Trump le pompier pyromane !

L’annonce de Trump sur le statut de Jérusalem est un acte criminel. Criminel car contraire au droit international et surtout car cette décision va embraser une région qui n’avait pas besoin de ça. Le sang versé (espérons que non) sera « estampillé » Trump. L’UE doit cesser son hypocrisie récurrente vis à vis de la Palestine, elle doit apporter une réponse ferme à Trump et à Netanyahu : la reconnaissance de l’État Palestinien ! C’est la seule réponse acceptable. Le reste ne serait que balivernes.

Avec 55 collègues nous avons envoyé un petit message à Netanyahu (paru dans le quotidien Haaretz) en amont de sa visite à Bruxelles lundi: nous lui adressons la facture des démolitions menées par les autorités israéliennes d’infrastructures humanitaires en Palestine financées par l’UE!

 

Le courrier dans son intégralité :
Lettre MEPs Netanyahu 11 dec 2017

Explications de votes – session du 13 au 16 novembre 2017

Déploiement des instruments de la politique de cohésion par les régions pour faire face au changement démographique

Les citoyens européens ne sont pas tous des urbains habitants de grandes métropoles. Les politiques de la ville ne doivent pas toutes être liées aux centres villes. La ruralité et ce que l’on appelle la rurbanité sont des espaces de vie en pleine mutation, plus discrètes et timides que les métropoles, souvent laissées à l’abandon mais néanmoins des espaces très importants pour l’équilibre du continent.

J’ai soutenu ce texte voté au Parlement européen et qui, sur proposition des députés, va faire prendre en charge les changements démographiques nécessaires dans toutes les politiques publiques en allouant au développement de ces territoires des fonds propres afin qu’ils soient de véritables acteurs : développer les réseaux routiers, ferroviaires, téléphoniques et de fibre optique, pour permettre à ces territoires de ne pas être les oubliés de nos pays.

 

Coopération entre les autorités nationales chargées de veiller à l’application de la législation en matière de protection des consommateurs

L’objectif est celui de mieux protéger les consommateurs et de stopper net les activités commerciales des opérateurs malhonnêtes.

Pour cela, en accord avec la Commission européenne chargée de la coordination, les pouvoirs des autorités nationales chargées de faire appliquer la loi seront élargis afin de détecter et de stopper les violations en ligne qui portent atteinte aux droits des consommateurs. Ces autorités nationales disposeront aussi de nouveaux outils pour mieux coordonner leurs actions à l’échelle européenne. Elles pourront notamment obtenir l’identité des opérateurs commerciaux malhonnêtes auprès des organismes gérant les noms de domaine ; procéder à des achats-tests de biens ou de services, y compris sous une fausse identité ; exiger qu’un avertissement soit explicitement affiché ou que le contenu numérique soit supprimé s’il n’existe aucun moyen efficace de mettre fin à une pratique illégale ; imposer des sanctions, notamment des amendes ; informer les consommateurs sur les possibilités de dédommagement.

Nous avons également obtenu un renforcement du rôle des associations de consommateurs. Parties prenantes légitimes, elles pourront notamment signaler les agissements suspects dans le cadre d’un mécanisme d’alerte.

 

Dumping & importations avec la Chine

Après deux ans de combats, aux côtés d’Emmanuel Maurel, j’étais heureux de voter les nouvelles règles antidumping applicables à certains pays dont la Chine.

Le Parlement s’est employé à renforcer significativement la nouvelle méthodologie anti-dumping proposée, afin de la rendre la plus protectrice possible des travailleurs et de leurs entreprises et afin de prendre la mesure de la réalité économique ; c’est à dire que la Chine n’est toujours pas une économie de marché.

De plus, le Parlement s’est unanimement prononcé en faveur de l’inclusion d’éléments novateurs en matière de politique anti-dumping, comme l’inclusion de critères sociaux et environnementaux dans la liste de « distorsions significatives » ou la possibilité pour les organisations syndicales de porter plainte pour antidumping.

C’est une première et belle victoire pour les européens, il va falloir à présent transformer l’essai sur la réforme des instruments de défense commerciale.

