Archives de catégorie : Interventions en plénière

EXPLICATIONS DE MES VOTES, SESSION PLÉNIÈRE DU 16 AU 19 AVRIL 2018

 

Décharge 2016: Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE)
Rapport:  Bart Staes (A8-0087/2018)
Rapport concernant la décharge sur l’exécution du budget de l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes pour l’exercice 2016
[COM(2017)0365 – C8-0281/2017 – 2017/2170(DEC)]
Commission du contrôle budgétaire

Égalité femmes-hommes : les institutions européennes doivent montrer l’exemple !

Nous le savons, le harcèlement sexuel se trouve dans tous les milieux et les institutions européennes ne sont pas épargnées par ce fléau. D’ailleurs, les travailleurs du Parlement européen se mobilisent sans relâche afin de faire appliquer intégralement la résolution 2017/2897 votée en octobre dernier. Celle-ci exige un audit externe du mécanisme de traitement des plaintes, une formation obligatoire pour les députés et une réforme de la composition des comités anti-harcèlement. Malheureusement, la semaine dernière, la presse nous a fait découvrir d’autres carences importantes dans le traitement de ce type de plaintes, cette fois-ci au sein de l’Institut Européen pour l’Égalité des Genres, pourtant censé lutter contre les discriminations genrées. C’est avec stupéfaction que j’ai pris connaissance des témoignages d’employés qui décrivent un quotidien où les commentaires sexistes n’étaient que banalité et où les stagiaires étaient de véritables proies pour certains hommes travaillant dans cet institut. Or, la direction de cette agence semble vouloir régler ces cas de manière informelle, ce qui revient en d’autres termes, à cacher la poussière sous le tapis.

J’ai donc voté contre la décharge pour cet institut qui, de par sa gestion interne des cas de harcèlement sexuel, ne respecte pas ses missions.

 

Décharge 2016: Budget général de l’UE – Comité des régions
Rapport:  Ingeborg Gräßle (A8-0117/2018)
Rapport concernant la décharge sur l’exécution du budget général de l’Union européenne pour l’exercice 2016, section VII –
[COM(2017)0365 – C8-0253/2017 – 2017/2142(DEC)]
Commission du contrôle budgétaire

Comité des régions : À quand une protection des lanceurs d’alerte ?

Les institutions européennes ne cessent de le répéter : transparence et démocratie sont des valeurs essentielles et inhérentes au projet européen. Pourtant à la lumière de certains événements se déroulant au sein même de ces institutions, bon nombre de citoyens n’auraient pas de peine à dénoncer une hypocrisie flagrante résultant d’un décalage parfois évident entre nos discours et nos actions. Ce qui est arrivé à Robert McCoy en est un exemple. En 2000, alors qu’il était contrôleur de gestion au Comité des Régions, Robert McCoy a dénoncé des faits systématiques de fraude et de détournement de fonds. Il a été mis à la porte sans ménagement. En 2014, le Comité des Régions a été condamné à lui verser 20 000 euros de dédommagements, somme qui n’a toujours pas été versée à ce jour. De surcroit, aucune mesure interne n’a été mise en place afin de protéger les lanceurs d’alerte depuis, ce qui signifie que des faits similaires ont peut-être été passés sous silence par des employés qui ont eu peur de perdre leur emploi. Ce type d’agissements n’est pas acceptable et fait perdre en crédibilité à nos institutions.

J’ai donc voté contre la décharge pour le Comité des Régions.

 

Discharge 2016: EU general budget – Commission and executive agencies
Report:  Joachim Zeller (A8-0137/2018)
Report on discharge in respect of the implementation of the general budget of the European Union for the financial year 2016, Section III – Commission and executive agencies
[COM(2017)0365 – C8-0247/2017 – 2017/2136(DEC)]
Committee on Budgetary Control

Affaire Selmayr : la Commission européenne n’est pas dispensée du respect des règles démocratiques

De par son rôle de gardienne des traités, la Commission européenne dénonce, à juste titre, les agissements des États membres ne respectant pas les valeurs de l’Union européenne. La Hongrie a été interpellée à plusieurs reprises à ce sujet et la Pologne a vu la procédure de risque de violation de l’État de droit, enclenchée à son encontre en décembre dernier. Mais comment conserver toute sa crédibilité lorsque la Commission européenne ne respecte pas ses propres règles et peut se voir reprocher un comportement tout aussi anti-démocratique que celui dénoncé chez certains États membres? Après la nomination éclair de Martin Selmayr (promotion la plus rapide de tous les temps !), ancien directeur de cabinet de Jean-Claude Juncker, au poste de secrétaire général de la Commission européenne, cette question se pose et mérite une réponse bien argumentée. En effet, il semble difficile d’expliquer comment sans avis de poste vacant ni inscription à l’ordre du jour et consultation des commissaires, il est possible de placer du jour au lendemain quelqu’un à la tête de la Commission européenne.

