Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour.

L’année 2018 est une année charnière pour l’avenir européen. Les débats font rage, listes transnationales ou pas (le PE s’est prononcé contre), la dynamique nécessaire pour relancer l’Europe et surtout le futur budget pour les 7 années à venir.

Certains, Macron en tête, veulent tronquer le débat public arguant que les futures élections européennes seront la clarification nécessaire entre pro-européens et anti-européens. À les entendre ils seraient les seuls à avoir une vision pour l’Europe. Et en même temps certains parlementaires européens se débattent contre l’hypocrisie chronique des États et contre ceux-là même qui disent être la solution européenne. Avoir une vision c’est bien, se donner les moyens de son application c’est mieux. Pour relever les enjeux majeurs auxquels est confrontée l’Europe il faudra répondre aux nombreux besoins des citoyens et des territoires. Les investissements stratégiques, les politiques sociales, le soutien à l’emploi, soutenir le secteur agricole, l’industrie, la formation, le numérique, etc,…  méritent de revoir le budget européen à la hausse. Ce budget figé depuis toujours représente… 1% du Pib quand aux USA il est de 30 fois supérieur. Avec ce montant l’Europe devrait financer l’ensemble des demandes des États alors que ce sont ces derniers qui refusent catégoriquement de l’augmenter.

Et bien c’est de cette vision qu’il faudra débattre. Est-ce être pro-européen de bloquer toute augmentation du budget communautaire? De prôner indirectement les coupes budgétaires dans les États membres ? De défendre l’idée libérale de réduire les droits des travailleurs ? D’exacerber la concurrence déloyale? C’est cela aimer l’Europe ?

Assurément ces soit disant pro-européens font une belle déclaration d’amour au monde des puissants. Or, ils oublient l’essentiel, les citoyens, ils sont plus de 500 millions. Ils n’attendent pas, ou plus, de déclarations mais des preuves. Mais ça, ce n’est pas gagné.

Je vous souhaite une belle et rebelle année 2018, vous le méritez.

 

9 mois pour lutter contre les pesticides

Suite aux Monsanto papers et au renouvellement controversé du glyphosate, le Parlement européen a voté aujourd’hui le mandat de la commission spéciale pesticides. Sa composition sera adoptée ce jeudi 8 février.

Désormais, les travaux de cette commission spéciale doivent aller vite : composée de 30 membres représentant tous les groupes politiques de l’hémicycle européen (9 PPE, 8 S&D, 3 ECR, 3 ALDE, 2 GUE, 2 Verts, 2 EFDD, 1 ENF), elle dispose de 12 mois pour réaliser ses travaux. Entre autre, évaluer la procédure d’autorisation des pesticides dans l’UE, son indépendance par rapport à l’industrie, la transparence du processus décisionnel ; en particulier si la Commission à agir conformément aux dispositions du règlement (CE) no 1107/2009 lorsqu’elle a pris des décisions concernant les conditions d’agrément du glyphosate et de son renouvellement.

Notre objectif est, en effet, d’enquêter de manière approfondie sur les tenants et les aboutissants de cette affaire, d’établir les responsabilités de chacun, et de jeter les bases de nouvelles pratiques garantissant transparence et indépendance du processus décisionnel de l’Union. Autrement dit, l’enjeu majeur sera de traiter la mauvaise volonté de certains Etats et/ou individus à répondre aux auditions et aux demandes de témoignage.

L’affaire glyphosate a agi comme un révélateur des défaillances structurelles de la Commission européenne. Au Parlement européen, nous allons donc mener sans relâche le combat pour sortir des substances dangereuses pour notre santé. Il en va de l’avenir de nos enfants et de notre planète !

 

Communiqué de presse de la Délégation Socialiste Française au Parlement Européen –  6 février 2018

Halte aux mutilations sexuelles féminines

200 millions de femmes et de filles dans le monde sont victimes d’une forme de mutilation génitale. 15 millions d’adolescentes sont menacées d’ici 2030. Ce sujet ne doit pas être tabou. Au contraire, en parler c’est se donner les moyens de lutter contre ce fléau, contre ce qui constitue des actes de torture. C’est d’ailleurs pour cette raison que le 6 février marque la Journée internationale contre les mutilations génitales féminines.

Le débat organisé aujourd’hui au Parlement européen a permis aux eurodéputés socialistes et radicaux de plaider pour que l’Union européenne renforce son rôle de leader dans la promotion de l’accès aux droits sexuels et reproductifs, pour les femmes et les filles.

Contrairement aux stéréotypes, ce fléau ne touche pas uniquement les zones les plus pauvres du monde puisque 180 000 femmes et filles européennes sont menacées chaque année.

