Soutien aux femmes gazaoui atteintes du cancer

Alors que nous sommes en octobre, mois de sensibilisation pour le dépistage du cancer du sein, les autorités israéliennes interdisent aux femmes gazaoui, atteintes du cancer, de sortir de Gaza pour aller se faire soigner à Jérusalem-Est (territoire palestinien). Les raisons invoquées sont totalement fallacieuses, problème de sécurité, un oncle de telle dame aurait une proximité avec le Hamas, j’en passe et des meilleures. Elles sont condamnées à mourir dans la souffrance. Les médicaments sont eux aussi bloqués à la frontière de Gaza.

Médecins du Monde (France) et des ONG israéliennes telle que « Physicians for Human Rights » dénoncent ces attitudes barbares. Rien n’y fait, Netanyahou reste sourd. Hélas la France aussi. Que dit Mme Buzyn Ministre de la santé? Que dit Mme Schiappa, Secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes? D’ailleurs, que dit le Président M. Macron? Les mêmes propos qu’il tenait à Mahmoud Abbas? Qu’il est trop tôt pour la reconnaissance de la Palestine? Et que va-t-on répondre à ces centaines de femmes malades sans soins? Qu’il est trop tard…pour elles? Est-ce cela le « nouveau monde »? Le même que l’ancien mais en pire?
Cette tyrannie doit cesser !!!
Avec mes collègues eurodéputés nous allons faire voter une motion d’urgence à Strasbourg afin que ces femmes (et toutes personnes gravement malades) puissent sortir de Gaza pour y recevoir les soins adéquats. Nous espérons obtenir la majorité au Parlement européen car ça aussi, ce n’est pas gagné.

En attendant l’Etat français doit passer aux actes!!! Il y a urgence!

J’ai d’ores et déjà cosignés, avec 61 autres députés européens, une lettre adressée à Madame la Commissaire européenne Federica Mogherini pour l’alerter sur cette dramatique situation. Vous pourrez prendre connaissance de ce courrier ci-dessous :

 

 

Intervention en plénière : un Marché équitable pour l’industrie

Intervention en Plénière le 25 octobre 2018 à Strasbourg

« Monsieur le Président, merci Madame la Commissaire de venir débattre ici d’un sujet qui nous tient tous à cœur. Vous avez parlé de marchés, d’investissements, de produits, de compétitivité, etc., ce sont évidemment des thèmes importants.

Je voudrais axer mon intervention sur les travailleurs et les citoyens, parce qu’une entreprise, une industrie, ce n’est pas uniquement un endroit où l’on produit un bien de consommation, c’est beaucoup plus que ça.

Une industrie, c’est aussi ce qui crée du lien, c’est ce qui crée des richesses, pas uniquement pour les actionnaires, mais pour un territoire, un bassin d’emploi et c’est grâce à cela que nous avons notamment des crèches, des écoles, des hôpitaux, des routes, etc. Or, le jour où ces industries disparaissent, c’est toute la société qui disparaît et la facture est présentée à la société.

Je vais vous parler de deux cas: Alcoa en Espagne et Vallourec en France. Voilà deux multinationales qui ont bénéficié de subsides à coups de dizaines de milliards d’euros d’aides publiques pour aller s’implanter dans des zones du monde où les contraintes sont moindres. La question est de savoir ce que vous allez faire, Madame la Commissaire, lorsque ces productions qui seront faites ailleurs vont revenir sur le marché européen. Quelles sont les contraintes qu’on impose à ces industries-là? Pourquoi est-ce que je dis cela?

Parce qu’effectivement, si le point de vue de l’Union européenne – et je sais que ce n’est pas le vôtre, mais il faut aller plus loin que ça – est que le multilatéralisme crée des richesses, il faut se demander pour qui? Le multilatéralisme c’est surtout le laisser-faire: le laisser-faire fiscal, le laisser-faire financier, le laisser-faire économique, c’est surtout la loi du prix. C’est le prix le plus bas qui emporte le marché. Or, nous savons très bien que le prix le plus bas, c’est forcément des conditions moins-disantes: moins-disantes sur le plan social, économique et environnemental. C’est quand même absurde – pour ne pas dire autre chose – que ce soit Trump qui dénonce cela. Alors, il le fait d’une manière détestable, évidemment, mais en réalité – et si ce n’était pas aussi grave, on en rirait – ce sont justement les inventeurs de l’ultralibéralisme qui pointent aujourd’hui les défauts du système et des règles de l’OMC. On ne peut pas continuer à jouer alors que nous n’avons pas tous les mêmes règles.

Lorsque la Commission européenne s’apprêtait à reconnaître le statut d’économie de marché à la Chine, nous mettions, vous mettiez en danger l’industrie et tout le monde l’a dit! On pouvait perdre quatre millions d’emplois industriels en quelques mois. Et pourtant ça a été une proposition de la Commission européenne! Quels étaient les enjeux? Quelles étaient les pressions politiques? Où est le citoyen? Où est le travailleur?

Donc, j’ai simplement ce message à nous faire passer collectivement, et je sais que vous êtes sensible à cela: si vous voulez que les citoyens européens se rapprochent un peu plus de l’Union européenne, il faut qu’on change les règles du marché et de l’OMC.

