Intervention en plénière – Le harcèlement sexuel n’a pas de couleur politique

Intervention à Strasbourg le 25 novembre 2016.

 

Monsieur le Président, Madame la Médiatrice, je vais sortir des sentiers battus. Je souhaite vous sensibiliser à un sujet qui n’a jamais été abordé et, pourtant, il y a beaucoup à dire et à faire. Je parle du Parlement européen.

Des centaines d’attachés parlementaires travaillent dans cette institution, et la précarité de leur contrat de travail fait qu’ils n’ont pas trop intérêt à se plaindre. En effet, ils peuvent être remerciés sur une simple déclaration de rupture de confiance, et ce à la discrétion du parlementaire. Cela calme! Pourtant, le harcèlement sexuel est une réalité, et il n’existe ici aucune structure d’écoute, de conseil ou d’alerte. C’est un manque, c’est une souffrance! Le harcèlement sexuel n’a pas de couleur, il n’a pas d’odeur et il n’a pas de couleur politique.

Il est donc urgent de mettre en place des outils de veille qui viennent en aide aux victimes afin que l’omerta ne soit plus de mise ici. Il faut un véritable statut de l’attaché parlementaire afin qu’il puisse mieux défendre ses droits. Nous ne pouvons pas être ici les donneurs de leçon à la terre entière sans mettre de l’ordre chez nous. Les victimes comptent donc sur vous, Madame la Médiatrice, et je souhaite une initiative forte de votre part.

Rencontre avec Abu Saqr et des militants de la cause palestinienne : inquiétudes sur le processus de paix au Proche-Orient.

© 24 Novembre 2016 : rencontre à Strasbourg, au Parlement Européen, avec le leader bédouin Abu Saqr
© 24 Novembre 2016 : rencontre à Strasbourg, au Parlement Européen, avec le leader bédouin Abu Saqr.

Jeudi 24 novembre, j’ai eu l’honneur de recevoir au Parlement le leader bédouin Abu Saqr ainsi que des militants associatifs de la cause palestinienne et surtout, de la paix au Proche-Orient.

Abu Saqr est né à  Al Hadedya au nord de la vallée du Jourdain en 1950 ; il a une famille de  27 membres. Ils vivent essentiellement de l’élevage de chèvres et de moutons. La région où il vit est sous occupation israélienne depuis 1967. Sa communauté, comme les dix autres qui vivent au nord de cette région, est sous la menace constante d’expulsion et est victime de brimades régulières. La force armée israélienne a démoli six fois ses tentes et abris depuis 2001. Lui et sa famille sont harcelés et pourchassés par les soldats ; pourtant il résiste  et défend les autres communautés de cette région. Il a démarré et coordonne des comités populaires dans la vallée du Jourdain, et depuis 2013 il est à la tête de l’association développant l’élevage des animaux avec les fermiers du nord de la vallée.

Devant nous, Abu Saqr a témoigné du durcissement de la situation sur place et a demandé pourquoi Israel pouvait se permettre de déroger aux résolutions de l’ONU.

Il prévient que la détérioration de la situation, les privations en tous genres instiguées par les autorités israéliennes dans les territoires occupés (eau, électricité, routes, mais aussi et surtout écoles), représentent une bombe à retardement, en particulier s’agissant de la nouvelle génération palestinienne. Il redoute l’embrasement.

Nous avons été rejoints lors de la réunion par Martina Anderson (GUE/Irlande), Présidente de la Délégation Palestine au Parlement européen. Nous avons regretté de concert que malheureusement avec l’actualité internationale dramatique que nous connaissons, la question du processus de paix entre Israël et Palestine soit tombée très bas sur la liste des « priorités du moment »  et de l’intérêt médiatique.

Pourtant il y a beaucoup à dire : sur la destruction par l’armée israélienne d’infrastructures financées par l’UE (les faits sont documentés par l’UE et par l’ONU), ou encore sur la validation récente par le gouvernement de M. Netanyahu (à l’initiative de sa frange la plus extrême) de colonies illégales en Cisjordanie, accentuant encore un peu le redécoupage ubuesque des territoires et l’oppression vécue par les Palestiniens. À ce propos, Mme Anderson a précisé que de nombreux colons étaient ressortissants de certains États européens sur lesquels il serait bon de faire pression.

Évidemment il fut aussi question de l’accord d’association, que l’UE devrait en toute logique suspendre tant qu’Israël ne respectera pas ses obligations internationales et les droits de l’Homme les plus élémentaires.

Enfin sur le BDS (boycott, désinvestissement et sanctions), on nous oppose souvent l’argument que ce mouvement aurait des relents antisémites (en quelque sorte une réminiscence du boycott encouragé par les Nazis dans les années 30). Nous rejetons évidemment toute inspiration de ce type puisque le BDS prend pour référence explicite la campagne internationale contre l’apartheid en Afrique du Sud, qui avait contribué à faire plier le gouvernement raciste de l’époque. Par ailleurs il faut répéter que le clivage n’est pas religieux, on le voit bien par l’existence même d’associations trans-confessionnelles qui militent pour la paix.

Je remercie encore les associations ayant permis la venue d’Abu Saqr en France et ce crochet par notre Parlement !

 

Quand c’est non c’est non! Dites oui à la ratification de la convention d’Istanbul!

33% des européennes ont souffert de violences physiques ou symboliques.

27% des européens considèrent le viol comme étant acceptable dans certaines conditions.

