Statut d’économie de marché de la Chine : Chaud devant !!

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L’année 2016 qui s’ouvre dans quelques jours sera marquée par un débat fondamental pour l’avenir de l’industrie manufacturière française et européenne: il s’agit de l’octroi (ou non) du statut d’économie de marché à la Chine. Derrière ce libellé qui peut sembler lointain ou technique, il faut bien mesurer que l’impact d’une telle décision serait énorme pour les producteurs européens.

Lorsque la Chine a fait son entrée à l’OMC en 2001, son protocole d’accession mentionnait décembre 2016 comme date butoir pour réexaminer le statut de ce pays aux yeux de ses partenaires commerciaux: être ou ne pas être une économie de marché, telle est la question!!

Car de là découlent les possibilités de défense commerciale de ses partenaires commerciaux, lesquelles constituent un élément clé du dispositif pour garantir une relative équité entre producteurs européens et exportateurs chinois. Octroyer de façon unilatérale le statut d’économie de marché à la Chine, ce serait nous priver encore un peu plus d’instruments de défense commerciale dont nous avons toujours besoin et qui en vérité ne sont déjà pas à la hauteur. L’actualité de la sidérurgie en est d’ailleurs un exemple cruel: alors que nous avons encore en principe la possibilité de prendre des mesures antidumping conséquentes, nous avons déjà la plus grand mal à faire face à l’inondation du marché européen par les aciers chinois, qui à force de casser les prix finissent par casser les reins de leurs concurrents sur le sol européen. C’est de davantage de protection dont nous avons besoin, pas moins!!

D’autant que pour revenir sur le fond de la question, il est très clair que la Chine est loin de remplir les critères de ce qu’on entend par « économie de marché ».

A l’échelle de l’Europe, la seule étude disponible à ce jour évalue les destructions d’emplois entre 1,7 et 3,5 millions (dont 75% d’emplois industriels) si la Chine devait se voir reconnaître ce statut. J’ai déjà eu l’occasion d’alerter l’opinion à plusieurs reprises sur les risques encourus, en particulier par une tribune dans les Échos signée conjointement avec Emmanuel Maurel le 30 octobre dernier. J’ai également fait adopter à une large majorité un amendement sans équivoque sur ce point dans mon rapport sur les métaux de base, adopté mercredi.

Dès janvier, la pression va encore monter d’un cran. En effet la Commission et les États-membres vont devoir commencer à se positionner plus clairement qu’ils ne l’ont fait par le passé. Le Parlement européen aura aussi son mot à dire. Je contribuerai au débat public et à cette pression politique en organisant une réunion d’information et de mobilisation au Parlement européen le 12 janvier, avec un collectif d’eurodéputés émanant de groupes politiques différents mais unis autour de ce combat.