a présenté en novembre dernier une proposition de règlement, que nous avons estimée insuffisante sur plusieurs points. Elle renverse partiellement la charge de la preuve au détriment des industries européennes, ne garantit pas un accès suffisant à l’information pour les plaignants, elle définit de manière restrictive, purement commerciale, ce qui constitue le dumping, et ne prévoit pas de dispositions spécifiques concernant les petites et moyennes entreprises.

Le Conseil des ministres a adopté, aujourd’hui 11 mai 2017, sa position définitive sur la proposition de Règlement, préalable à l’entrée en négociations avec le Parlement européen.

« Au sein de la commission Commerce international du Parlement européen, nous avons entrepris de renforcer et de clarifier substantiellement la proposition initiale de la Commission. Malheureusement, le Conseil, en adoptant une position au rabais, a refusé de s’engager sur cette voie, et nos doutes demeurent » a déploré Emmanuel Maurel, rapporteur du groupe socialiste et démocrate au sein de la commission INTA. « L’attentisme du Conseil confère aux parlementaires une responsabilité énorme. Il nous revient de porter la voix des travailleurs et des territoires qui souffrent de la désindustrialisation, et de faire la preuve que l’on peut lutter contre la concurrence déloyale. C’est en tout cas ce que nos concitoyens attendent de nous ».

« Une nouvelle fois, la position du Conseil nous démontre que la politique industrielle en Europe n’occupe pas la place stratégique qu’elle le devrait. C’est l’illustration d’un défaut d’Europe qui est en jeu alors qu’il est d’une nécessité impérieuse que l’Union européenne protège ses travailleurs et son tissu industriel» regrette Edouard Martin, rapporteur du groupe socialiste et démocrate au sein de la Commission ITRE. « Nous condamnons le choix du Conseil qui s’est couché devant les menaces chinoises. Dans l’intérêt des citoyens européens, depuis décembre 2014, nous menons le combat contre cette concurrence déloyale exacerbée et nous continuerons la bataille pour faire voter une position musclée au Parlement européen. Le bras de fer commence et nous n’avons pas dit notre dernier mot. »

 

Hongrie : une dictature de droite est-elle possible dans l’Union européenne ?

Cette question, provocante, mérite désormais d’être posée. La liste des atteintes graves aux valeurs européennes perpétrées par M. Orbán était déjà longue : construction d’un mur interne à l’espace Schengen, autorisation donnée à l’armée de tirer sur les réfugiés, pénalisation des aides aux migrants, chasse aux SDF, menaces de rétablissement de la peine de mort, entraves à l’indépendance de la justice et des médias, xénophobie, homophobie, etc… M. Orbán a en outre multiplié les propos discriminatoires au moment où des drames humanitaires avaient lieu.

Désormais, l’apprenti dictateur M. Orbán s’attaque à la jeunesse, à la recherche, à l’Université, à la culture, bref, à un pilier indispensable dans une démocratie vivace. 900 chercheurs, 17 Prix Nobel ainsi que des milliers de manifestants ne l’ont pas fait reculer. En Hongrie, on purge les opposants, les intellectuels. Où s’arrêtera-t-il ?

  1. Orbán utilise également de l’argent public, près de 4 millions d’euros, pour lancer une campagne intitulée « Stoppons Bruxelles ! » dont les questions sont si subtiles et légères qu’on pourrait croire que M. Orbán prend les Hongrois pour des imbéciles.

Dire que nous sommes inquiets est un euphémisme. Ce qui arrive aujourd’hui en Hongrie est une alerte pour nous tous, d’abord par le climat que cela induit, ensuite car ce qui est possible là-bas est possible ici.

Voilà des années que nous demandons à la droite européenne de faire le ménage dans ses rangs, de sanctionner des dirigeants comme M. Orbán et lutter contre ses vieux démons. Nous avons multiplié les signaux rouges et les recommandations à la Commission européenne également. Trop complaisante, trop faible.

Le prochain débat en plénière sur la situation en Hongrie que nous avons obtenu sera l’occasion de décider des mesures concrètes à prendre. Il faut désormais du courage et de la volonté pour défendre la démocratie. Nous avons l’article 7, qui permet de suspendre certains droits d’un État membre lorsqu’il y a des violations graves des valeurs de l’Union : utilisons-le avant qu’il ne soit trop tard.

 

Communiqué de Presse de la Délégation Socialiste au Parlement européen – Strasbourg, le 6 avril 2017. 

Appel de solidarité : Cessez de détruire la Grèce !