Afin de crédibiliser le message critique de la résolution dédiée à cette affaire, votée le même jour, je me suis positionné pour ne pas approuver la décharge de la Commission

 

 

Accord de coopération scientifique et technologique UE/Liban: participation du Liban au partenariat en matière de recherche et d’innovation dans la zone méditerranéenne (PRIMA)
Recommandation:  Sofia Sakorafa (A8-0352/2017)
Recommandation sur le projet de décision du Conseil relative à la conclusion de l’accord de coopération scientifique et technologique entre l’Union européenne et la République libanaise fixant les conditions et modalités de la participation de la République libanaise au partenariat en matière de recherche et d’innovation dans la zone méditerranéenne (PRIMA)
[11967/2017 – C8-0344/2017 – 2017/0199(NLE)]
Commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie

Accord de coopération recherche & innovation entre l’UE et le Liban

Lancée en 2004, la politique européenne de voisinage (PEV) lie l’Union européenne à 16 États avec lesquels elle partage une frontière maritime ou terrestre. En élaborant des projets communs dans les domaines de la sécurité, de la migration, du développement économique et de la démocratie, il s’agit donc de garantir un espace de stabilité et d’échange où les intérêts et besoins de chaque pays sont pris en compte. Situé au Moyen-Orient, le Liban fait partie de cette politique européenne de voisinage de par sa frontière maritime et bénéficie à ce titre d’un soutien politique, technique et financier de l’Union européenne. Ainsi, soutenir la participation du Liban au partenariat en matière de recherche et d’innovation dans la zone méditerranéenne (PRIMA) s’inscrit dans cette logique, puisqu’il s’agit de l’aider à améliorer son système d’approvisionnement et de gestion d’eau et de produits agro-alimentaires. À plus long terme, les travaux réalisés dans le cadre de ce partenariat nous permettront sans doute d’élaborer des solutions coordonnées et respectueuses des droits humains face aux enjeux migratoires de cette zone où, aujourd’hui encore, les déplacements forcés font partie du triste quotidien de certaines populations.

Pour ces raisons, j’ai voté en faveur de cette recommandation.

 

 

Lignes directrices pour les politiques de l’emploi des États membres
Rapport:  Miroslavs Mitrofanovs (A8-0140/2018)
Rapport sur la proposition de décision du Conseil relative aux lignes directrices pour les politiques de l’emploi des États membres
[COM(2017)0677 – C8-0424/2017 – 2017/0305(NLE)]
Commission de l’emploi et des affaires sociales

Pour nos emplois : de la quantité … et de la qualité !

Protéger les emplois des citoyens européens est important, le faire en garantissant les meilleures conditions de travail possibles l’est tout autant. Dans ce rapport, nous appelons donc la Commission à être davantage ambitieuse et à ne pas se soucier uniquement du volet économique des politiques de l’emploi des États membres. En effet, il convient de prêter attention aux évolutions numériques, technologiques et environnementales qui bouleversent la manière dont nous avons conçu l’emploi jusqu’à présent. Bien sûr, les droits sociaux des travailleurs doivent également se trouver au cœur des préoccupations : la lutte contre toute forme de discrimination, d’exclusion et de précarité est une priorité. C’est pour cela que nous rappelons la nécessité, pour la Commission européenne comme pour les États membres, de consulter la société civile dans l’élaboration de ces politiques. Dans cette même logique, nous souhaitons que le Parlement européen et plus particulièrement la commission dédiée à l’emploi et aux affaires sociales, puisse être incluse dans le processus de coopération des instances préparatoires du Conseil. Cela lui permettra de s’assurer que les intérêts des citoyens soient bien entendus par les États membres.

Adhérant pleinement à ces revendications, j’ai voté en faveur de ce rapport.

