Brexit, une page se tourne

La séance plénière du 5 avril 2017 restera gravée dans les mémoires. Une semaine après le dépôt de la lettre déclenchant officiellement le Brexit, les eurodéputés ont voté pour la résolution fixant les lignes rouges exigés par le Parlement européen lors des négociations de sortie du Royaume-Uni.

Avec ces futures négociations arrive son lot de discordes et de sujets passés aux oubliettes, ce qui nous plonge dans une longue période d’incertitudes politique et économique.

Pour exemple, l’UE propose de donner le droit de veto à l’Espagne concernant la signature d’un accord sur Gibraltar, territoire de 6km² appartenant à la Grande Bretagne depuis plus de 300 ans et situé dans la péninsule ibérique. Cette précision a soulevé une forte colère auprès de nos amis britanniques qui voient cette déclaration comme une véritable provocation.

L’incertitude plane également sur l’établissement d’une frontière physique séparant les deux ‘Irlande’, ce qui mettrait en péril le processus de paix acté sous l’égide de l’UE en 1998 suite à l’Accord du Vendredi Saint. Notons que plusieurs centaines d’emplois seraient directement menacés dans cette région qui a su s’adapter à la libre circulation et à l’arrivée de l’euro.

Des interrogations pèsent sur l’intégrité du Royaume-Uni lui-même, puisque l’Ecosse, désireuse de rester au sein de l’UE, organisera un nouveau référendum sur son maintien au sein du royaume.

Pour le Parlement européen, un seul mot d’ordre: la protection des droits des citoyens.

Plus de trois millions de ressortissants européens vivent au Royaume-Uni et un million de Britanniques résident au sein des 27 États-membres. Leurs principales inquiétudes concernent notamment leur liberté de circulation, un droit directement menacé par le Brexit.

Le Royaume-Uni pense pouvoir établir des accords avantageux avec l’UE sans que celui-ci ne respecte la libre circulation des personnes, ni n’assume ses engagements tels que la contribution au budget de l’Union sur la totalité de la période 2014-2020.
Le Parlement européen est clair sur ce sujet : il n’y aura pas d’accès au marché unique pour le Royaume-Uni sans le total respect des quatre libertés et des décisions de la Cour de Justice de l’Union européenne. Il est impensable qu’un pays tiers jouisse d’un statut plus avantageux qu’un État-membre de l’UE.

Étonnamment, les partis de l’extrême-droite pro-Brexit, et en particulier Ukip ont voté contre la résolution dans laquelle le Parlement européen accepte la sortie du Royaume-Uni. Cette position met en évidence leurs propres contradictions, puisqu’ils sont eux-mêmes les initiateurs du Brexit. Nigel Farage et son groupe politique avait déposé plusieurs amendements afin de modifier la résolution qui est pourtant censée satisfaire leur demande. On se demande là quelles sont leurs réelles motivations.

Le Brexit ne marque pas la fin de la belle histoire d’amour entre le RU et l’UE, loin de là ! Nous voulons continuer à déambuler dans les rues de Londres et Belfast, déguster une bière avec modération dans un pub de Liverpool plongé dans une ambiance punk underground. On veut encore plus de coups de foudre à Notting Hill, et profiter de la plume de Lord Byron, tout en continuant à nous émerveiller devant Billy Elliot et nous émouvoir devant Quatre Mariages et un enterrement. On veut rester vos Froggies !

Le Parlement européen fera tout pour que tous les citoyens européens continuent à se sentir britanniques !
You will never walk alone !