Conférence au Parlement européen : « Renforcer les droits des femmes : agissons ensemble ! »

Le 8 mars marque la Journée Internationale du droit des femmes. Lors de la session plénière du mois de Mars à Strasbourg, le Parlement européen a souhaité célébrer cette journée, avec quelques jours de décalage. Le bureau d’information du Parlement européen à Strasbourg a en effet organisé, en partenariat avec la chaîne de télévision ARTE, une conférence sur le renforcement des droits des femmes en mettant principalement l’accent sur les spécificités des régions frontalières d’Alsace et du Bad-Württemberg.

International Women’s Day 2017 – ‘ Women’s empowerment: let’s act together! ‘
Panel 2 : the integration of female migrants into the labour market

Aux côtés de six de mes collègues députés européens, j’ai eu le plaisir de co-organiser et participer à cette conférence. Mon intervention s’est axée sur les différentes violences faites aux femmes: « les mots, les habitudes, restrictions: toboggan vers les violences faites aux femmes ».

Hélas, nous connaissons les violences physiques qui sont les plus visibles mais d’autres violences plus insidieuses, plus cachées que j’ai appelé les « violences symboliques » se rencontrent tout au long de la vie des femmes. Et à ce jeu-là, aucune discrimination, il s’agit de toutes les femmes.

Aujourd’hui entre 40 et 50% des femmes en Europe déclarent avoir déjà été victimes d’une violence ou de harcèlement sexuel sur leur lieu de travail.

Une femme sur deux en Europe se retrouvent donc confrontée à un geste ou une parole à connotation sexuelle dans son environnement professionnel.

Un sondage commandité par la Commission européenne et publié le 25 novembre 2016 révèle que 33% de femmes européennes ont déjà souffert de violences physiques ou symboliques.

Et il y a des mots et des habitudes qui viendraient banaliser cette violence physique ou symbolique!

Plus grave encore, 27% d’hommes européens considèrent que le viol pouvait être acceptable dans certaines conditions.

Ces chiffres sont révélateurs et inacceptables!

Il y a aussi des habitudes, prises par les femmes et par les hommes.

Les femmes sont le plus souvent confrontées à cette difficile conciliation entre vie familiale et professionnelle. Elles sont la plupart du temps moins payées que les hommes à travail égal (-18%), ce sont encore elles qui sont confrontées à des conditions de travail plus précaires.

Lors de cette intervention, j’ai également fait un point sur les restrictions auxquelles sont confrontées les femmes. L’occasion de rappeler la règle globale du bâillon, souhaitée par l’administration de Donald Trump aux États-Unis, qui implique la suppression des subventions aux ONG qui aident les femmes dans les régions pauvres du monde à avoir accès à des moyens de contraception voire des conditions de sécurité à l’avortement. C’est plus de 260 millions de femmes qui seront touchées et pénalisées par une telle mesure.

Même si des mesures sont prises aujourd’hui pour lutter contre ces violences vis à vis de femmes, en France ou en Europe, il faut aller plus loin. Il reste encore beaucoup de choses à faire.

Je vous propose de retrouver l’intégralité de mon intervention et de cette conférence en vidéo via le lien suivant : http://www.europarlstrasbourg.eu/fr/activites/2017/mars_2017/iwd-2017-conference-str/seminaire-journee-internationale-femmes.html

International Women’s Day 2017 – ‘ Women’s empowerment: let’s act together! ‘
Lunch-Debate about the current situation of women on the labour market with a special focus on the region

Les échanges entre les députés européens et les personnes présentes (des chefs d’entreprises, des représentantes de branches professionnelles, des responsables d’associations, des cadres de la fonction publique, mais également des particuliers) ont été particulièrement intéressants et enrichissants. Ils ont permis de partager des expériences et interrogations sur les inégalités concrètes que subissent les femmes sur le marché du travail. Et la conclusion de ces échanges pourrait tout à fait se résumer à cette phrase de Benoîte GROULT (Ainsi soit-elle, 1975) : « Il a fallu cent ans pour effacer les discriminations les plus criantes entre les hommes et les femmes, mais qu’attend-on pour abroger celles qui restent ? »

Il reste tant à faire…