 

Mise en oeuvre de la directive 2011/99/UE relative à la décision de protection européenne
Rapport:  Soraya Post, Teresa Jiménez-Becerril Barrio (A8-0065/2018)
Rapport sur la mise en oeuvre de la directive 2011/99/UE relative à la décision de protection européenne
[2016/2329(INI)]
Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures

Pour une protection européenne efficace

Depuis janvier 2015, les citoyens européens jouissant d’une protection dans leur État – qu’elle soit issue d’une procédure pénale ou civile – peuvent se voir reconnaître une protection similaire à échelle européenne. Cela leur permet de conserver leur liberté de circulation sans craindre de croiser l’individu qui les importune. Pourtant, à ce jour, seules 7 décisions de protection européenne ont été rendues alors même qu’elles sont bien plus nombreuses au niveau national. En 2010 par exemple, ce sont plus de 100 000 femmes résidant au sein de l’Union européenne qui ont fait l’objet de cette protection dans leur État, car victimes de compagnons violents ou d’harceleurs. Cet écart considérable de protection entre les échelles nationale et européenne résulte de plusieurs facteurs : peu d’informations à l’intention des victimes, des systèmes nationaux ne prenant pas en considération les besoins spécifiques de victimes venant d’autres États membres, un manque de rapidité dans l’exécution de la décision ainsi qu’un manque de formation des professionnels en charge d’appliquer cette décision… Ce rapport invite les États membres et la Commission européenne à pallier à ces manquements.

En tant que membre de la commission parlementaire FEMM, j’ai logiquement voté en faveur de ce rapport.

 

L’égalité des genres dans le secteur des médias au sein de l’Union européenne
Rapport:  Michaela Šojdrová (A8-0031/2018)
Rapport sur l’égalité des genres dans le secteur des médias au sein de l’Union européenne
[2017/2210(INI)]
Commission des droits de la femme et de l’égalité des genres

Medias : laissons la parole aux femmes

Omniprésents dans le quotidien des citoyens européens, les médias ont un pouvoir d’influence conséquent sur la société et de ce fait ont pour responsabilité de représenter les femmes et les hommes de manière égale et digne. Pourtant, il suffit de comparer quelques journaux télévisés, événements sportifs ou autres émissions politiques pour se rendre compte que les femmes y sont souvent sous-représentées ou leur parole sous-estimée. À ces éléments s’ajoutent d’autres potentiels obstacles empêchant les femmes de s’épanouir dans leur carrière professionnelle audiovisuelle : commentaires sexistes, agressions sexuelles banalisées sous couvert de « baisers volés », inégalités salariales et plafond de verre ne leur permettant pas d’atteindre les postes de direction…À titre d’exemple, en 2017, seuls 35,8% des postes exécutifs dans le secteur médiatique et à échelle européenne étaient occupés par des femmes. Nous avons le devoir de rappeler aux États membres les valeurs qu’ils se sont engagés à respecter. L’égalité des genres en est une et elle nécessite un engagement ferme dans tous les domaines.

Pour ces raisons et dans la continuité de mon engagement pris le mois dernier contre les stéréotypes de genre véhiculés dans la publicité, j’ai voté en faveur de ce rapport.

 

Décharge 2016: Budget général de l’UE – Parlement européen

Rapport:  Derek Vaughan (A8-0105/2018)
Rapport concernant la décharge sur l’exécution du budget général de l’Union européenne pour l’exercice 2016, section I – Parlement européen
[COM(2017)0365 – C8-0248/2017 – 2017/2137(DEC)]
Commission du contrôle budgétaire

Parlement européen : vers l’application concrète de mesures contre le harcèlement sexuel

En octobre dernier, les députés européens ont voté avec une large majorité, une résolution destinée à lutter efficacement contre le harcèlement sexuel au sein du Parlement européen. L’institution devait notamment mettre en œuvre trois mesures essentielles : une formation obligatoire des députés et fonctionnaires au poste de pouvoir au sujet du harcèlement sexuel et moral ; la mobilisation d’experts indépendants afin d’améliorer le mécanisme interne du traitement des plaintes et une réforme de la composition des comités anti-harcèlement afin que la victime puisse se sentir libre de s’exprimer sans crainte pour la confidentialité de sa plainte ou pour la pérennité de son emploi et pour qu’elle puisse bénéficier d’un soutien médical approprié. Malheureusement, malgré cet appel à agir, aucune mesure concrète n’a été mise en place jusqu’à présent. À l’occasion du vote relatif à la décharge du budget du Parlement européen, nous avons donc rappelé qu’il était fondamental d’appliquer cette décision qui a été votée dans le respect des règles démocratiques il y a maintenant six mois. J’ai donc voté en faveur de ce rapport et je salue le fait que la majorité de mes collègues, tous groupes politiques confondus, aient décidé de faire de même.

