Explications de vote – mini session 2 & 3 mai 2018 (Bruxelles)

Licenciements Caterpillar : accompagner les salariés licenciés dans leur recherche d’emploi, un devoir européen

Sans consultation avec eux et sans le moindre signe précurseur, c’est malheureusement ainsi que des salariés européens peuvent apprendre du jour au lendemain qu’ils n’ont plus d’emploi. En effet, 2287 travailleurs du site Caterpillar et de cinq de ses fournisseurs, ont été licenciés dans ces circonstances l’année dernière dans la province d’Hainaut, en Belgique. Ce sont autant de foyers qui ont été frappés par la précarité dans une province déjà fortement touchée par le chômage alors même que le site concerné était rentable malgré les dires de la direction. Pourtant, en l’absence de concurrence équitable sur le respect des normes sociales et environnementales, de plus en plus d’entreprises exportent leur production dans des pays peu soucieux des normes environnementales et où les coûts du travail sont moins élevés qu’en Europe, à l’instar de la Corée du Sud et de la Chine.

En accompagnant les individus licenciés dans la recherche d’un nouvel emploi par l’intermédiaire de formations, de subventions encourageant la création d’entreprises ou encore d’allocations, le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation fournit un soutien indispensable aux individus directement impactés par ce phénomène. Toutefois, ce fond d’ajustement à la mondialisation ne doit aucunement exonérer l’entreprise Caterpillar de sa responsabilité de mettre en place un vaste plan de reclassement pour les salariés.

J’ai voté en faveur de ce rapport.

 

Pour le pluralisme et la liberté des médias, faisons respecter la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne

Assassinats de journalistes, intimidations politiques, sanctions financières injustifiées et « fake news »…Si l’Union européenne à l’article 11 de sa Charte des droits fondamentaux appelle au respect de la liberté et du pluralisme des médias, les récents événements ayant eu lieu dans plusieurs États membres nous rappellent qu’il ne suffit pas de proclamer nos valeurs mais qu’il est toujours nécessaire de les défendre.

Les lanceurs d’alerte, de par leurs révélations au grand public, et les journalistes de manière générale, de par leur contribution au débat public, doivent être considérés comme des acteurs indispensables de la démocratie européenne : ils nous interpellent au sujet d’abus et d’injustices portant atteinte à l’intérêt des citoyens européens. Notre devoir est donc de lutter contre toutes formes de violences physiques perpétrées à l’encontre des journalistes mais aussi de condamner les restrictions financières et les ingérences politiques qui limitent considérablement le pluralisme et la liberté de la presse.

Ce rapport encourage la Commission et les États membres à faire preuve d’initiatives concrètes afin de s’assurer de ce devoir de protection. C’est pour cela que j’ai voté en sa faveur.

 

 

Protection des enfants migrants : vers un accompagnement personnalisé des mineurs non-accompagnés

Si les migrants constituent une population vulnérable aux besoins particuliers, les enfants migrants nécessitent une prise en charge d’autant plus précautionneuse. En 2017, ils étaient plus de 32 000 à arriver en Grèce, en Italie, en Espagne et en Bulgarie et près de la moitié d’entre eux ont dû affronter ce périple éprouvant seuls. Ces mineurs non-accompagnés sont exposés à des risques accrus de violence, de traite et d’exploitation. Pourtant, à l’heure actuelle, bien que la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne et le droit international humanitaire garantissent la prise en compte des intérêts des enfants, les conditions d’accueil des mineurs migrants sont loin d’être satisfaisantes et ne leur garantissent pas une protection suffisante. Les sites d’accueil ne comprennent pas assez d’espaces dédiés spécifiquement aux enfants, le traitement tardif de leurs demandes d’asile peut entraver leurs droits, un manque de personnel prenant en charge les victimes d’exploitation sexuelle est à déplorer… Par conséquent, cette résolution encourage vivement les États membres à pallier à ces manquements, notamment via la suggestion d’accompagnements personnalisés, d’infrastructures adaptées et de formations appropriées du personnel accueillant. Elle enjoint les États-membres à ne pas placer les enfants en rétention. Il est également conseillé d’accélérer les procédures de regroupement familial, rendues possibles par la directive 2004/38, au nom du bien-être de l’enfant qui reste un droit fondamental à protéger au sein de l’Union européenne.

J’ai donc voté en faveur de cette résolution.

 

 

Transports : pour une mobilité propre et connectée

La politique de cohésion permet aux citoyens européens de voir les actions concrètes entreprises par l’Union européenne pour améliorer leur quotidien, en particulier au niveau local. Les investissements effectués dans le secteur du transport en sont une illustration à l’instar du projet de promotion du transport durable et de la suppression des goulets d’étranglement dans les infrastructures de réseau essentielles. En d’autres termes, il s’agit de supprimer le plus d’obstacles possibles à la circulation au sein de l’Union européenne et ainsi d’augmenter notre compétitivité en assurant une mobilité propre et connectée. À titre d’exemples, entre 2007 et 2013 déjà, les villes de Sofia et de Bourgas (Bulgarie), de Rzeszow et de Cracovie (Pologne), d’Alexandria et de Craiova (Roumanie), de Votice et de Benesovu Prahy (République Tchèque) ou encore la ville allemande de Leipzig ont pu bénéficier de travaux de modernisation. Pour la période 2014-2020, ce sont 24,05 milliards d’euros qui ont été alloués au mécanisme pour l’interconnexion en Europe auxquels se sont ajoutés 70 milliards d’euros de fonds structurels et d’investissements européens. Si nous pouvons être satisfaits des progrès effectués grâce à ces investissements, il est cependant nécessaire de souligner quelques défis que nous devrons relever dans les prochaines années : concentrer davantage nos efforts sur les chemins de fer, homogénéiser les infrastructures sur l’ensemble du territoire de l’Union européenne, diminuer notre incidence environnementale…

Partageant ces constats, j’ai voté en faveur de ce rapport.