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Le défi européen d’Edouard Martin (LCP)

https://www.youtube.com/watch?v=KE3BEwZE3DY

SYNOPSIS : C’est un journal de bord en forme de feuilleton à suspense. Le défi d’un ouvrier sidérurgiste qui a décidé de changer de costume et de s’engager en politique. A Florange, il était le leader charismatique des salariés d’ArcelorMittal, figure syndicale et médiatique qui s’est révélée au fil de la mobilisation contre la fermeture des hauts fourneaux de Lorraine. En décidant de rejoindre le Par ti socialiste pour les élections européennes , Edouard Martin est devenu une cible. De sa campagne dans le Grand Est à ses premier s pas de candidat à la Mutualité jusqu’au Parlement européen… Comment Edouard Martin a-t-il négocié son virage militant ? A-t-il su garder cette liber té de parole qui l’avait rendu si populaire ? Réussit-il à défendre son projet de réindustrialisation, pour une Europe sociale et citoyenne ?
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Info Documentaire :
Titre original: GRAND ÉCRAN : LE DEFI EUROPEEN D EDOUARD MARTIN
Réalisé par: Anne Gintzburger
Présenté par: Anne Gintzburger, Emilie Aubry.
Genre: Documentaire – Culture Infos – Politique – Société
Origine du média : LCP – Français
Date de sortie: 01 Novembre 2014
Durée : 49 min 33s
Qualité : PDTV
Format : MPEG-4
Langue : Français

Un sommet pour la zone euro, … il est temps !

La presse a essentiellement retenu du Conseil européen la désignation des nouveaux visages de l’Union européenne, le duo Donald Tusk-Federica Mogherini – qui succèderait à Herman Van Rompuy – Catherine Ashton.

Pourtant, la bonne nouvelle de ce Conseil européen, c’est l’accord des chefs d’Etat et de Gouvernement  sur l’organisation d’un sommet dédié à la situation économique de la zone euro, même s’il eut été préférable de l’organiser en parallèle de celui dédié à l’emploi des jeunes. A l’heure où la déflation menace, cette ouverture, voulue par le président de la République française, François Hollande, doit être pleinement exploitée.

Après le discours à Jackson Hole de Monsieur Mario Draghi en faveur, notamment, d’un soutien de la demande agrégée en Europe, Monsieur Barroso doit reconnaître ses erreurs et cesser de freiner la réorientation de l’Europe vers plus de croissance et d’investissement. Monsieur Juncker doit entendre le message des banquiers centraux et refléter cette priorité dans l’organisation et la composition du futur collège des Commissaires. Il doit faire entendre sa voix de président de la Commission européenne, garante de l’intérêt général européen.

La situation exceptionnelle que l’Europe affronte – chômage trop fort, croissance trop faible, et inflation trop faible – doit être analysée de manière approfondie sans avoir peur de toucher à des tabous comme le calendrier de réduction des déficits, la prise en compte de l’impact d’absence de croissance ou d’inflation, le manque de demande ou d’investissement ici ou là.

Enfin, Monsieur Juncker s’est engagé, pour obtenir la confiance du Parlement européen, à mettre en œuvre un plan d’investissement de 300 milliards d’euros sur trois ans. Nous attendons des clarifications sur son contenu, son calendrier et surtout son financement !

Un pas pour la démocratie, incertitude sur la réorientation

Tribune de la délégation socialiste française publiée dans le Huffington Post

Les dernières élections européennes ont vu naître une grande première : les partis politiques ont parlementarisé l’Union européenne en proposant que le candidat arrivé en tête soit désigné par le Conseil européen et chargé de constituer une majorité au Parlement européen. Monsieur Juncker n’était pas notre candidat, ni celui des Socialistes et des Radicaux européens. Ensemble, nous avons soutenu Martin Schulz. Mais nous n’avons pas gagné.

Nous avons deux objectifs : poursuivre la démocratisation de l’Europe et réorienter celle-ci par une relance de l’investissement et de l’emploi.

Le candidat du parti arrivé en tête n’a pas de majorité à lui seul : ainsi nous pouvons mettre en place un rapport de force pour infléchir le programme de travail de la Commission. Ce saut démocratique nous donne de nouveaux atouts pour peser sur le programme du candidat, mais aussi pour le juger et influencer sa mise en œuvre tout au long de son mandat.

A l’échelle de l’Union, sous l’impulsion du président de la République lors du Conseil européen du 27 juin dernier, nos idées pour réorienter l’Europe progressent. Notre tâche de parlementaires est de traduire cette dynamique, de renforcer notre influence et notre action là où c’est possible, dans les engagements que le candidat prend devant nous.

