Budget 2019 : l’impasse budgétaire, rendez-vous annuel de l’Union

Comme chaque année, le Parlement se prononçait ce midi sur le mandat de négociation du Parlement européen pour la conciliation budgétaire avec le Conseil. Et comme chaque année, face à la proposition de la Commission, il a refusé de se trouver écartelé entre d’un côté les priorités européennes croissantes, et de l’autre des moyens budgétaires limités et déjà largement consommés.

Alors bien sûr, le Parlement s’est accordé pour rétablir toutes les coupes proposées par le Conseil et avancer quelques rallonges budgétaires, ce dont il faut se féliciter. Au premier rang d’entre elles, saluons 580 millions d’euros supplémentaires au bénéfice de l’Initiative pour l’Emploi des Jeunes, ce qui était bien le minimum alors que le chômage des jeunes européens culmine toujours à 15%.

Mais ces quelques victoires n’effacent pas le sentiment général de colère face à l’impossible équation qui nous est une fois de plus soumise. Nous ne voyons pas la fin de ce Cadre financier pluriannuel 2014-2020 inadapté et sous-dimensionné. Dépassé par les événements, il ne permet pas de répondre à l’ensemble des priorités européennes et maintient l’Europe dans la précarité budgétaire.

Au moment où la bataille pour le prochain Cadre financier pluriannuel bat son plein, c’est l’avenir financier de l’Union qui se dessine. Nous serons intraitables dans toutes les négociations budgétaires qui s’annoncent, tant pour le Budget 2019 que pour le Cadre financier. Le Parlement doit montrer qu’il n’est pas une chambre d’enregistrement validant les comptes d’apothicaires des États. Emmanuel Macron et ses homologues européens pourraient prochainement le comprendre : l’austérité budgétaire européenne n’a que trop duré, qu’il s’agisse du budget de l’Union ou du TSCG.