Accords commerciaux avec la Nouvelle Zélande

L’accord avec la Nouvelle Zélande repose sur 3 piliers: une coopération politique en matière de politique étrangère et de sécurité représentant un intérêt commun, notamment sur les armes de destruction massive (ADM), les armes légères et de petit calibre (ALPC), la lutte contre le terrorisme, la promotion de la paix et de la sécurité internationales et la coopération au sein des instances multilatérales. L’accord comporte des clauses contraignantes de nature politique, fondées sur les valeurs partagées par les deux Parties. Une coopération sur les questions économiques et commerciales, visant notamment à faciliter les échanges et les flux d’investissements et portant sur des questions sectorielles, telles que : l’agriculture, les questions sanitaires et phytosanitaires, les obstacles techniques au commerce, les marchés publics, la propriété intellectuelle. Une coopération sectorielle, notamment dans les domaines des migrations, de la recherche et de l’innovation, de l’éducation et de la culture, de la lutte contre le terrorisme, la criminalité organisée et la cybercriminalité, de la coopération judiciaire.

N’oublions pas que l’UE est aussi aux portes de la Nouvelle Zélande puisque des territoires français comme la Nouvelle Calédonie, Wallis & Futuna sont ses voisins et que nous importons de la viande et nombreux autres produits.

 

Contre les inégalités

La commission EMPLOI, via son volet social, a pour but d’être un des porte-paroles de la lutte contre les inégalités au sein de l’Union européenne. Ce texte en fait une priorité. Il invite la Commission à améliorer le processus de coordination des politiques et à analyser les déséquilibres entre les revenus et les richesses. Nous avons aussi plaidé pour un accès universel à un logement abordable, à une réelle action face à la crise migratoire et à un renforcement des systèmes de retraite…

Cette lutte contre les inégalités, nous l’avons rappelé, s’accompagne dans de nombreux États membres, de réformes fiscales en profondeur et d’actions réelles, concrètes, profondes contre l’évasion et la fraude fiscale. On ne peut pas laisser voir les capitaux des riches échapper à l’impôt et que le bien commun ne repose que sur les honnêtes ou les moins riches.

 

Développement de l’Afrique

L’Union européenne doit être actrice de l’aide au développement en Afrique. Nos deux continents sont liés.

Cela passe par une intensification du dialogue politique: le développement économique (via le commerce, les Accords de partenariat économique); la bonne gouvernance, y compris les droits de l’Homme; le développement humain par le biais de services publics couvrant les besoins fondamentaux tels que l’éducation, la santé, l’accès à l’eau et à l’assainissement, l’égalité des sexes, la science, la technologie et l’innovation; la sécurité et la lutte contre le terrorisme; la migration et la mobilité; l’environnement – y compris le changement climatique.

Mais aussi par la construction d’États et des sociétés plus résilients: en particulier, des efforts devraient être entrepris pour: renforcer la bonne gouvernance, la démocratie, l’état de droit, la coopération dans les domaines de la sécurité et de la justice ; une stratégie en matière climatique ; renforcer la coopération entre les secteurs privés européen et africain ; mieux coordonner leurs programmes d’aide au commerce ; assurer la non-discrimination contre les groupes vulnérables ; renforcer les systèmes éducatifs ; aborder de manière coordonnée la migration et la mobilité ; renforcer leur contribution financière aux fonds.

 

 

médiateur européen

Nous apprécions le travail effectué par la médiatrice et ses services. Nous appelons de nos vœux que la médiatrice européenne, déjà sensibilisée se saisisse avec la même dextérité des dysfonctionnements au sein du Parlement européen sur le harcèlement sexuel car comme toutes institutions qu’elles soient publiques ou privées, nous sommes confrontés à ce type de violences.

Le vote quasi unanime de cette résolution « harcèlement sexuel » demande en effet un audit externe, indispensable pour mesurer la culture de l’institution mais aussi la mise en place de nouveaux modes d’écoute des victimes, par des professionnels, et de plus grandes protections des travailleuses.rs en cas de plainte.

Europe Hebdo sur Public Sénat

Europe Hebdo du 9 novembre 2017
animé par Nora Hamadi.

