Tous les articles par Edouard Martin

Expressions Plurielles

 

Expressions Plurielles est le fruit d’une action collective et partenariale engagée depuis quatre ans à Vandoeuvre les Nancy dans le cadre de la journée internationale des droits des femmes.

Ce collectif est aujourd’hui composé de 7 structures locales de nature et d’objets différents (Association, MJC et Médiathèque) qui se sont associées autour d’un projet d’intérêt commun pour gagner en complémentarité.

Ce groupe est ouvert à d’autres partenaires qui souhaiteraient agir dans le cadre d’une action de sensibilisation à l’Egalité entre les hommes et les femmes.

Ce collectif est né à Vandoeuvre les Nancy du constat de plusieurs acteurs locaux de la persistance voire du renforcement des discriminations entre les hommes et les femmes.

Ce collectif composé d’une équipe de 12 acteurs engagés dans la conduite de ce projet est constitué de personnes différentes de par leurs fonctions, leurs missions et la nature de leur structure d’appartenance, leur statut (professionnel ou bénévole), leur sensibilité, leur sexe.

Le 3 octobre 2018, à la médiathèque Jules Verne de Vandoeuvre les Nancy, les acteurs du collectif présenteront le film Expressions Plurielles réalisé par la MJC Lorraine retraçant les temps forts de la manifestation du 17 mars dernier.

 

Explications de mes votes : sessions plénières du 10 au 13 septembre 2018

État des relations UE-États-Unis

Bien que la défense du multilatéralisme soit un des gages essentiels de la stabilité mondiale à l’aune de nouveaux défis, l’Union européenne ne peut être naïve face aux velléités de la présidence Trump ou de certaines grande puissances de se soustraire à leurs engagements internationaux. En matière commerciale, la politique America First ou les droits de douane imposés unilatéralement sur l’acier et l’aluminium européens sont autant de violations totales des règles de l’OMC. En matière de défense, renforcer le financement de l’OTAN ne peut être la seule piste envisagée. C’est vers une autonomie stratégique au travers d’une politique européenne de défense à laquelle nous devons parvenir. Le renforcement de nos partenariats ne doit toutefois pas se faire au détriment de la démocratie et des centaines de milliers de citoyens européens et américains qui se sont exprimés contre le TTIP. Appeler de ses vœux la réouverture d’un nouveau TTIP aurait un impact bien plus important que les seuls effets économiques et commerciaux. Un nouveau TTIP serait en contradiction avec la nature même de la construction européenne. Pour ses raisons, nous avons voté contre ce rapport d’initiative législative.

 

La situation en Hongrie

Le Parlement demande le déclenchement de la procédure au titre de l’article 7, paragraphe 1, du traité UE. Nous nous en félicitons! Après avoir mis les juges au pas, le gouvernement hongrois bafoue la liberté de la presse et les droits fondamentaux, dont celui pour une femme de disposer librement de son corps. En érigeant des mûrs aux frontières, en persécutant les migrants et en condamnant les réseaux de solidarité, c’est le droit international humanitaire qui est violé. Autant de valeurs européennes constitutionnalisées dans nos Traités. Suite à cette activation de l’article 7 du TUE par le Parlement européen, le gouvernement hongrois pourrait être in fine privé de son droit de vote au Conseil si les chefs d’État et de gouvernement ne persistent pas dans les largesses accordées à Orban, provoquant l’impunité et le mépris des valeurs européennes. Après une première victoire au Parlement, c’est au Conseil de prendre ses responsabilités!

 

 

Mesures pour prévenir et combattre le harcèlement moral et sexuel sur le lieu de travail, dans les espaces publics et dans la vie politique dans l’Union

Nous nous réjouissons de l’adoption par le Parlement européen du rapport sur les mesures pour prévenir et combattre le harcèlement moral et sexuel sur le lieu de travail, dans les espaces publics et dans la vie politique dans l’Union. Alors que 55% des femmes ont été victimes de harcèlement sexuel en Europe, la protection des victimes doit constituer une priorité. Trop nombreuses sont les femmes qui préfèrent ne pas dénoncer des situations de harcèlement au travail afin d’éviter des sanctions, une mise en l’écart, voire un licenciement. Il faut saluer la présentation obligatoire de listes paritaires dans chaque État membre pour les élections européennes à venir, et l’obligation de formations au Parlement européen sur les questions de harcèlement sexuel et de sexisme, pour les députés et tout le personnel. A présent, nous demandons une proposition législative visant à lutter contre le harcèlement sexuel qui harmoniserait par le haut les règles de protection européennes. Cette loi devra comprendre un financement public suffisant pour veiller à ce que les agents chargés de l’application de la loi, les juges et l’ensemble des fonctionnaires rencontrant des cas de harcèlement sexuel soient formés pour comprendre la violence et le harcèlement sur le lieu de travail et partout ailleurs.