 

Performance énergétique des bâtiments
Rapport:  Bendt Bendtsen (A8-0314/2017)
Rapport sur la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil modifiant la directive 2010/31/UE sur la performance énergétique des bâtiments
[COM(2016)0765 – C8-0499/2016 – 2016/0381(COD)]
Commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie

Performance énergétique des bâtiments, la première pièce du paquet énergie propre

L’Union européenne se trouve aujourd’hui face à de multiples défis énergétiques : objectif de réduction des importations d’énergie et ainsi de la dépendance à d’autres acteurs mondiaux ; volonté d’alléger les factures énergétiques des foyers européens ; détermination à stimuler la croissance et à créer des emplois ; intention ferme de respecter l’ensemble de ses engagements environnementaux… Afin de répondre à ces défis avec efficacité, il était important de se soucier de la performance énergétique des bâtiments et cela à échelle européenne: en effet, le chauffage/refroidissement des bâtiments représente 40% de la facture énergétique européenne! L’accord trouvé sur cette directive demande aux États membres d’élaborer des stratégies nationales de rénovation des bâtiments ambitieuses et coordonnées permettant de diminuer l’utilisation de combustibles fossiles tels que le charbon au profit d’énergies renouvelables comme l’énergie solaire ou éolienne par exemple. Cela doit passer par des incitations à la rénovation énergétique comme des prêts facilités aux consommateurs par exemple. Le texte anticipe également la transition de la flotte de véhicules individuels vers des carburants alternatifs et l’électrique, avec notamment des obligations s’agissant des bornes de recharge pour les bâtiments incluant des places de stationnement.
Relativement satisfait de ces mesures et afin de donner une impulsion positive aux négociations en  cours sur les autres textes de ce paquet si crucial pour notre transition énergétique et écologique, j’ai voté pour le texte.

 

 

Protection des journalistes d’investigation en Europe: le cas du journaliste slovaque Ján Kuciak et de Martina Kušnírová
Propositions de résolution
[2018/2628(RSP)]
B8-0186/2018
Débat: Mercredi 14 mars 2018

Protéger les journalistes au nom de la démocratie européenne

En octobre dernier, la journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia enquêtait sur des faits de corruption. Elle a été tuée après qu’une bombe ait été placée sous sa voiture.  Il y a près de deux mois, alors qu’il menait une enquête au sujet de réseaux mafieux ayant extorqué des subventions européennes, c’est le journaliste slovaque Jan Kuciak qui a été assassiné  à son domicile. Sa compagne Martina Kusnirova a également été abattue. Il est inacceptable qu’aujourd’hui, de tels événements puissent se produire au sein de l’Union européenne où le journalisme d’investigation doit avoir toute sa place car grandement utile au contrôle démocratique de notre société. Cette résolution invite donc les autorités slovaques à mobiliser tous les moyens nécessaires dans cette enquête afin de trouver et de condamner les auteurs de cet assassinat. Une coopération avec l’agence européenne Europol serait utile à cet égard. Par ailleurs, les États membres comme les institutions européennes sont vivement encouragés à se mobiliser davantage dans la lutte contre la corruption et pour la protection des journalistes et lanceurs d’alerte qui exercent leur mission d’intérêt général parfois au sacrifice de leur vie.

Estimant ces mesures nécessaires et urgentes, j’ai voté en faveur de cette résolution.

