Budget : pour l’avenir de l’Union, le Parlement dit non à l’austérité !

©Photo Isabelle Thomas

Le rapport intérimaire d’Isabelle Thomas sur le prochain Cadre financier pluriannuel (CFP) a été adopté ce midi par le Parlement européen réuni en session plénière. A l’instar du rapport d’initiative du 14 mars, ce texte a recueilli une confortable majorité : 429 voix contre 207.

 « Ce vote est un acte de résistance et d’affirmation du Parlement européen face aux tenants de l’austérité, affirmant la volonté de donner à l’Union européenne les moyens d’agir » se félicite Isabelle Thomas. « Au nom des citoyens et des territoires, nous avons su nous unir pour exiger le maintien des politiques historiques de l’Union que sont la PAC, la cohésion et le Fonds social ; le soutien renforcé aux programmes phares comme Erasmus+ ou l’Initiative pour l’Emploi des Jeunes, ou encore l’objectif de 30% des dépenses européennes sur la lutte contre le changement climatique. »

 Toutes les commissions sectorielles du Parlement ont été consultées et, pour la première fois, une annexe chiffrée a été jointe au rapport, fixant les conditions de la négociation.  « Par son vote, le Parlement a rejeté les coupes budgétaires que proposait la Commission européenne pour l’après 2020, tout en formulant un contre-budget rigoureux et chiffré, ainsi porté à 1,3% du PIB européen » précise la rapporteure.

 « Par sincérité et responsabilité budgétaire, le Parlement n’acceptera aucune nouvelle priorité qui ne soit pas accompagnée de nouveaux moyens pour y répondre » poursuit-elle. Pour ne pas peser sur les budgets des États membres et sortir du système pervers d’un budget européen presque exclusivement dépendant des contributions nationales, le Parlement exige l’introduction de nouvelles ressources propres européennes : « Il n’est pas question de taxer davantage les citoyens, mais de mettre à contribution ceux qui échappent toujours à l’impôt, par l’harmonisation de la fiscalité des multinationales, la lutte contre la fraude à la TVA, la Taxe sur les transactions financières ou encore les revenus du marché d’émissions de carbone. »

 Tous les regards sont désormais tournés vers le Conseil, alors que les États n’ont pas encore arrêté de position pour le CFP 2021-2027. « Le Conseil semble vouloir gagner du temps mais, dans la gravité du moment, il ne pourra pas se défiler indéfiniment » avertit Isabelle Thomas.

 « Nous sommes désormais en position de force pour refuser l’austérité dans les négociations à venir » conclut-elle. « Pour le coup, le budget européen post 2020 sera vraiment celui de la dernière chance, comme dirait l’autre, et le Parlement n’hésitera pas à user de son veto contre les faux européens qui voudraient saborder l’ambition européenne. »