Je vous invite à rebondir sur la proposition du premier ministre canadien, M. Trudeau, qui dit «chiche, allons-y, remettons les règles de l’OMC à plat parce que sinon c’est la loi du plus fort» et vous savez très bien que les Chinois, à coups de centaines de milliards de dollars de subventions, vont tous nous tuer économiquement; si le mot d’ordre c’est d’être moins cher que moins cher, on ne fera jamais le poids, nous autres Européens.

C’est notre modèle social, c’est notre modèle sociétal qui est en jeu, c’est plus que de la compétitivité, de l’innovation ou de gagner des marchés, c’est le modèle social européen, le modèle de liberté, de démocratie qui est en jeu derrière ces industries. Et je vous en parle, parce que je viens d’une région qui a été fortement industrialisée et qui est aujourd’hui fortement désindustrialisée. On fait le nid de tous les populistes, on fait le nid de tous les nationalistes, parce que quand une usine disparaît, vous vous retournez, il n’y a plus rien, c’est le désert. Et nous autres Européens, nous n’avons pas de réponse à apporter. Donc, je voudrais qu’on fasse du maintien de l’emploi et des industries, une raison objective du marché juste, parce que le marché ne sera juste que s’il est social et s’il est durable en respectant la planète et l’environnement. »

 

Le droit d’accès universel à l’eau ne peut se concevoir sans exigences de qualité !

Les députés de la Délégation Génération.s regrettent le manque d’ambition du rapport sur la qualité des eaux destinées à la consommation humaine tel que proposé par la droite. Ce dernier s’attachait à réviser une directive sur l’eau potable datant de 1998, révision engagée par la Commission européenne suite à une initiative citoyenne « Right2Water » ayant rassemblé plus d’1,6 million de signataires.

 

Plus de 20 millions d’Européens ne sont toujours pas connectés à un réseau public de distribution d’eau potable au sein de l’Union. Dans le monde, 3 millions de personnes meurent chaque année à cause de la mauvaise qualité de l’eau et du manque d’accès à l’eau potable.

La reconnaissance d’un droit d’accès universel à l’eau est donc une avancée majeure. Cependant, nous regrettons que les standards sur la qualité de l’eau aient été dévoyés, ce qui laisse perdurer des risques pour la santé humaine. Sous la pression des lobbies, des amendements cruciaux ont été rejetés. Parmi eux, l’abandon de contrôles plus rigoureux sur la présence de perturbateurs endocriniens remet en cause l’assurance d’une eau qui réponde à des critères sanitaires stricts et indépendants. Ainsi, le seuil maximal autorisé initialement par la Commission pour le bisphénol A dans l’eau a été, sous l’impulsion de la droite, multiplié par 10 !

Ces derniers points nous ont donc poussé à nous abstenir lors du vote de ce jour.

A l’avenir, la situation globale risque de se trouver aggravée par le bouleversement climatique qui impacte directement les ressources mondiales en eau. En 2030, 40% de la population mondiale vivra dans des zones de stress hydrique[1], c’est-à-dire des régions où la demande en eau est plus importante que les ressources disponibles. Si nous souhaitons que la pénurie annoncée ne se double pas d’une déstabilisation géopolitique, elle doit être anticipée et déjouée. La préservation des ressources aquifères, l’assainissement et l’accès universel à l’eau potable doivent demeurer au centre de nos priorités politiques.

[1] Rapport publié par le Programme mondial d’évaluation des ressources en eau, hébergé par l’UNESCO au nom de l’ONU-Eau, mars 2015

Budget 2019 : l’impasse budgétaire, rendez-vous annuel de l’Union

Comme chaque année, le Parlement se prononçait ce midi sur le mandat de négociation du Parlement européen pour la conciliation budgétaire avec le Conseil. Et comme chaque année, face à la proposition de la Commission, il a refusé de se trouver écartelé entre d’un côté les priorités européennes croissantes, et de l’autre des moyens budgétaires limités et déjà largement consommés.

Alors bien sûr, le Parlement s’est accordé pour rétablir toutes les coupes proposées par le Conseil et avancer quelques rallonges budgétaires, ce dont il faut se féliciter. Au premier rang d’entre elles, saluons 580 millions d’euros supplémentaires au bénéfice de l’Initiative pour l’Emploi des Jeunes, ce qui était bien le minimum alors que le chômage des jeunes européens culmine toujours à 15%.

Mais ces quelques victoires n’effacent pas le sentiment général de colère face à l’impossible équation qui nous est une fois de plus soumise. Nous ne voyons pas la fin de ce Cadre financier pluriannuel 2014-2020 inadapté et sous-dimensionné. Dépassé par les événements, il ne permet pas de répondre à l’ensemble des priorités européennes et maintient l’Europe dans la précarité budgétaire.

Au moment où la bataille pour le prochain Cadre financier pluriannuel bat son plein, c’est l’avenir financier de l’Union qui se dessine. Nous serons intraitables dans toutes les négociations budgétaires qui s’annoncent, tant pour le Budget 2019 que pour le Cadre financier. Le Parlement doit montrer qu’il n’est pas une chambre d’enregistrement validant les comptes d’apothicaires des États. Emmanuel Macron et ses homologues européens pourraient prochainement le comprendre : l’austérité budgétaire européenne n’a que trop duré, qu’il s’agisse du budget de l’Union ou du TSCG.