Publicité sexiste ? Non merci !

À l’avant-veille de la journée internationale des droits des femmes, le 6 mars dernier, le groupe des Socialistes & Démocrates a inauguré son projet de plateforme européenne des villes luttant contre la publicité sexiste. Conscient que les inégalités femmes-hommes se nourrissent des stéréotypes pour persister, j’ai eu le plaisir de participer activement à cette initiative avec mon équipe.

Cette lutte contre les stéréotypes de genre véhiculés dans la publicité – se résumant souvent à une injonction à la perfection pour les femmes et à une injonction à la virilité pour les hommes – est primordiale pour atteindre une égalité femmes-hommes de fait. Aujourd’hui, en fonction des études scientifiques consultées, il est admis que nous voyons en moyenne 500 à 2000 annonces publicitaires par jour. En France, la dernière étude produite par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel à ce sujet, a alerté sur le fait que les rôles d’experts dans les réclames sont tenus à 82% par les hommes et que la sexualisation du corps concerne majoritairement les femmes puisqu’elles ont en sont l’objet dans 67% des cas. Au Royaume-Uni, un sondage du Guardian produit en 2016, a démontré que 91% des femmes britanniques ne se sentaient pas comprises par les publicitaires et en France, elles étaient 82% à considérer que la publicité leur donnait des complexes (CSA, 2016). Cette omniprésence de la publicité au quotidien et les représentations qui y sont dépeintes ont un impact considérable sur nos identités – aussi bien individuelles que collectives –  et donc sur la manière dont les rapports femmes-hommes sont construits dans notre société.

Changer ces représentations sur papier ou écran signifie donc changer nos comportements dans la vie réelle et laisser à chacun et chacune, la possibilité d’être ce qu’il ou elle veut être. C’est pour cela que nous avons demandé à un certain nombre de responsables politiques locaux, de participer à un réseau de villes engagées à échelle européenne pour lutter contre la publicité sexiste. Berlin, Bucarest, Bruxelles, Charleroi, Francfort, Liverpool, Londres, Paris et Segovia ont d’ores et déjà adhéré à ce projet en signant la charte de l’engagement contre la publicité sexiste. Cet outil permet non seulement la mise en commun de définitions et d’objectifs mais encourage surtout, l’échange de bonnes pratiques à tous les niveaux. Ces éléments se trouvent par ailleurs dans le rapport d’initiative de la commission parlementaire FEMM intitulé  Égalité des genres dans le secteur des médias au sein de l’Union européenne qui sera débattu en session plénière le mois prochain. Ensemble, à l’échelle locale, régionale, nationale et européenne, soyons proactifs et disons non à la publicité sexiste !