Résolution sur une stratégie industrielle ambitieuse de l’UE, cela suffit les paroles, maintenant nous voulons des actes!

Depuis le début de cette législature, la Commission européenne souhaite que l’industrie représente 20% du PIB européen.

Et chaque année, c’est le même sempiternel message: les différents commissaires nous promettent de redonner à l’industrie ses lettres d’or.

Or, se cachant derrière une compétence limitée sur les questions industrielles, ou plus encore masquant sa mauvaise volonté (ou celles de ses commissaires!), la Commission européenne ne bouge pas d’un iota.

Pourtant, certains parlementaires continuent à alerter sur la place stratégique de l’industrie européenne.

Nous ne cessons de sensibiliser sur le sens à donner à l’industrie en Europe et nous ne cessons de présenter les dangers d’une possible disparation de l’industrie.

Depuis trois ans, nous avons fait de la défense d’une industrie forte et juste notre fil rouge en expliquant qu’une industrie ce ne sont pas uniquement des travailleurs mais aussi des territoires qui s’articulent et vivent autour de l’industrie. Il s’agit également de vivre-ensemble à l’européenne.

Rappelons-nous qu’à l’origine de l’Union européenne, il y a la Communauté européenne du charbon et de l’acier qui se construit autour de l’industrie, comme vecteur d’identité européenne.

Si l’industrie en Europe disparait, qu’en est-il de notre histoire pour construire notre futur?

Cette résolution que nous avons débattu puis voté lors de la session parlementaire est un nouvel appel à la Commission européenne et aux États membres.

Nous attendons une feuille de route actée par les États membres et par les institutions européennes pour atteindre l’objectif que nous nous sommes collectivement fixé.

C’est une stratégie cohérente dont nous avons besoin pour redonner un avenir à l’industrie européenne. Mon message n’a pas changé.

D’abord, c’est une industrie durable qu’il nous faut promouvoir. Il ne suffit pas de se gargariser de la COP21 mais faire réellement coïncider protection de l’environnement et maintien de l’activité industrielle en faisant de la durabilité le premier élément de compétitivité. Le gavage de quotas de CO2, malheureusement, promeut le non-investissement, alors que nous savons aujourd’hui que les industries qui résistent le mieux à la crise économique et à la concurrence déloyale d’autres économies du monde sont celles qui investissent.

Afin qu’il n’y ait pas une prime aux entreprises les moins vertueuses, c’est une concurrence équitable à l’international que j’appelle de mes vœux. Si cette harmonisation par le haut sur les questions sociales, environnementales et fiscales ne se révèlent pas possible, je milite pour la mise en place d’ajustements. Certains appellerait cela du protectionnisme intelligent, je pense surtout qu’il s’agit de mettre fin à notre naïveté d’européens sur les questions commerciales. Sur le plan interne, c’est notre droit à la concurrence qu’il nous faut assouplir pour prendre en compte la réalité de la mondialisation et donc une plus grande souplesse quant à l’émergence de champions européens.

Enfin, nous avons besoin d’une industrie riche de ses savoirs et respectueuse du dialogue social. Il ne peut y avoir d’industrie européenne sans travailleurs bien formés, correctement protégés contre les aléas d’une économie de plus en plus financiarisée et en mesure de jouer pleinement leur rôle, en bons connaisseurs de leur outils de travail, dans la bonne gestion et les décisions stratégiques de leur entreprise.