 

État prévisionnel des recettes et des dépenses pour l’exercice 2019 – section I – Parlement européen
Rapport:  Paul Rübig (A8-0146/2018)
Rapport sur l’état prévisionnel des recettes et des dépenses du Parlement européen pour l’exercice 2019
[2018/2001(BUD)]
Commission des budgets

Budget du Parlement européen 2019 : cap vers les élections européennes

En vue des prochaines élections européennes ayant lieu en mai 2019, une hausse du budget du Parlement européen à hauteur de 3,90% a été proposée, lui permettant ainsi de concentrer ses efforts autour de quelques priorités : sa stratégie de communication institutionnelle ; la sécurisation et l’optimisation de ses locaux ; la promotion de transports plus respectueux de l’environnement pour les députés comme pour le personnel…Avec l’ensemble de mes collègues socialistes ainsi qu’avec quelques autres familles politiques, nous avons tenu à attirer l’attention du secrétariat général sur d’autres éléments à prendre en considération dans la perspective de la nouvelle législature. En effet, par souci de clarté, nous appelons à davantage de transparence en ce qui concerne les décisions relatives à la politique des bâtiments et de l’immobilier ainsi qu’à une redéfinition des règles d’utilisation de l’enveloppe frais généraux. Ces requêtes ayant été prises en compte, j’ai voté en faveur de ce rapport.

 

 

Explications de mes votes, session plénière du 12 au 15 mars 2018

 

Financement du Fonds de recherche du charbon et de l’acier (FRCA) 

Investir dans la recherche est fondamental et cela est d’autant plus vrai pour les secteurs du charbon et de l’acier, qui ont été à l’origine de la construction communautaire et qui doivent rester au cœur du projet européen. A l’heure actuelle, la Banque centrale européenne se montre frileuse à l’égard des placements financiers nécessaires aux investissements pour le Fonds de recherche du charbon et de l’acier (FRCA). Une diminution de 19 millions d’euros est prévue cette année et cette enveloppe devrait encore être allégée en 2019. Pour pallier à ces réductions non négligeables, la Commission européenne et le Conseil suggèrent d’utiliser les dégagements réalisés pour le FRCA depuis 2003. Cela permettrait donc d’ajouter 40 millions d’euros au FRCA pour l’année 2018 sans impacter le budget de l’Union européenne. Bien qu’il s’agisse d’une mesure à court terme, elle reste nécessaire pour ne pas entraver la compétitivité et l’innovation, maintenir l’emploi et trouver des méthodes de production plus respectueuses de l’environnement dans le domaine du charbon et de l’acier; bref, faire de ce fonds un outil pour la transition juste, comme le souhaite le Parlement.. En tant que membre des commissions ITRE et EMPL, ces considérations me tiennent à cœur.  J’ai donc voté pour l’approbation de cette recommandation.

 

Résolution – Égalité femmes-hommes dans les accords commerciaux de l’UE

En 1997, l’Union européenne s’est engagée à considérer l’objectif d’égalité femmes-hommes dans toutes ses politiques. Il est donc logique que les politiques commerciales souscrivent à cet objectif, d’autant plus qu’il s’agit d’un domaine où les inégalités de genre sont encore particulièrement visibles. En effet, les femmes gagnent en moyenne 17% de moins que les hommes à l’échelle de l’Union européenne et elles occupent généralement des professions moins bien rémunérées ou à temps partiel. Cela signifie qu’aujourd’hui, malgré leur contribution indispensable à l’économie européenne, les femmes n’abordent pas les accords commerciaux à armes égales, puisque ceux-ci ne prennent pas en compte ces désavantages structurels. Cette résolution suggère à la Commission de prendre en compte ces inégalités afin que les accords commerciaux aient des conséquences semblables pour les femmes et les hommes, tout en considérant des mesures pour diminuer les inégalités existantes. En tant que membre des commissions parlementaires FEMM et EMPL, je salue également l’appel à ratifier, au nom de l’Union européenne, la Convention sur l’Élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et la nécessité d’inclure les conventions de l’Organisation Internationale du Travail dans les accords commerciaux. Par conséquent, j’ai voté en faveur de cette résolution.

 

Objection aux projets d’intérêt commun de la Commission dans le domaine de l’énergie

Le 24 novembre dernier, la Commission européenne a fait part de ses projets d’intérêt commun (PIC) dans le domaine de l’énergie. Ces PIC sont censés permettre à l’Union européenne de respecter ses objectifs climatiques et énergétiques et peuvent être mis en place rapidement tout en bénéficiant de subventions publiques conséquentes (en particulier via le Mécanisme pour l’Interconnexion en Europe et/ou par la BEI). Pourtant, à la lecture du règlement produit par la Commission, il semble évident que les projets proposés ne concordent pas avec les objectifs fixés :

–   Contrairement à ce qui a été annoncé par la Commission, le nombre de projets dans le secteur du gaz a augmenté. 77 en 2015, ils sont près d’une centaine aujourd’hui. Or, le gaz étant une énergie fossile, il est nécessaire de les limiter si nous voulons respecter nos engagements climatiques au niveau européen et international;

– De plus, l’Union européenne (à l’exception de certaines zones géographiques bien identifiées) a d’ores et déjà les ressources suffisantes pour être indépendante en termes de consommation de gaz et cela au moins jusqu’en 2040. Construire davantage d’installations ne fera qu’augmenter les factures des foyers européens;

– Ces projets coûteux se font au sacrifice de projets dans le secteur de l’électricité et de projets permettant de soutenir la transition énergétique.