 

État des relations UE-Chine

Fixer des mesures anti-dumping aux produits chinois, inciter les entreprises chinoises en situation de surcapacité sur les marchés mondiaux à se restructurer, c’est ne pas mettre en péril les entreprises européennes en acceptant tous produits en provenance de Chine vendus à des prix injustement bas grâce aux subventions massives dont ils font l’objet. C’est surtout ne pas encourager la course au moins-disant social et environnemental à laquelle se livrent les autorités chinoises. Tout aussi primordial, le filtrage de certaines investissements chinois dans des filières stratégiques: la défense, la santé ou tout simplement crucial notre chaine d’approvisionnement alimentaire. Puisque l’industrie crée aussi du vivre-ensemble, puisqu’il s’agit de commercer avec la Chine dans les mêmes conditions de concurrence, puisque nous sommes fervents défenseurs du juste-échange, nous avons voté en faveur de ce rapport d’initiative. Dans le cadre de ce rapport d’initiative, c’est une certaine idée de l’Europe qui était en jeu. Les citoyens se détournent déjà de l’Union puisqu’elle s’avère incapable de les protéger. Alors, plus que jamais, l’Europe doit imposer des règles dans le commerce international. Plus que jamais, elle doit promouvoir une certaine idée de la mondialisation et créer les conditions pour le développement de son industrie.

 

 

Système d’armes autonomes

Il est notoire que plusieurs pays et entreprises se sont lancés dans des travaux de R&D pour développer des systèmes d’armes autonomes, c’est à dire sans véritable contrôle humain sur les fonctions critiques de choix et d’attaque de cibles individuelles. Au regard du danger que ces nouveaux systèmes représentent, il est urgent que l’UE marque sans équivoque son opposition à leur développement et à leur utilisation, et pousse au niveau international pour l’adoption d’un traité de prohibition de ces armes. J’ai voté en faveur de la résolution commune, par laquelle le Parlement européen exprime nettement ces deux demandes.

 

 

 

Le droit d’auteur dans le marché unique numérique

Comme une grande majorité de collègues, j’ai voté en faveur de la directive droit d’auteur. Après la déception du vote du 5 juillet, ce résultat marque une grande victoire pour les créateurs européens ainsi que pour les organes de presse de l’Union.

Le texte harmonise et actualise le cadre législatif afin de l’adapter aux nouveaux usages et supports en ligne. Il repose sur un principe de base : tout travail mérite salaire !

L’article 11 introduit une obligation de contrepartie financière à verser aux journaux, médias, magazines et agences de presse en cas de partage en ligne de leurs contenus éditoriaux. Il s’agit de protéger leur travail face aux plateformes du Net.

L’article 13 doit responsabiliser ces mêmes GAFAM en les obligeant à assurer une plus juste rémunération des créateurs et des artistes via la négociation obligatoire de licences et une meilleure répartition des recettes publicitaires.

 

Quantités nominales pour la mise sur le marché de l’Union du shochu produit par distillation unique

J’ai voté contre ce texte a priori anodin mais qui est en réalité un retour d’ascenseur anticipé pour l’accord de libre-échange avec le Japon. En effet, en récompense de la bonne volonté des négociateurs japonais, il vise à permettre aux exportateurs de shochu (alcool japonais) de déroger aux standards de volumes qui ont cours en Europe pour les alcools. Étant par ailleurs déjà assez sceptique sur le JEFTA, je ne vois pas pourquoi il faudrait accorder ce passe-droit!!

 

Menace de démolition de Khan el-Ahmar et d’autres villages bédouins

Les bulldozers israéliens sont sur le point de démolir ce village bédouin, qui non seulement accueille une école financée par l’Italie, mais surtout constitue une zone cruciale pour la continuité territoriale de la Cisjordanie. Ainsi, en évacuant et en démolissant ce village, Israël se rend coupable de deux atteintes majeures au droit international : le déplacement forcé de populations sous sa responsabilité en tant que force occupante, et l’intensification de la colonisation (extension de Maale Adumim). J’ai voté pour la résolution qui condamne fermement cette situation. Le Parlement n’a pas toujours été aussi clair dans sa dénonciation des agissements irréguliers d’Israël : espérons que sa voix porte cette fois ! Car il est minuit moins une si l’on veut encore sincèrement donner des chances et sauver la paix basée sur la solution à deux États.