Après l’affaire Weinstein aux États-Unis, les dénonciations et les prises de conscience sur le harcèlement sexuel se multiplient partout dans le monde. Au parlement européen, la question a été discutée en séance plénière. Les eurodéputés s’emparent du sujet. En deuxième partie, Europe Hebdo vous emmène en Hongrie. Le gouvernement a fait ériger une barrière à la frontière et fait la chasse aux migrants. Le droit de la presse a été limité, et les lois encadrant les associations durcies. Le régime est-il de plus en plus autoritaire ?

Introduction :
entretien avec Jeanne Ponté, assistante parlementaire d’Édouard Martin, qui évoque son petit carnet où elle compile tous les comportements inadéquats, entrant dans la définition du harcèlement sexuel, qu’elle tient depuis son arrivée au Parlement Européen en 2014.

Débats entre Edouard Martin & Marek Jurek (PPE – Pologne) :
– Comment lutter contre le harcèlement sexuel ?
– L’état de droit en Hongrie ?

Détachement des travailleurs : la poudre de perlimpinpin d’Emmanuel Macron

Hier soir, tard dans la nuit, les États membres ont adopté leur position de négociation sur la révision de la directive détachement des travailleurs. Cet accord marque une défaite totale de la France dans cette négociation du fait des erreurs stratégiques du Président de la République française.

Ce dernier avait fait du passage de 24 à 12 mois la revendication phare de la France : pourtant, la durée moyenne de détachement d’un travailleur est de 98 jours. Pourquoi avoir cédé sur des points réels pour tenter d’obtenir une mesure inutile, le passage à une durée de 12 mois, qui s’est transformée à 18 mois de fait avec les 6 mois supplémentaires après notification ?

Pour arracher ce hochet électoral, inutile sur le fond, la France a fait perdre de nombreux mois dans la révision de la directive détachement des travailleurs. Pire, elle a abandonné des avancées réelles, notamment en acceptant le report des mesures indispensables pour empêcher le dumping social dans le secteur du transport routier, conditionnées à l’adoption de nouvelles règles dans le cadre du Paquet mobilité. Aucune échéance n’est fixée pour l’adoption de ce Paquet mobilité ce qui fragilise d’autant plus l’application du principe fondamental « à travail égal, salaire égal sur un même lieu de travail » dans le secteur du transport routier. Ce compromis crée les conditions d’un dumping social légalisé dans les transports et d’une discrimination intolérable entre les travailleurs détachés selon leur secteur d’activité.

Le Parlement européen a adopté la semaine dernière une position qui ne sacrifiait pas le transport routier sur l’autel de la communication politique. C’est pourquoi nous lutterons pour corriger cet accord au rabais accepté à des fins purement électoralistes. Nous refusons que les chauffeurs routiers fassent office de variable d’ajustement et nous prendrons nos responsabilités pour défendre la justice sociale pour tous en Europe, qui passe par l’extension de la base légale du détachement pour qu’elle ne repose pas uniquement sur la libre prestation de services, mais intègre également la nécessité de protéger les droits des travailleurs, de tous les travailleurs. C’est le seul moyen pour que la Cour de Justice de l’Union européenne prenne enfin au sérieux la lutte contre le dumping social !

 

Communiqué de presse du 24 octobre 2017 – http://www.deputes-socialistes.eu/detachement-des-travailleurs-la-poudre-de-perlimpinpin-demmanuel-macron/

La gueule de l’emploi – POLITIS

La gueule de l’emploi

Difficile de pénétrer le cénacle politique quand on n’a pas les codes des classes dominantes.

Pauline Graulle et Nadia Sweeny

 

Le destin tient parfois à peu de chose. Celui d’Édouard Martin n’aurait pas été le même sans son accent lorrain, sa belle gueule et ses saines colères : « Vous attendez quoi ? Qu’il y ait un malheur ici ?  », s’époumonait-il, l’index tendu vers le ciel, face caméra, devant l’usine de Florange, un soir de décembre 2012. Cinq ans plus tard, l’ancien délégué syndical CFDT d’ArcelorMittal n’en finit pas de se justifier sur sa nouvelle vie de député européen. « Je suis un accident de parcours et je ne suis pas dupe, annonce-t-il d’emblée, comme pour mettre les choses au clair. Si le dossier Florange n’avait pas été si médiatisé, jamais le PS ne m’aurait proposé d’être candidat. »

