Les mutilations génitales féminines sont des actes barbares

 

Intervention en séance plénière le 6 février 2018, à Strasbourg

« Madame la Présidente, les mutilations génitales féminines sont des actes barbares qu’il faut évidemment condamner et que je condamne. Mais j’ai entendu, ici, des propos tout aussi barbares, et à ceux-là je veux leur crier la chose suivante: «la souffrance n’a ni frontière ni couleur politique. La souffrance est comme le droit, elle est universelle.» Puis, je voudrais dire à Mme la Commissaire que les années se suivent et se ressemblent. Nous avons toujours les mêmes débats et, pour autant, malgré nos discours empreints de bons sentiments, cela a été dit, ces actes barbares continuent et c’est criminel.

D’ici 2030, hélas, 15 millions de nouvelles victimes viendront grossir ces rangs. Alors que faisons-nous? Je regarde l’initiative Spotlight de la Commission avec beaucoup d’espoir, avec l’espoir d’être rassuré sur les effets réels qu’elle aura sur ces femmes et ces filles laissées pour compte. Une société peut-elle perdurer quand une partie de sa jeunesse, a priori force vive du développement, est mise de côté et fait l’objet de souffrances.

Par conséquent, il y a deux investissements majeurs qui n’ont pas de prix! Deux! Le premier, c’est l’accès à la santé. Il nous faut accentuer le financement des plannings familiaux. La Commission doit donc revoir à la hausse son engagement financier dans le programme «planning familial 2020». Nous devons inscrire les droits sexuels et reproductifs dans nos prévisions budgétaires et donc faire cesser l’hypocrisie. Le deuxième investissement, c’est l’éducation, partout et pour tous, puisqu’aucune tradition ne saurait justifier quelque violence sexuelle que ce soit. C’est aussi la raison pour laquelle le financement du planning familial est une priorité cruciale. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Salamita, cette jeune Malienne de 14 ans, qui dit: «Au centre de santé, j’apprends beaucoup. J’ai appris les conséquences de l’excision, par exemple. Je n’osais pas en parler chez moi. Maintenant je suis écoutée par ma famille parce que l’information vient du centre de santé.»

C’est en éduquant les filles que nous pourrons sauver toutes les générations à venir. Par conséquent, Madame la Commissaire, de grâce, assez de discours, des actes. C’est urgent et c’est maintenant! »