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Pérenniser les métaux de base, suffit pas d’en parler !

pérenniser

 

En novembre 2014, j’ai été nommé rapporteur pour travailler sur les conditions nécessaires à pérenniser et développer l’industrie de la production des métaux de base (acier, cuivre, zinc, aluminium, …). Avec mon équipe, nous avons fait le choix du terrain. Il n’était pas envisageable de rédiger un rapport depuis un bureau comme c’est trop souvent le cas.

Nous avons ciblé des pays et des entreprises qui font sens dans la compréhension d’un secteur industriel fortement concurrencé avec un risque fuite carbone trop élevé.

Au gré de nos visites (cf : photos), nous avons été confrontés aux mêmes reproches : l’Europe n’a pas de politique industrielle et ne la défend pas.

Les enjeux tels que le prix de l’énergie et le système d’échange de quotas CO2 ont été souvent décriés par les acteurs locaux.

La péréquation reste d’autant plus compliquée à résoudre que la société civile n’est plus prête à accepter sur leur territoire une industrie fortement polluante et ILVA en est la parfaite illustration. Malgré les 16.000 postes de travail (directs et indirects) dans l’usine de Tarente, une bonne partie de la population exige sa fermeture pour motifs (réels) de pollution.

C’est l’Etat italien qui a repris les mêmes pour répondre aux défaillances de l’actionnaire RIVA.

Face à cet enjeu environnemental qu’il nous faut relever, nous nous opposons aux lobbyistes de tous poils qui prônent une politique du « laisser-faire » en exigeant de l’U.E. des droits à polluer ad vitam aeternam pour faire face à la concurrence chinoise notamment. Il est vrai que l’Union Européenne n’impose pas les mêmes contraintes aux autres industriels basés hors Europe, d’où le risque de voir s’accentuer les délocalisations de productions de métaux (appelé fuite de carbone).

Pourtant il est possible de pérenniser ce secteur industriel à condition de faire les bons choix en dehors de toute pression partisane.

L’Union Européenne doit imposer ses normes sociales, fiscales et environnementales. Non pas dans l’idée de faire de l’Europe un bunker mais dans la volonté de mettre tout le monde sur un même pied d’égalité.

Instaurer un ajustement CO² aux frontières de l’Europe pour empêcher une concurrence déloyale est une idée largement partagée par tous les acteurs locaux (entreprises, syndicats, élus, ONG). Permettre des contrats d’électricité long terme pour éviter une explosion des tarifs et aider les industriels à avoir de la visibilité est aussi une piste intéressante à creuser.

Le développement et l’organisation de l’économie circulaire à travers le tri et le collectage des ferrailles (matière première indispensable) doit être encouragé.

S’interroger sur les nouveaux modes de gouvernance d’entreprise à travers une participation publique est une idée qui a fait ses preuves (Allemagne et Italie).

Ces quelques pistes de réflexion feront partie de mon rapport d’initiative intitulé « développement durable de la production des métaux de base » et sera présenté aux autres partis politiques le 18 mai prochain.

Le débat ne fait que commencer et nous verrons bien à ce moment-là qui défend vraiment l’industrie européenne. Le temps est venu de peser des actes.

Débat sur la situation de l’industrie sidérurgique en Europe (Strasbourg, 26/11/2014)

Monsieur le Président,

Madame la Commissaire Bienkowska,

Mes chers collègues,

Si nous voulons être justes et efficaces dans les mesures que nous prendrons en faveur d’un secteur sidérurgique européen performant, il faut que nous soyons au clair entre nous sur le diagnostic:

– Les sidérurgistes européens ont fermé plus de 42 ou 43 millions de tonnes de capacité depuis 2008, ce qui représente à raison de 10 salariés par million de tonne, 40 000 destructions d’emplois directs, et plus de 100 000 en comptant les emplois indirects et les sous-traitants impactés.