Face à cela, l’Union européenne doit considérer un certain nombre d’investissements comme prioritaires :

– l’accès à la santé pour toutes les femmes et jeunes filles, et notamment l’accès sûr et légal à des droits sexuels et reproductifs via le financement de planning familiaux mais aussi par le biais de l’éducation. Nous attendons beaucoup du développement de l’initiative Spotlight lancée par la Commission européenne ;

– nous souhaitons également la mise en place d’un système d’asile qui prendrait en considération ce type de violences. Certains États membres européens ont souvent une interprétation restrictive des motifs de demande d’asile alors que nous devrions tous nous retrouver dans ce combat pour protéger au mieux les victimes ;

– enfin, et c’est une priorité, nous devons nous assurer que toutes les lois reconnaissent les mutilations féminines génitales mais aussi les mariages d’enfants comme des violations des droits et de la liberté des femmes et des jeunes filles.

La Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (dite Convention d’Istanbul) est le premier instrument juridiquement contraignant spécialement consacré à la violence à l’égard des femmes. La Convention exige que les mutilations génitales féminines soient érigées en infractions pénales afin d’être dûment sanctionnées. C’est pourquoi nous plaidons une nouvelle fois en faveur de la ratification de la Convention d’Istanbul par l’ensemble des États membres et par l’Union européenne. Ce sera une étape fondamentale pour mieux protéger les victimes et traduire davantage les coupables en justice.

 

Communiqué de presse de la Délégation Socialiste Française au Parlement Européen – 6 février 2018

Élections européennes de 2019 : les idéaux et les intérêts particuliers

Aujourd’hui ont eu lieu deux scrutins importants dans la perspective des élections européennes de 2019 : un concernant la modification de l’acte électoral européen pour permettre la création de listes transnationales et ajustant le nombre d’eurodéputés par État membre en fonction des changements démographiques ; sur ce point la nouvelle distribution des sièges votée par 552 voix pour, 109 contre et 17 abstention devrait s’imposer au Conseil. L’autre scrutin concernait les modalités de désignation du président de la Commission européenne et presse le Conseil de prendre une décision.

Sur ces deux sujets, les eurodéputés de la délégation socialiste française n’ont pas varié : ils sont favorables à toutes les mesures qui peuvent renforcer la démocratie européenne. Nous avons plaidé depuis des années en faveur des listes transnationales et du Spitzenkandidat, terme signifiant que le prochain président de l’exécutif doit dépendre du résultat des élections.

Nous ne pouvons que constater qu’une vaste majorité de la droite européenne, en contradiction avec les conditions de construction d’une véritable démocratie européenne, a décidé de rejeter les listes transnationales. Et que le président Macron rejette le Spitzenkandidat parce que la République en Marche n’est pas organisée à l’échelle européenne et qu’elle sait que ce mode de désignation ne la mettra pas au centre du dispositif.

Nous insistons désormais sur un point : le Spitzenkandidat ne doit pas forcément être issu du Parti arrivé en tête à l’échelle européenne, mais celui en capacité de réunir le plus d’eurodéputés en soutien à sa politique.

 

Communiqué de presse de la Délégation Socialiste Française au Parlement Européen –  7 février 2018

SESSION PLÉNIÈRE / FEVRIER 2018 : EXPLICATION DE MES VOTES.

6 février 2018

RÉSOLUTION – TOLÉRANCE ZÉRO A L’ EGARD DES MUTILATIONS GÉNITALES FÉMININES

L’UNFPA estime à 200 millions le nombre de femmes et de filles dans le monde souffrant d’une des formes de mutilations génitales féminines. Si cette tendance continue, 15 millions de nouvelles adolescentes entre 15 et 19 ans y seraient sujettes d’ici 2030. Le 6 février marque la Journée internationale contre les mutilations génitales féminines. L’UE doit renforcer son rôle de leader dans la promotion d’un développement durable pour toutes les régions du monde intégrant l’accès aux droits sexuels et reproductifs, pour les femmes et les filles. La Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (Convention d’Istanbul) est le premier instrument juridiquement contraignant spécialement consacré à la violence à l’égard des femmes, dont les mutilations génitales féminines. La Convention exige que celles-ci soient érigées en infractions pénales afin d’être dûment sanctionnées. C’est pourquoi, avec mes collègues socialistes et radicaux, j’ai plaidé une fois encore en faveur de la ratification de la Convention d’Istanbul par l’ensemble des États membres et par l’UE. Ce sera une étape fondamentale pour mieux protéger les victimes et traduire davantage les coupables en justice. J’ai naturellement voté en faveur de cette résolution.

