Nous avons besoin d’une véritable stratégie pour redonner un avenir à l’industrie européenne !

Mon intervention en plénière du 15 juin 2017 à Strasbourg :

Madame la Présidente, Madame la Commissaire, heureux de vous revoir, j’étais inquiet, j’ai même failli lancer une alerte enlèvement, car vous êtes aux abonnés absents.

Depuis votre audition de 2014, vous annoncez vouloir faire passer le poids de l’industrie à 20 % du PIB européen, vous voulez redevenir leader sur un certain nombre de segments, etc. Certes, vous avez habilement surfé sur l’héritage de vos prédécesseurs, je pense notamment à Galileo, mais vous, qu’avez-vous engagé vous-même?

Le compte n’y est pas. Il est donc plus que temps que vous mettiez sur la table une feuille de route pour atteindre l’objectif que nous nous sommes collectivement fixé. Cela ne peut pas se limiter à l’organisation de réunions de haut niveau ou autres réunions de pince-fesses, cela ne fait en rien avancer la cause. Cette feuille de route ne saurait être non plus la simple addition de politiques sectorielles que vous vantez régulièrement, mais dont, bien souvent, les leviers vous échappent.

Nous avons besoin d’une véritable stratégie pour redonner un avenir à l’industrie européenne. Nous, les socialistes, la déclinons sous trois aspects.

D’abord, une industrie durable. Il ne suffit pas de se gargariser de la COP21. Nous pouvons maintenir l’activité industrielle, y compris lourde, sur le territoire européen, à condition de faire de la durabilité le premier élément de compétitivité. Le gavage de quotas de CO2, malheureusement, promeut le non-investissement. Il faut aussi accélérer les politiques comme l’économie circulaire. Vous en avez parlé, nous attendons des actes.

Ensuite, une concurrence équitable à l’international. Cela touche à la fois au commerce international, ce que d’aucuns appellent le protectionnisme intelligent ou, du moins, la fin de la naïveté européenne (je pense notamment à l’exemple chinois), au droit à la concurrence et à la réévaluation du marché pertinent, prenant en compte la réalité de la mondialisation et une plus grande souplesse quant à l’émergence de champions européens.

Enfin, nous avons besoin d’une industrie riche de ses savoirs et respectueuse du dialogue social. Il ne peut y avoir d’industrie européenne sans travailleurs bien formés, correctement protégés contre les aléas d’une économie de plus en plus financiarisée et en mesure de jouer pleinement leur rôle, en bons connaisseurs de leur outils de travail, dans la bonne gestion et les décisions stratégiques de leur entreprise.