Le droit d’accès universel à l’eau ne peut se concevoir sans exigences de qualité !

Les députés de la Délégation Génération.s regrettent le manque d’ambition du rapport sur la qualité des eaux destinées à la consommation humaine tel que proposé par la droite. Ce dernier s’attachait à réviser une directive sur l’eau potable datant de 1998, révision engagée par la Commission européenne suite à une initiative citoyenne « Right2Water » ayant rassemblé plus d’1,6 million de signataires.

 

Plus de 20 millions d’Européens ne sont toujours pas connectés à un réseau public de distribution d’eau potable au sein de l’Union. Dans le monde, 3 millions de personnes meurent chaque année à cause de la mauvaise qualité de l’eau et du manque d’accès à l’eau potable.

La reconnaissance d’un droit d’accès universel à l’eau est donc une avancée majeure. Cependant, nous regrettons que les standards sur la qualité de l’eau aient été dévoyés, ce qui laisse perdurer des risques pour la santé humaine. Sous la pression des lobbies, des amendements cruciaux ont été rejetés. Parmi eux, l’abandon de contrôles plus rigoureux sur la présence de perturbateurs endocriniens remet en cause l’assurance d’une eau qui réponde à des critères sanitaires stricts et indépendants. Ainsi, le seuil maximal autorisé initialement par la Commission pour le bisphénol A dans l’eau a été, sous l’impulsion de la droite, multiplié par 10 !

Ces derniers points nous ont donc poussé à nous abstenir lors du vote de ce jour.

A l’avenir, la situation globale risque de se trouver aggravée par le bouleversement climatique qui impacte directement les ressources mondiales en eau. En 2030, 40% de la population mondiale vivra dans des zones de stress hydrique[1], c’est-à-dire des régions où la demande en eau est plus importante que les ressources disponibles. Si nous souhaitons que la pénurie annoncée ne se double pas d’une déstabilisation géopolitique, elle doit être anticipée et déjouée. La préservation des ressources aquifères, l’assainissement et l’accès universel à l’eau potable doivent demeurer au centre de nos priorités politiques.

[1] Rapport publié par le Programme mondial d’évaluation des ressources en eau, hébergé par l’UNESCO au nom de l’ONU-Eau, mars 2015