44 députés européens issus de différents groupes politiques et membres du Progressive Caucus ont signé une déclaration de solidarité « Cessez de détruire la Grèce ! », avant le prochain Eurogroupe qui se tiendra le 7 avril.

Les députés signataires appellent rapidement à la conclusion du programme et à la fin du tout austéritaire tout en pointant du doigt la responsabilité politique des créanciers. En effet, l’image d’une Europe qui impose à un de ses États membres, pris en étau entre les intérêts contradictoires de différentes parties, une dérogation arbitraire en matière de droits sociaux ne pourra que renforcer la méfiance des citoyens à l’égard des institutions européennes.

Cette lettre a été signée par les députés européens suivants:

Marina Albiol Guzman (GUE/NGL, Spain), Martina Anderson (GUE/NGL, Ireland), Lucy Anderson (S&D, United Kingdom), Eric Andrieu (S&D, France), Guillaume Balas (S&D, France), Hugues Bayet (S&D, Belgium), Lynn Boylan (GUE/NGL, Ireland), Matt Carthy (GUE/NGL, Ireland), Nessa Childers (S&D, Ireland), Kostas Chrysogonos (GUE/NGL, Greece), Sergio Cofferati (S&D, Italy), Karima Delli (Greens/EFA, France), Pascal Durand (Greens/EFA, France), Cornelia Ernest (GUE/NGL, Germany), Ismail Ertug (S&D, Germany), Ana Gomes (S&D, Portugal), Sylvie Guillaume (S&D, France), Yannick Jadot (Greens/EFA, France), Eva Joly (Greens/EFA, France), Agnes Jongerius (S&D, Netherlands), Dietmar Köster (S&D, Germany), Stelios Kouloglou (GUE/NGL, Greece) Kostadinka Kuneva (GUE/NGL, Greece), Patrick Le Hyaric (GUE/NGL, France), Curzio Maltese (GUE/NGL, Italy), Florent Marcellesi (Greens/EFA, Spain), Edouard Martin (S&D, France), Marisa Matias (GUE/NGL, Portugal), Emmanuel Maurel (S&D, France), Liadh Ni Riada (GUE/NGL, Ireland), Dimitrios Papadimoulis (GUE/NGL, Greece), Georgi Pirinski (S&D, Bulgaria), Christine Revault d’Allonnes Bonnefoy (S&D, France), Michèle Rivasi (Greens/EFA, France), Virginie Rozière (S&D, France), Elly Schlein (S&D, Italy), Barbara Spinelli (GUE/NGL, Italy), Bart Staes (Greens/EFA, Belgium), Josep-Maria Terricabras (Greens/EFA, Spain), Isabelle Thomas (S&D, France), Ernest Urtasun (Greens/EFA, Spain), Monika Vana (Greens/EFA, Austria), Marie-Christine Vergiat (GUE/NGL, France), Julie Ward (S&D, United Kingdom).

 

Strasbourg, 06.04.2017

Minerais de sang : l’Europe impose un devoir de vigilance aux multinationales

La loi dite « Rana Plaza », récemment votée en France, obligera les multinationales actives dans l’Hexagone à mieux contrôler les activités de leurs sous-traitants dans les pays en développement, et notamment leur respect des droits de l’homme ou de l’environnement. Le texte adopté aujourd’hui au Parlement européen reprend la même philosophie, et imposera un devoir de vigilance aux entreprises impliquées dans le commerce de minerais et métaux utilisés dans la high tech. Par minerais de sang, nous comprenons étain, tantale, tungstène et or illégalement exploités. Ces minerais et métaux – omniprésents dans des produits de consommation courante, comme les téléphones portables et les appareils domestiques –  financent souvent, là où ils sont extraits, des groupes armés et sont donc, indirectement, à la source d’exactions et de violations des droits de l’homme, notamment en République démocratique du Congo. Grâce au texte voté ce jour, nous nous assurons que les produits consommés en Europe seront plus « propres ».

Les eurodéputés socialistes et radicaux se félicitent de cette victoire emblématique des socialistes européens : avec persévérance, nous venons d’établir une nouvelle norme mondiale progressiste de responsabilisation des multinationales. Cette législation contraindra tous les fondeurs, les raffineurs ainsi que les importateurs de ces matières premières à procéder à des analyses de risque et à contrôler l’identité de leurs fournisseurs. Les grands fabricants pourront également divulguer comment ils ont eux-mêmes l’intention de contrôler leurs importateurs. Alors que la Commission, le Conseil et les conservateurs au Parlement européen poussaient pour un système de règles exclusivement volontaires, nous avons obtenu des règles contraignantes, pour bannir les minerais de sang du marché européen

Ce règlement est applicable à toutes les zones touchées par les conflits et dites à haut risque dans le monde – la République démocratique du Congo et la région des Grands Lacs, principalement, mais également l’Afghanistan, le Myanmar, la Colombie… La Commission européenne devra examiner régulièrement l’efficacité de la nouvelle législation et, le cas échéant, la renforcer.