Député. Socialiste. Au départ, Édouard Martin, électromécanicien sur les hauts fourneaux les plus célèbres de Moselle, n’avait pas le CV taillé pour le rôle. Fils d’immigrés andalous fuyant le franquisme, arrivé à 8 ans en Lorraine, il avait jusqu’alors suivi à la lettre les préconisations d’une mère traumatisée par la dictature : « La politique du papier peint », il appelait ça. Pas un mot plus haut que l’autre. Respect éternel au chef, même quand il a tort. Il faudra que le jeune Édouard gagne peu à peu en assurance pour finir par s’imposer, sur le tard : « Le monde du travail m’a donné confiance en moi. J’y ai observé les inégalités, les injustices. Tout ça bouillait en moi. Un jour, j’ai ouvert ma gueule ; je ne l’ai jamais refermée. »

Combien sont-ils les « Édouard Martin », aujourd’hui, dans la politique française ? Quelles chances Hadama Traoré (lire ci-contre), habitant de la cité des 3 000, à Aulnay-sous-Bois (93), ancien délinquant et noir de peau, a-t-il d’accéder un jour à son rêve le plus fou : devenir président de la République ? Aucune. Pourtant, ce jeune militant n’en sait sans doute pas moins qu’Emmanuel Macron sur ce qui fait le cœur de la société française. Au moins a-t-il réussi à mobiliser (en vain) les habitants de son quartier pour s’opposer à la destruction  programmée du centre commercial Le Galion, seul lieu de vie au cœur de sa cité.

 

En 2017, aucun ouvrier n’a eu le « privilège » de s’asseoir sur les bancs de l’Assemblée nationale.

 

 

 

 

 

Le « plafond de verre », on en parle beaucoup pour les femmes. Moins pour les classes populaires. Pourtant, en 2017, aucun ouvrier n’a eu le « privilège de s’asseoir sur les bancs de l’Assemblée nationale. Si la France insoumise, à force de volontarisme, a réussi à faire élire une aide-soignante (Caroline Fiat) et quelques jeunes – donc proches des problématiques de précarité –, c’est moins les classes populaires que les classes moyennes (supérieures) qui ont fait, cette année, une entrée remarquée au Palais Bourbon : profs, étudiants à Sciences Po, fonctionnaires, commerciaux…

Bien sûr, la situation n’est ni nouvelle ni inconnue. Et elle continue de glisser sur la même pente. Au PCF, où on n’a pas élu un ouvrier à la tête du parti depuis la fin du règne de Georges Marchais, en 1994. La sociologie militante a changé en profondeur. Le sociologue Julian Mischi a admirablement analysé les raisons pour lesquelles « les responsables promus à partir des années 1970 sont ouvriéristes sans avoir été ouvriers ». En 1967, encore 40 % des délégués au congrès étaient ouvriers ; ils ne sont même pas 10 % en 2009…

Il faut dire aussi que, pour paraphraser Bourdieu, la classe dominante est celle de la culture dominante. Prendre la parole en public, livrer des décisions, se sentir légitime à incarner quelque chose de plus grand que son petit soi… Autant de savoir-faire et de savoir-être qui ne s’apprennent pas sur les bancs de l’école. Et qui sont pourtant le sésame pour accéder à  un monde politique hyper-professionnalisé où les carrières se font et se défont sur plusieurs décennies. « On nous fait croire que, pour être député, il faut être un expert, connaître le droit, la réglementation, mais c’est faux : on a des assistants parlementaires pour mettre en œuvre nos idées », témoigne en outre Édouard Martin.

Mais si la politique est avant tout une affaire d’idées, reste alors une question subsidiaire : si l’on peut déplorer, par principe, que la vie politique soit, de fait, réservée aux classes sociales les plus favorisées, une arrivée massive des classes populaires dans les instances de pouvoir en changerait-elle  véritablement le cours ? Édouard Martin l’assure : « Sans vouloir me donner trop d’importance, je crois qu’on n’a jamais autant parlé d’industrie au Parlement européen que depuis que j’y siège. » Son mandat prendra fin dans deux ans. L’avenir dira ce qu’il en sera sans  lui.