– Or nous ne sommes pas en situation de surcapacité: sur nos 170 millions de tonnes de capacité actuellement, nous ne sommes en excédent commercial que de 5 millions. En d’autres termes, si l’activité économique redémarre -il me semble que c’est un objectif que nous partageons-, alors nous deviendrons importateurs nets.

Il faut donc réagir, et vite. Car ce secteur qui est pourtant si structurant dans une majorité de pays européens, est plus que jamais en crise structurelle qui se manifeste par un sous-investissement chronique en matériels comme en formation des salariés.

C’est l’objet du rapport que j’aurai l’honneur de porter sur le « développement durable de l’industrie européenne des métaux de base » (acier, mais aussi cuivre, aluminium ou zinc).

Les producteurs européens doivent être sur un pied d’égalité avec leurs concurrents extra-européens, qui sont souvent soumis à des normes moins ambitieuses en matière sociale et environnementale. Mais pas question d’encourager un nivellement par le bas qui passerait par le détricotage de nos droits sociaux ou le reniement de nos objectifs sanitaires et climatiques. Faut-il le rappeler, nous n’avons qu’une santé et qu’une planète!

Nous devons au contraire initier un cercle vertueux. Et à ce stade, je ne vois que l’ajustement aux frontières comme moyen de remettre nos producteurs dans le jeu tout en incitant les autres à hausser leurs standards. Ce sera l’un des axes que je tâcherai de crédibiliser, en plus d’autres que je n’ai malheureusement pas le temps de développer ici.

Je me réjouis en tout cas que ce sujet recueille l’intérêt de mes collègues et de la Commission, et vous dis à très bientôt, car il y a urgence!

 

 

 

Responsabilité et détermination

Les 13 eurodéputé-e-s de la nouvelle délégation socialiste française se sont réunis, aujourd’hui, afin d’organiser leurs travaux pour cette nouvelle législature, et ont désigné Pervenche Berès comme présidente pour mener les négociations d’installation du nouveau Parlement européen. Pervenche Berès était tête de liste en Ile de France et des Français de l’étranger et présidente de la Commission emploi et affaires sociales dans le précédent mandat.

L’ensemble de la délégation tient d’abord à rendre hommage à Catherine Trautmann et à sa combativité, sa sincérité et sa détermination. C’est un pilier important de l’influence française au sein de cette institution qui manquera sur les questions du numérique et de l’énergie. Son parcours, ses compétences et sa capacité de travail constituent un atout que la France devrait savoir utiliser.

La précédente délégation était déjà composée de 13 eurodéputé-e-s : si c’est peu en quantité, le bilan de la législature précédente démontre que l’engagement et la pugnacité font plus que le nombre. Garantie jeunesse, aide aux plus démunis, détachement des travailleurs, taxe sur les transactions financières ou union bancaire : ces progrès, nous les revendiquons ! Responsables et déterminés, les membres de la délégation s’engagent à redoubler d’efforts dans l’intérêt des citoyens européens dans un contexte politique marqué par une crise profonde de défiance au regard de l’orientation européenne. Par l’investissement de chacun d’entre nous, au sein d’un groupe socialiste qui progresse, nous poursuivrons, sans relâche, notre combat pour une Europe solidaire, la transition écologique et l’emploi.

Nous prenons par ailleurs déjà rendez-vous pour les prochaines élections européennes : le bilan du Front national a toujours été inexistant. Il n’aura plus l’excuse du nombre pour masquer son incompétence et son inexistence. Ses alliances nauséabondes, la façon dont il a contourné la parité en forçant à démissionner deux de ses élues : nous savons que ce n’est pas ça, la France !

 

Membres de la délégation :

Eric Andrieu

Guillaume Balas

Pervenche Berès

Jean-Paul Denanot

Sylvie Guillaume

Louis-Joseph Manscour

Edouard Martin

Emmanuel Maurel

Gilles Pargneaux

Vincent Peillon

Christine Revault d’Allonnes-Bonnefoy

Virginie Rozière

Isabelle Thomas