Soutien à Imelda Cortez

Imelda CORTEZ, jeune salvadorienne de 20 ans, enceinte après avoir été violée par son beau-père a été amenée aux urgences suite à des saignements. Le médecin urgentiste a alors soupçonné une tentative d’avortement, illégal dans ce pays, et a donc prévenu la police.

Elle est actuellement poursuivie par la justice de son pays et risque jusqu’à 20 ans de prison. Son beau-père à l’inverse n’a pas été inquiété par la justice.

Le Salvador fait partie des pays dont les lois anti-avortement sont les plus strictes au monde. L’IVG est illégale, quelles qu’en soient les circonstances. Y compris en cas de viol ou d’inceste. L’avortement est puni de deux à huit ans de prison, mais les juges ont pour habitude de qualifier les faits « d’homicide aggravé » puni alors de trente à cinquante ans d’emprisonnement. C’est inadmissible.

Une pétition pour la libération d’Imelda a déjà rassemblé plus de 50.000 signatures. En tant que député européen, j’ai pour ma part co-signé un courrier à l’adresse de Fédérica Mogherini, Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Vice-Présidente de la Commission Européenne, pour exprimer notre profonde inquiétude face à la situation de cette jeune femme et de tant d’autres dans des situations similaires. À l’instar d’Imelda Cortez, 24 autres femmes issues de milieux défavorisés purgent actuellement une peine de 15 à 30 ans d’emprisonnement, condamnée après avoir eu des complications gynécologiques telles qu’une fausse couche ou une mort à la naissance. La législation en vigueur crée également une insécurité juridique pour le personnel de santé, les médecins et les infirmières, qui sont contraints de rester vigilants même dans les cas où la pratique médicale recommande une interruption de grossesse pour sauver la vie des femmes enceintes. Cette pratique rétrograde est une atteinte directe aux droits des femmes à l’intégrité physique et psychologique. Compte tenu de la position claire du Parlement européen sur cette question, telle qu’exprimée dans la résolution d’urgence sur le Salvador du 14 décembre 2017 concernant les cas de femmes poursuivies pour fausse couche, nous avons souhaité, par ce courrier, demander à la Haute Représentante et au Service européen pour l’action extérieure (SEAE) de suivre l’affaire de près, de rejeter publiquement les peines et l’emprisonnement de femmes et de filles présentant des mort-nés ou des fausses couches et de demander la libération immédiate et sans condition d’Imelda Cortez mais aussi de mettre en place des voies d’accès sûr et légal à l’avortement.

Ce courrier a aussi pour but d’alerter Mme Mogherini, conformément aux engagements pris par l’UE au titre du cadre pour l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes par le biais des relations extérieures de l’UE 2016-2020, afin que soit engagé un dialogue avec les autorités du Salvador au sujet de cette violation de la personne humaine et de ses droits et à accroître le soutien de l’UE aux défenseurs des droits de l’homme et aux ONG locales qui militent pour les droits des femmes et des filles, en particulier pour la santé et les droits sexuels et reproductifs et la planification familiale au Salvador.