 

Mise en œuvre du règlement sur les produits phytopharmaceutiques

La Délégation Génération•s du Parlement européen a voté en faveur de ce rapport sur l’utilisation des pesticides en Europe. En effet, le texte adopté fait état d’un certain nombre de points problématiques dans l’usage qui est fait des produits phytopharmaceutiques aujourd’hui en Europe. Loin d’être utilisés uniquement en dernier recours, leur usage est souvent massif et disproportionné. Ce rapport défend donc une approche « intégrée » dans l’utilisation des pesticides ayant pour but de promouvoir l’usage de méthodes alternatives pour protéger les cultures et un usage parcimonieux des pesticides, s’ils s’avéraient nécessaires, dans un second temps. Autre point important, ce rapport pointe du doigt la mauvaise application de la législation en matière de pesticides et notamment le nombre bien trop grand de « dérogations d’urgence » pour autoriser des produits autrement destinés à ne plus être utilisés sur le marché car jugés dangereux. Enfin, le rapport souligne que les études d’impact préalables à la mise sur le marché des produits tiennent insuffisamment compte des effets hors cibles environnementaux une fois ces derniers utilisés dans nos champs. L’occasion de rappeler que l’utilisation des pesticides est un des plus grands facteurs de la disparition de la biodiversité dans nos campagnes et de la détérioration des sols.

 

Plan d’action européen fondé sur le principe «Une seule santé» pour combattre la résistance aux antimicrobiens

La Délégation Génération•s du Parlement européen a voté en faveur de ce rapport pour endiguer l’antibio-résistance (RAM) en Europe. Ce rapport crucial pour protéger la santé des européens vient souligner les vecteurs du développement de la RAM et l’impasse du modèle sanitaire et agricole dans lequel nous sommes. Les causes de la RAM sont nombreuses, notamment l’usage trop fréquent des antibiotiques pour soigner les infections chez l’humain ou les animaux. Le modèle agricole productiviste que les lobbys phytopharmaceutiques et l’entêtement des exécutifs européens ont forgé détient une grande part de responsabilité, poussant les agriculteurs à utiliser de façon excessive les antibiotiques et les produits phytopharmaceutiques pour produire toujours plus. C’est donc un constat alarmant que dresse ce rapport, qui doit nous permettre d’impulser au plus vite un changement de modèle agricole et alimentaire. Il existe des solutions: respecter le bien-être animal, éviter le rejet d’antibiotiques dans l’environnement, mettre en place un étiquetage pour informer les consommateurs européens de l’utilisation d’antibiotiques, réfléchir à la mise en place d’incitations fiscales et développer la phagothérapie.

 

 

 

Tribune dans LIBERATION : L’Europe se meurt mais il n’est pas trop tard pour la sauver

Face à l’Europe des marchés, des lobbies et des premiers de cordée, trois députés européens de Génération·s appellent à une mobilisation citoyenne et à l’union des progressistes.

Aléxis Tsípras et Viktor Orbàn s’exprimaient ce mardi 11 septembre face aux députés européens sur la situation respective de leur pays. Demain, ce sera au tour du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, de livrer son discours annuel sur l’Etat de l’Union. Nous avons ainsi le concentré du double piège libéral et nationaliste dans lequel l’Europe se perd.

l’Homme et des valeurs humanistes. «La Commission de la dernière chance», comme Jean-Claude Juncker l’avait lui-même qualifiée, a montré sa servitude et son impuissance. Le renouvellement de l’autorisation du glyphosate ou la nomination de Martin Selmayr en sont des révélateurs, parmi d’autres forfaitures désastreuses pour la crédibilité de l’Union. Sans parler de la proposition budgétaire a minima pour l’après-2020, qui hypothèque l’avenir même des politiques européennes. Quid de l’Europe avec un triple A social que nous vendait Jean-Claude Juncker ? Le discours de demain, tout ambitieux qu’il puisse être, ne réécrira pas l’histoire à neuf mois d’une fin de mandat crépusculaire.

Pendant ce temps, Emmanuel Macron entre en campagne des européennes en s’autoproclamant chef de file des «progressistes» européistes face aux nationalistes europhobes. En faux progressiste mais en vrai néolibéral, le président français crée un clivage opportuniste, contredit par ses choix politiques en matière économique, écologique ou migratoire.