 Pour ces raisons, j’ai voté en faveur de l’objection à ces PIC.

 

Résolution – Programme européen de développement industriel dans le domaine de la défense

Considérant la diversité des menaces qui pèsent sur les États membres de l’Union européenne et l’inquiétude des citoyens à ce sujet, la Commission européenne a proposé en juin dernier, la mise en place d’un Fonds européen de défense. Il s’agit de mettre en commun, sur l’a base d’une analyse conjointe des besoins, nos efforts de R&D ou de prototypage et les financements afférents. Ces propositions sont pertinentes : le budget agrégé des États membres consacré à la défense est bien plus faible que celui des États-Unis, de la Chine ou encore de la Russie. De plus, le manque de coopération entre les États crée des situations où chacun achète du matériel de son côté (y-compris à des fournisseurs non-Européens) et dépense énormément pour cela quand nous pourrions diversifier nos achats en en partageant l’usage. 25 à 100 milliards d’euros par an seraient alors économisés et nous accroîtrions notre indépendance. Pour permettre à l’Union européenne d’être innovante et compétitive dans le cadre de sa PSDC, allouer un budget de 500 millions d’euros à ce fonds en plus des budgets nationaux et encourager la coopération transfrontalière entre les acteurs industriels, grands groupes comme PME, est nécessaire (pour autant que cela n’impacte pas d’autres programmes européens déja en place). Censé être opérationnel le 1 janvier 2019, il faut dès à présent commencer à négocier ce règlement. J’ai donc voté en faveur du mandat de trilogue.

  

Résolution – Semestre européen: emploi et aspects sociaux dans le cadre de l’examen annuel de la croissance 2018

L’examen annuel de la croissance est censé permettre à l’Union européenne d’énumérer ses priorités socio-économiques pour l’année suivante. Aujourd’hui, des problèmes importants persistent. Le chômage des jeunes qui s’élève à 16,6% à l’échelle de l’Union européenne, les faibles retraites des personnes âgées, le manque d’inclusion des personnes handicapées, les inégalités salariales femmes-hommes qui atteignent près de 17%… Avec certains de mes collègues socialistes, radicaux et verts, nous avons déposé des amendements afin de garantir la prise en compte de ces problématiques. L’amendement concernant l’importance de la négociation collective pour garantir des conditions de travail de qualité et lutter contre la pauvreté des travailleurs a été adopté. Cependant, d’autres amendements de gauche ont été rejetés : – la nécessité d’analyser l’incidence sociale de toute mesure budgétaire et d’investir davantage dans les droits sociaux ;

– le développement de nouveaux indicateurs notamment concernant la situation des femmes sur le marché de l’emploi, l’adéquation des retraites et l’intégration des personnes handicapées ;

– un cadre commun pour que chaque État mette en place des prestations de revenus minimum ;

– la transparence des rémunérations pour assurer une véritable égalité salariale femmes-hommes ;

J’ai voté contre cette résolution à cause de son manque d’ambition.

 

 

 

 

 

 

 

Intervention en Plénière : « Si les mesures unilatérales de Trump sont détestables, le fond de sa décision mérite réflexion »

 

Intervention en séance plénière le 14 mars 2018 à Strasbourg

Monsieur le Président, au préalable, j’aurais aimé éclairer M. Bay – mais il n’est plus là, c’est dommage – et l’informer qu’à Florange il y a encore plus de 2 000 travailleurs qui transforment chaque année près de 3 millions de tonnes d’acier.

Ceci étant dit, même s’il est vrai que les mesures unilatérales de Trump sont détestables, le fond de sa décision mérite réflexion. C’est la question de l’avenir de l’industrie qui est posée. Aujourd’hui les États-Unis, demain l’Union européenne, car nous souffrons des mêmes symptômes: le manque d’investissement et le manque d’anticipation.

