SESSION PLÉNIÈRE / FEVRIER 2018 : EXPLICATION DE MES VOTES.

6 février 2018

RÉSOLUTION – TOLÉRANCE ZÉRO A L’ EGARD DES MUTILATIONS GÉNITALES FÉMININES

L’UNFPA estime à 200 millions le nombre de femmes et de filles dans le monde souffrant d’une des formes de mutilations génitales féminines. Si cette tendance continue, 15 millions de nouvelles adolescentes entre 15 et 19 ans y seraient sujettes d’ici 2030. Le 6 février marque la Journée internationale contre les mutilations génitales féminines. L’UE doit renforcer son rôle de leader dans la promotion d’un développement durable pour toutes les régions du monde intégrant l’accès aux droits sexuels et reproductifs, pour les femmes et les filles. La Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (Convention d’Istanbul) est le premier instrument juridiquement contraignant spécialement consacré à la violence à l’égard des femmes, dont les mutilations génitales féminines. La Convention exige que celles-ci soient érigées en infractions pénales afin d’être dûment sanctionnées. C’est pourquoi, avec mes collègues socialistes et radicaux, j’ai plaidé une fois encore en faveur de la ratification de la Convention d’Istanbul par l’ensemble des États membres et par l’UE. Ce sera une étape fondamentale pour mieux protéger les victimes et traduire davantage les coupables en justice. J’ai naturellement voté en faveur de cette résolution.

 

ACCÉLÉRER L’INNOVATION DANS LE DOMAINE DES ENERGIES PROPRES

Ce rapport d’initiative se veut un trait d’union entre les politiques énergie-climat actuellement sur le métier, et les politiques de recherche-développement-innovation (règles actuelles dîtes « Horizon 2020 » et futur programme cadre n°9). L’enjeu est de maintenir (ou de regagner) le rang de l’Europe pour tout ce qui concerne les filières d’avenir liées à la transition énergétique : le Global Cleantech Innovation Index de 2017 classe 5 États membres de l’UE parmi les dix premiers pays en termes de nouvelles innovations dans le domaine des technologies propres, 11 États membres de l’UE se situant dans le top 20, et 20 parmi les 40 premiers. Mais nous avons vu également comment des filières entières pouvaient nous échapper, à l’instar des panneaux photovoltaïques dont la production est aujourd’hui très largement chinoise. L’innovation peut également être sociale (ou sociétale), à l’instar de ce qu’on constate avec le déploiement de sources de production décentralisées (phénomène de l’autoconsommation). Enfin le texte revient longuement sur le besoin encore pressant de garantir et simplifier les financements adéquats. J’ai soutenu toutes ces remarques et propositions.

 

ETS (RAPPORT COÛT-EFFICACITÉ DES RÉDUCTIONS D’ÉMISSIONS ET DE FAVORISER LES INVESTISSEMENTS A FAIBLE INTENSITÉ DE CARBONE)

En tant que shadow rapporteur en ITRE pour le Groupe des Socialistes et Démocrates, je suis déçu par le résultat du trilogue qui de l’aveu même de la Commission, ne nous place pas dans les clous de nos engagements à la COP 21. Selon le GIEC, le budget carbone qui respecterait une probabilité de 66 % de limiter la hausse des températures à 2 °C sera épuisé d’ici une vingtaine d’années si les émissions continuent au même rythme qu’aujourd’hui. Or dans ce nouvel ETS, et malgré des amélioratiosn par rapport à la proposition de la Commission, le plafond d’émissions pour la période 2021-2030 est trop élevé, et les flexibilités encore trop importantes. En particulier, je maintiens que la solution d’un ajustement carbone aux frontières serait une réponse plus vertueuse à la problématique dite des fuites de carbone que la distribution de quotas gratuits aux grands groupes industriels qui par le passé ont fait des profits sur leur propre pollution. Ayant voté contre le mandat de négociation du PE qui n’était pas au niveau, mais constatant quelques améliorations à même de faire un peu bouger le prix du CO2, je me suis abstenu sur le résultat du trilogue.

 

 

7 février 2018

COMPOSITION DU PE POST-2019

Les débats autour des élections européennes de l’année prochaine portent essentiellement autour de trois enjeux :

– l’utilisation des 73 sièges libérés après le Brexit : le rapport mis aux voix propose d’en réallouer 27 à des États-membres en croissance  démographique et/ou désavantagés par la répartition actuelle (le France en gagnerait 5), les 46 autres étant mis « en réserve » pour d’éventuels futurs élargissements et/ou d’autres usages comme des listes transnationales ;

– cette idée de listes transnationales n’a pas trouvé de majorité en plénière, je le déplore ;

– le Parlement s’est à nouveau exprimé en faveur du système de « Spitzenkandidaten » ayant déjà prévalu en 2014, au titre duquel le leader de la famille politique arrivée en tête aux élections prend la Présidence de la Commission européenne, et ce afin de davantage « politiser » cette institution et asseoir le lien démocratique entre les citoyens européens, leurs représentants au Parlement, et la Commission européenne dont l’orientation générale doit refléter le fait majoritaire.

J’ai voté pour ce texte.

 

 

8 février 2018

UNWRA

Les annonces américaines concernant le Proche-Orient se suivent et se ressemblent : « au diable les Palestiniens ! ». Après le blocage de diverses démarches pour la paix, l’annonce sur Jérusalem, voilà que Donald Trump tape au portefeuille d’une agence onusienne, l’UNRWA, établie depuis 1949 pour porter assistance aux 5 millions de réfugiés palestiniens (chiffre officiel), en effectuant une retenue de 65 millions de dollars sur un versement déjà promis !! C’est l’honneur de l’Europe et d’un certain nombre de ses États-membres d’avoir réagi prestement pour accélérer le versement des fonds destinés à cette agence de façon à la maintenir à flot et surtout, à prévenir une crise majeure dans la prise en charge sociale, médicale et éducative de cette population déshéritée. À présent il est grand temps que l’UE assume une place plus centrale dans les négociations pour enfin aboutir à la paix entre deux États, tant que cette solution demeure concevable : le temps presse !