34 361 morts. La Méditerranée est aujourd’hui le cimetière de femmes et d’hommes qui, espérant l’asile, se heurtent aux égoïsmes nationaux. Et l’Europe terre d’accueil se transforme un peu plus chaque jour en Europe forteresse. Nous militerons pour l’accueil des migrants et l’accompagnement humain, conformément aux valeurs qui sont celles de notre projet européen. Alors oui, si nous n’opérons pas un changement radical de direction, l’Europe est à quelques encablures d’une désintégration définitive. La multiplication des succès électoraux des partis d’extrême droite n’est que le premier symptôme d’un mal qui se généralise jusqu’en Suède. Alors qu’attendons-nous pour réagir ?

Un outil de protection

L’Europe pourrait être un formidable outil de protection et d’émancipation si elle était gouvernée non pas par le marché mais par les citoyens. C’est à son niveau que pourraient se construire les termes d’une politique migratoire humaniste et de développement international qui ait pour fondement la coopération plutôt que la concurrence. C’est à son niveau que pourrait se dessiner une politique ambitieuse d’investissement dans la transition écologique pour répondre à la crise climatique et environnementale. C’est à son niveau que pourrait se mettre en place une véritable politique de juste échange, de convergence sociale, de régulation du capitalisme financier, d’anticipation face aux mutations du travail. C’est à son niveau que pourrait se jouer beaucoup de choses… à condition que la gauche progressiste, humaniste et écologiste puissent y jouer un rôle.

Pour cela, nous devons nous unir pour être nombreux à constituer ce pôle de résistance à l’Europe des marchés, des lobbies et des premiers de cordée. La refonte des traités par un processus constituant à court terme est indispensable. Mais cela n’exonère pas les futurs eurodéputés d’utiliser immédiatement tous les instruments à leur disposition : pouvoir de veto, opposition à la nomination des commissaires, rejet des décharges budgétaires, utilisation des pouvoirs d’initiative, d’enquête et de contrôle… Face aux forces redoutables qui sont à l’œuvre, l’heure est donc à la mobilisation citoyenne et à l’union des progressistes et écologistes européens. L’Europe se meurt mais il n’est pas encore trop tard pour la sauver. Alors, agissons.

Édouard Martin Guillaume Balas Isabelle Thomas, députés européens Génération·s

Résistance aux antimicrobiens : changer de modèle pour protéger notre santé

Les députés européens Guillaume Balas, Edouard Martin et Isabelle Thomas se réjouissent de l’adoption très attendue du rapport « Une seule santé », visant à préserver l’efficacité des traitements des infections chez l’humain comme chez l’animal et à éviter l’apparition et la propagation de la résistance aux antimicrobiens (RAM), c’est-à-dire la capacité d’une bactérie à résister aux antibiotiques. Déjà à l’origine de 25 000 décès en Europe, la RAM pourrait provoquer 10 millions de décès à l’horizon 2050[1]. Au-delà du drame humanitaire, la RAM comporte, selon une étude de la Banque Mondiale[2], des conséquences économiques comparables à celles de la crise de 2008, entre tensions sur les systèmes de santé et incertitudes sur la poursuite les activités humaines.

Mais la lutte contre la RAM doit nous obliger à nous attaquer à la cause principale de propagation : le modèle de production agricole et industriel productiviste de notre alimentation. Usage prophylactique des antibiotiques pour compenser des conditions d’hygiène et de bien-être animal insuffisantes, rejets d’antibiotiques dans l’eau, pulvérisation de pesticides… autant de facteurs entraînant le développement de bactéries résistantes aux antimicrobiens, transmises à l’homme par l’alimentation et la pollution de l’environnement.

Biensûr, au-delà des pratiques agricoles en cause, c’est le modèle agrochimique qui pousse au productivisme que nous dénonçons, dominé par les multinationales des produits phytopharmaceutiques et appuyé par la politique agricole commune (PAC).

Le rapport sur l’utilisation des produits phytopharmaceutiques voté également cette semaine confirme cet impératif de changement et met en garde contre une mauvaise application des réglementations de l’Union Européenne sur les pesticides. La recette est simple : appliquer les textes de loi. De nombreux outils existent pour protéger la santé des européens, à commencer par le principe de précaution. Aujourd’hui, seul l’entêtement de la Commission et du Conseil nous maintient dans cette impasse.

Arrêtons de servir l’intérêt des lobbys et agissons pour protéger la santé des citoyens, les agriculteurs et l’environnement.

 

[1] Review on AMR, Tackling Drug-resistant infections globally, Jim O’Neil, May 2016 https://amr-review.org/sites/default/files/160525_Final%20paper_with%20cover.pdf

[2] The World Bank, Drug-Resistant Infections : a Threat to Our Economic Future, 2017 http://www.worldbank.org/en/topic/health/publication/drug-resistant-infections-a-threat-to-our-economic-future