On nous répond en sautant comme des cabris: libre-échange, libre-échange, libre échange. Mais de quel libre-échange parle-t-on? Quel est le juste prix? Si le libre échange ne consiste qu’à tirer toujours les prix vers le bas, la Chine va nous mettre tous à genoux. Donc il ne faut pas répondre à la provocation par la provocation, au contraire! Vous devez et nous devons être à l’offensive pour demander en urgence une révision des règles de l’OMC pour réintroduire le social et l’environnemental dans la fixation des prix internationaux.

Ajustement carbone aux frontières pour protéger le climat, l’environnement, l’emploi

Intervention en séance plénière, le 5 février 2018 à Strasbourg

« Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, je crains qu’une nouvelle fois nous ne rations le train de l’histoire, car le texte qui nous est proposé est un texte fade. Il est fade parce que, tout au long des discussions, les uns pour des intérêts nationaux, les autres pour des intérêts sectoriels ou d’autres pour les deux en même temps, en arrivent à ces résultats.

Vous n’êtes pas sans savoir que je défends l’ajustement carbone aux frontières mais, vous même, vous vous y êtes toujours opposé parce que vous disiez – vous dites toujours – que c’est une mesure protectionniste. Protectionniste, oui: protectionniste du climat, de l’environnement, des emplois. Je plaide donc pour l’ajustement carbone aux frontières. D’ailleurs, beaucoup de pays tiers, dont la Chine, l’ont très bien compris et investissent massivement pour décarboner leur industrie et leur économie.

Imaginez le ridicule de la chose si demain, dans cinq ans, dans dix ans, les produits importés sont moins carbonés que les nôtres. Nous aurons l’air idiot, ne trouvez-vous pas, Monsieur le Commissaire? C’est donc pour cela que nous manquons d’ambition et là nous avons raté le train de l’histoire. Et vous savez, moi, les soupes fades, je n’aime pas les manger. »

Les mutilations génitales féminines sont des actes barbares

 

Intervention en séance plénière le 6 février 2018, à Strasbourg

« Madame la Présidente, les mutilations génitales féminines sont des actes barbares qu’il faut évidemment condamner et que je condamne. Mais j’ai entendu, ici, des propos tout aussi barbares, et à ceux-là je veux leur crier la chose suivante: «la souffrance n’a ni frontière ni couleur politique. La souffrance est comme le droit, elle est universelle.» Puis, je voudrais dire à Mme la Commissaire que les années se suivent et se ressemblent. Nous avons toujours les mêmes débats et, pour autant, malgré nos discours empreints de bons sentiments, cela a été dit, ces actes barbares continuent et c’est criminel.

D’ici 2030, hélas, 15 millions de nouvelles victimes viendront grossir ces rangs. Alors que faisons-nous? Je regarde l’initiative Spotlight de la Commission avec beaucoup d’espoir, avec l’espoir d’être rassuré sur les effets réels qu’elle aura sur ces femmes et ces filles laissées pour compte. Une société peut-elle perdurer quand une partie de sa jeunesse, a priori force vive du développement, est mise de côté et fait l’objet de souffrances.

Par conséquent, il y a deux investissements majeurs qui n’ont pas de prix! Deux! Le premier, c’est l’accès à la santé. Il nous faut accentuer le financement des plannings familiaux. La Commission doit donc revoir à la hausse son engagement financier dans le programme «planning familial 2020». Nous devons inscrire les droits sexuels et reproductifs dans nos prévisions budgétaires et donc faire cesser l’hypocrisie. Le deuxième investissement, c’est l’éducation, partout et pour tous, puisqu’aucune tradition ne saurait justifier quelque violence sexuelle que ce soit. C’est aussi la raison pour laquelle le financement du planning familial est une priorité cruciale. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Salamita, cette jeune Malienne de 14 ans, qui dit: «Au centre de santé, j’apprends beaucoup. J’ai appris les conséquences de l’excision, par exemple. Je n’osais pas en parler chez moi. Maintenant je suis écoutée par ma famille parce que l’information vient du centre de santé.»

C’est en éduquant les filles que nous pourrons sauver toutes les générations à venir. Par conséquent, Madame la Commissaire, de grâce, assez de discours, des actes. C’est urgent et c’est maintenant! »