C’est un premier pas pour instaurer une certification obligatoire pour tous les acteurs économiques, sur toute la chaîne d’approvisionnement, et pour introduire des dispositions similaires applicables au commerce d’autres minerais. Nous devons désormais nous battre pour introduire, au niveau européen, un devoir de vigilance pour les multinationales actives dans d’autres secteurs, à commencer par le textile ou l’huile de palme, très présente dans notre alimentation, notamment dans les pâtes à tartiner, les chips, etc. Après l’Iphone, le Nutella !

 

Communiqué de presse de la Délégation Socialiste Française au Parlement Européen – 16 Mars 2017, Parlement Européen de Strasbourg 

15 février 2017 – ETS et CETA : une journée noire pour l’Europe !

 

« Bonjour,
Aujourd’hui 15 février à Strasbourg, je peux dire que c’est une journée noire pour l’Europe. Une journée noire pour les citoyens européens parce que, après la ratification du traité de libre-échange avec le Canada, dit le CETA, alors que plus de 3 millions et demis de citoyens s’y opposaient, la majorité des députés européens ont malgré tout voté pour cette accord de libre-échange: accord de libre-échange qui met effectivement en danger non seulement notre agriculture mais aussi notre démocratie, qui met aussi en danger l’accord de la Cop21 de Paris.

Un deuxième texte a été malheureusement mis à mal, c’est le texte sur l’ETS, les émissions de droit à polluer, le CO2, où nous défendions une ligne qui était en lien avec la Cop21 faire en sorte que nous préservions et que nous protégions le climat, et nous avons réussi dans le compromis que nous proposions à avoir un équilibre entre la protection du climat, la protection de l’industrie et la préservation de l’emploi. malheureusement sous la pression de beaucoup de lobbyistes et avec leur politique de la peur là aussi une majorité de députés européens ont rejeté ce compromis qui allait équilibrer le climat, l’industrie et l’emploi.

Donc voilà, une journée assez noir aujourd’hui pour l’Europe et ses citoyens. nous avons perdu une bataille mais pas la guerre. Je veux reprendre le flambeau pour sortir de la voie que certains veulent nous tracer qui consiste à choisir ou l’industrie ou l’emploi, et je fais partie de ceux, avec beaucoup de force qui disent que les deux sont compatibles mais pour cela il faut investir : investir dans les nouvelles technologies, investir dans l’efficience énergétique. Et le choix qui a été opéré aujourd’hui va mettre de toutes façons en péril notre industrie parce que nous n’arriverons pas à lutter à armes égales face a la concurrence déloyale de l’industrie chinoise si nous ne mettons pas en place un ajustement carbone aux frontières, c’est-à-dire obligé aussi les importations a acheté le droit à polluer. L’idée c’est le pollueur payeur et non pas le pollueur gagnant comme ce qui a été voté aujourd’hui. Nous rentrons dans une négociation qui s’avère difficile et compliquée, en trilogue entre le Conseil, la Commission et le Parlement européen. Mais je compte aussi sur les forces vives européennes que ce soit les organisations syndicales, que ce soit les O.N.G., que ce soit la société civile, pour envoyer un message très fort à l’ensemble de ceux qui aujourd’hui gèrent l’Europe et gèrent les Etats. Parce que les Etats ont aussi une responsabilité sur ce qu’il va se passer dans les prochaines semaines, de dire « nous ne pouvons pas » et « vous ne pouvez pas nous obliger à choisir entre l’industrie et le climat, entre l’emploi et l’industrie », les trois vont ensemble et les trois sont possibles, mais comme je vous le disais il faut faire des choix de société, il faut faire des choix : de planète, on n’en a qu’une ! Il faut la préserver, et pour ça il faut investir et c’est en investissant qu’on préservera une industrie performante, compétitive et productive, et les milliers d’emplois qui vont avec. Je compte sur vous.
Je continue le combat à vos côtés et j’espère que on pourra se revoir très bientôt justement en allant plaiser la cause de l’intérêt général qui est « il faut préserver cette planète, elle a suffisamment souffert ! ».
Merci beaucoup et à très bientôt ! »