 

ACCÉLÉRER L’INNOVATION DANS LE DOMAINE DES ENERGIES PROPRES

Ce rapport d’initiative se veut un trait d’union entre les politiques énergie-climat actuellement sur le métier, et les politiques de recherche-développement-innovation (règles actuelles dîtes « Horizon 2020 » et futur programme cadre n°9). L’enjeu est de maintenir (ou de regagner) le rang de l’Europe pour tout ce qui concerne les filières d’avenir liées à la transition énergétique : le Global Cleantech Innovation Index de 2017 classe 5 États membres de l’UE parmi les dix premiers pays en termes de nouvelles innovations dans le domaine des technologies propres, 11 États membres de l’UE se situant dans le top 20, et 20 parmi les 40 premiers. Mais nous avons vu également comment des filières entières pouvaient nous échapper, à l’instar des panneaux photovoltaïques dont la production est aujourd’hui très largement chinoise. L’innovation peut également être sociale (ou sociétale), à l’instar de ce qu’on constate avec le déploiement de sources de production décentralisées (phénomène de l’autoconsommation). Enfin le texte revient longuement sur le besoin encore pressant de garantir et simplifier les financements adéquats. J’ai soutenu toutes ces remarques et propositions.

 

ETS (RAPPORT COÛT-EFFICACITÉ DES RÉDUCTIONS D’ÉMISSIONS ET DE FAVORISER LES INVESTISSEMENTS A FAIBLE INTENSITÉ DE CARBONE)

En tant que shadow rapporteur en ITRE pour le Groupe des Socialistes et Démocrates, je suis déçu par le résultat du trilogue qui de l’aveu même de la Commission, ne nous place pas dans les clous de nos engagements à la COP 21. Selon le GIEC, le budget carbone qui respecterait une probabilité de 66 % de limiter la hausse des températures à 2 °C sera épuisé d’ici une vingtaine d’années si les émissions continuent au même rythme qu’aujourd’hui. Or dans ce nouvel ETS, et malgré des amélioratiosn par rapport à la proposition de la Commission, le plafond d’émissions pour la période 2021-2030 est trop élevé, et les flexibilités encore trop importantes. En particulier, je maintiens que la solution d’un ajustement carbone aux frontières serait une réponse plus vertueuse à la problématique dite des fuites de carbone que la distribution de quotas gratuits aux grands groupes industriels qui par le passé ont fait des profits sur leur propre pollution. Ayant voté contre le mandat de négociation du PE qui n’était pas au niveau, mais constatant quelques améliorations à même de faire un peu bouger le prix du CO2, je me suis abstenu sur le résultat du trilogue.

 

 

7 février 2018

COMPOSITION DU PE POST-2019

Les débats autour des élections européennes de l’année prochaine portent essentiellement autour de trois enjeux :

– l’utilisation des 73 sièges libérés après le Brexit : le rapport mis aux voix propose d’en réallouer 27 à des États-membres en croissance  démographique et/ou désavantagés par la répartition actuelle (le France en gagnerait 5), les 46 autres étant mis « en réserve » pour d’éventuels futurs élargissements et/ou d’autres usages comme des listes transnationales ;

– cette idée de listes transnationales n’a pas trouvé de majorité en plénière, je le déplore ;

– le Parlement s’est à nouveau exprimé en faveur du système de « Spitzenkandidaten » ayant déjà prévalu en 2014, au titre duquel le leader de la famille politique arrivée en tête aux élections prend la Présidence de la Commission européenne, et ce afin de davantage « politiser » cette institution et asseoir le lien démocratique entre les citoyens européens, leurs représentants au Parlement, et la Commission européenne dont l’orientation générale doit refléter le fait majoritaire.

J’ai voté pour ce texte.

 

 

8 février 2018

UNWRA

Les annonces américaines concernant le Proche-Orient se suivent et se ressemblent : « au diable les Palestiniens ! ». Après le blocage de diverses démarches pour la paix, l’annonce sur Jérusalem, voilà que Donald Trump tape au portefeuille d’une agence onusienne, l’UNRWA, établie depuis 1949 pour porter assistance aux 5 millions de réfugiés palestiniens (chiffre officiel), en effectuant une retenue de 65 millions de dollars sur un versement déjà promis !! C’est l’honneur de l’Europe et d’un certain nombre de ses États-membres d’avoir réagi prestement pour accélérer le versement des fonds destinés à cette agence de façon à la maintenir à flot et surtout, à prévenir une crise majeure dans la prise en charge sociale, médicale et éducative de cette population déshéritée. À présent il est grand temps que l’UE assume une place plus centrale dans les négociations pour enfin aboutir à la paix entre deux États, tant que cette solution demeure concevable : le temps presse !