SESSION PARLEMENTAIRE (JUILLET 2017) : VISITES AU PARLEMENT EUROPÉEN

Du  3 au 6 juillet 2017, j’ai eu le plaisir de recevoir deux groupes au Parlement européen à Strasbourg :

Le 4 Juillet :  une délégation des enfants des conseils municipaux de notre communauté de communes Rhin Brisach dans le Haut-Rhin pour une rencontre et une visite-conférence.

Avec les enfants des conseils municipaux de la communauté de communes du Pays de Rhin-Brisach (68)

 

Le 6 Juillet : un groupe de salariés de l’entreprise Syndex pour une rencontre, une heure d’échange et une visite du Parlement européen.

L’accession de l’Arabie Saoudite à la Commission des Nations Unies pour la condition de la femme: quelle surprise!

Le mardi 4 juillet, lors de la session plénière nous avons débattu de l’élection de l’Arabie Saoudite à la Commission des Nations Unies pour la condition de la femme.

Pour mémoire, le lundi 25 avril, 47 États; dont 5 pays européens (incluant la Belgique, la France a formellement marqué son désaccord) ont voté en faveur de l’accession du Royaume à cette commission pour la période 2018-2022.

Cette situation prête à rire jaune si l’on considère la condition des femmes en Arabie Saoudite.

Les femmes saoudiennes ne peuvent conduire, elles ont besoin de l’autorisation d’un homme de leur famille pour travailler ou voyager, elles ne peuvent manger seules dans un restaurant et la mixité dans les lieux publics est interdite, elles sont obligées de porter l’abbaya, elles n’ont qu’un accès très limité aux droits sexuels et reproductifs et elles sont très peu représentées dans la vie publique…

Enfin c’est bien simple, toute présence féminine doit être effacée à en juger par le nouveau scandale publicitaire où une entreprise américaine a accepté de remplacer les femmes présentes par des bouées gonflables pour vendre des piscines sur le marché saoudien (quelques années auparavant, il s’agissait de l’entreprise suédoise IKEA qui avait « gommé » toutes présences de femmes dans ses catalogues).

Les femmes, en Arabie Saoudite, sont donc des réalités invisibles.

Et c’est sans compter, le nombre de « petites mains » souvent pakistanaises ou indiennes qui travaillent dans des conditions qui ne respectent pas la dignité humaine dans de nombreux foyers de riches familles saoudiennes, sans que quiconque ne s’en émeuvent.

Alors que fait l’Arabie Saoudite dans cette Commission?

Les plus optimistes (ou les plus candides) d’entre nous répondraient que l’Arabie Saoudite pourrait faire des efforts et assouplir sa législation, que cette Commission créerait les conditions favorables à un changement de cap par un nivellement par le haut. Ils citeraient en exemple la nouvelle loi électorale qui autorise les femmes, depuis 2015, à voter et d’être élues (attention, il ne faut pas exagérer, ce n’est qu’aux élections municipales!) ou ils illustreraient l’avancée progressiste du Royaume puisqu’une femme a été nommée à la tête de la Bourse de Ryad.

De mon côté, permettez-moi d’en douter.

L’Arabie Saoudite devra avoir les coudées franches et mettre les bouchées doubles puisqu’en plus des interdits évoqués, selon un rapport de l’ONU de cette même commission pour la condition des droits des femmes, seule 1 femme sur 5 travaille.

Je compte sur l’absolu nécessité d’extrême vigilance des autres États présents dans  cette Commission afin que cette accession d’un État « hors sol » sur les questions liées aux droits des femmes ne se traduisent pas par un nivellement par le bas pour tous et surtout pour les femmes.

Car pour le moment, cette élection de l’Arabie Saoudite ressemble étrangement à la désignation d’un pyromane comme chef des pompiers.