Avec le Parti socialiste, avec le Parti socialiste européen, avec le groupe des Socialistes et Démocrates nous avons lancé nos propositions dans le débat public. Nous avons demandé une discussion franche sur la feuille de route de la prochaine Commission car, pour nous, le contenu du projet prime sur ceux qui le portent ; nous avons obtenu cette discussion.

Nous avons entendu Monsieur Juncker devant notre groupe et en plénière dire qu’il était candidat parce qu’il n’aime pas l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui, dire sa priorité en faveur de la croissance et de l’emploi, accepter d’utiliser la flexibilité du Pacte de stabilité et de croissance, soutenir la libre circulation des travailleurs et la dimension sociale des politiques économiques, s’engager sur la taxation sur le lieu de production, ré-ouvrir la directive détachement des travailleurs, plaider « à travail égal, droits égaux », prôner des ressources propres, vouloir organiser l’immigration légale ou juger inutile tout mécanisme de règlements des différends.

Certes, tout cela vient en écho à nos propositions parce que nous avons été unis dans les demandes, responsables et, au terme de notre stratégie, influents. Toutefois, l’audition de Monsieur Juncker nous a confirmé la différence entre la gauche et la droite de l’Hémicycle. Pour l’instant, nous ne sommes pas convaincus qu’il tiendra suffisamment compte de nos propositions pour répondre au désarroi et à la défiance de ceux qui souffrent des politiques d’austérité. Nous voulons qu’il s’engage plus loin avant de pouvoir compter sur nos voix.

Quelles sont les mesures que nous voulons voir mises en œuvre le plus rapidement possible ?

Les besoins en investissement pour la croissance et l’emploi en Europe se chiffrent à 200 milliards d’euros par an. C’est pourquoi nous militons depuis longtemps pour un assouplissement des règles du Pacte de stabilité : Monsieur Juncker s’est déclaré favorable à un « Pacte de stabilité avec flexibilité ». Il doit utiliser pleinement les conclusions du Conseil européen comme point d’appui. Il faut ouvrir le débat sur les dépenses à exclure du calcul des déficits : contributions nationales au budget européen ? Dépenses en matière de défense ? Investissements dans le numérique ? Dans les infrastructures ? Nous voulons des engagements lisibles.

Le budget européen, voté en 2013, n’est pas à la hauteur. Le Parlement avait alors conditionné son vote à une révision budgétaire : le candidat-président ne s’est pas montré défavorable à notre proposition, mais n’a pas, pour l’instant, pris d’engagement suffisant en termes de calendrier ou de contenu. A nos yeux, le budget européen doit enfin devenir un outil de stabilisation macro-économique au sein de l’Union, mobilisant tous les moyens, comme les garanties de projets ou la BEI.

Le chômage, qui touche 5 millions de jeunes, est pour nous un sujet majeur. Monsieur Juncker refuse, pour l’instant, de porter la dotation de la garantie jeunesse à 21 milliards d’euros, au motif que les 6 milliards déjà alloués ne seraient pas encore consommés. Mais nous savons que cette somme est insuffisante et nous maintenons que cette mesure doit s’appliquer aux jeunes jusqu’à 30 ans.

Sur la convergence fiscale et sociale, qui nous permettra de mettre fin à la concurrence déloyale intra-européenne, sur l’immigration, sur le juste échange pour lutter contre la concurrence déloyale extra-européenne, là aussi nous souhaitons plus de volontarisme.

Bref, pour nous, même s’il est un candidat pro-européen, il ne nous est pas possible, aujourd’hui, de voter en faveur de Monsieur Juncker.

Parce que nous avons fait ce choix de responsabilité, parce que nous devons peser et négocier pour obtenir plus de garanties et de réelles avancées pour sortir l’Europe et ses citoyens de la crise qu’ils traversent : unis, nous choisissons de nous abstenir, de peser sur le rapport de force et de rester en pointe d’un combat où l’exigence et la vigilance seront de tous les instants. Où chacune de nos voix sera âprement négociée, notamment quand nous aurons à juger de la volonté et de la capacité de chacun des commissaires et du futur collège dans son ensemble. Où nous placerons le président de la Commission et le collège des commissaires sous surveillance renforcée. Où nous démultiplierons tout notre potentiel et utiliserons les leviers dont nous disposons pour réorienter l’Union vers plus de prospérité, de justice, de solidarité. Pour que l’Europe cesse enfin d’être le problème pour les Français et les Européens et redevienne la solution aux yeux des citoyens.