Ce sondage a été commandé par la commission européenne et les résultats ont été rendu publics le 25 novembre dernier pour la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

Ces chiffres font peur.

Alors que nous devrions faire preuve de retenue, d’humilité et de résistance, certains les rejettent assurant qu’ils sont faux ou biaisés. Hélas, nous pourrions continuer cette liste avec d’autres exemples.

Aujourd’hui, j’ai l’impression que les chiffres raisonnent mais ne percutent plus. Comme si, saoulés de statistiques, nous étions à présent devenus indifférents. « Ce ne sont que des chiffres pas la réalité», « vous êtes des faiseurs d’opinion », « les sondages cela appartient au passé, regarde l’élection de Trump ou le Brexit, aucun sondage ne l’imaginait ».

Même si on ne compte plus les chiffres, ni les études d’opinion, ni les statistiques, nous pouvons compter sur les témoignages de femmes, toujours plus nombreuses et courageuses à dire tout haut ce qu’elles vivent tout bas, en secret, sur les violences qu’elles subissent au quotidien.

Analysons sous quelles conditions, le viol serait légitime ou du moins à légitimer.

Donc si une fille porte une jupe courte ou un décolleté ou tous vêtements qui attisent l’appétit sexuel de l’homme, cela serait un appel du pied au viol ? Donc si une fille flirte un peu, pour le jeu plaisant de la séduction mais qu’elle souhaite rentrer chez elle seule, il faut la violer car le message était clair, en flirtant, elle acceptait de coucher ? Donc si une fille un peu pompette lors d’une soirée ne sait plus dire NON mais résiste avec toutes ses forces aux diverses avances d’hommes moins gais, il faut la violer car elle a consenti à une relation sexuelle ?

Imaginez donc une fille un peu saoule, qui flirte et qui porte une mini-jupe !

C’est la triple peine.

Se ré-ouvre donc le débat sur la jupe parfois trop courte, parfois trop longue, sur l’usage d’alcool lors de fêtes, sur la nécessité pour une femme de rentrer toujours accompagnée, sur l’obligation sociale à être attirante sans être tape à l’œil pour ne pas être considérer comme une fille facile, d’être joyeuse sans être ivre car cela deviendrait dangereux…

La route est encore bien longue pour bannir les violences liées au genre.

C’est pour cela qu’à la veille de la journée internationale de lutte contre les violences à l’égard des femmes, le Parlement européen rappelait la nécessité de ratifier la Convention d’Istanbul (Convention du Conseil de l’Europe de 2011 qui a l’objectif de prévenir et de combattre les violences sexuelles à l’égard des femmes).

À ce jour, seuls 14 États membres l’ont ratifiée.

L’idée même que chaque femme ne bénéficie pas de la même protection dans tous les États européens m’est inacceptable.

La résolution demande aux États membres européens d’adopter une législation nationale appropriée pour lutter et prévenir les violences sexuelles. Il est également demandé à ce que les violences sexuelles soient considérées dans tous les États membres comme des crimes sérieux et non comme dans des délits ce qui amoindrirait la peine.

Il y a des choses que des chiffres ne pourront jamais illustrer.

Jamais des statistiques ne pourront témoigner de l’inquiétude latente des femmes lorsqu’elles rentrent seules de nuit, de ce sentiment de culpabilité qui les habite parfois lorsqu’elles doivent dire NON à un homme, de cette nécessité de savoir jongler entre être joyeuse sans être allumeuse pour ne pas être affublée de frigides féministes , d’avoir l’élégance de maman et le sexy de la maitresse, d’être disponible mais mystérieuse, de devoir gérer les regards lourds de sens dans la rue, au travail, entre amis, de devoir supporter les mains baladeuses dans la rue, entre amis, au travail, de ne plus entendre les sifflements, de la peur de répondre de crainte que cela dégénère, de devoir commencer à faire de la self défense, d’avoir TOUJOURS son téléphone et ses clefs accessibles lorsque l’on rentre…

À vous donc les femmes, éternelles jongleuses et équilibristes, je tire mon chapeau.

 

18.11.2016 / Débat Public – Désindustrialisation : peut-on encore lutter pour sauver son emploi ?

© L'imprévu
© L’imprévu

Quand nous avons lancé L’imprévu, nous souhaitions créer un média qui soit en dehors du temps de l’actualité, qui revienne sur des sujets tombés dans l’oubli après avoir été particulièrement couverts par les médias.

Les sujets que vous pouvez lire sur L’imprévu ont tous une histoire, découlent d’une envie, d’un questionnement personnel ou collectif, parfois d’un besoin de comprendre. C’est le cas de nos articles sur la désindustrialisation.

En organisant cette soirée de débats, nous voulions donner corps à ce sujet, et la mission semble remplie : les témoignages que nous ont apportés Christian Lahargue, ancien ouvrier de Continental, et Édouard Martin, ancien ouvrier d’Arcelor aujourd’hui député européen, ont été très forts. Ils ont permis de mettre des visages et des histoires sur ce que les participants voient habituellement dans les médias : des chiffres de plans sociaux et des images de manifestations.

L’équipe de L’imprévu

 

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** L’imprévu est un site d’information indépendant en ligne dont la rédaction axe ses écrits sur des sujets ayant été particulièrement médiatisés durant un temps puis sont tombés dans l’oubli, ou encore des sujets peu mis en avant sur la scène médiatique. L’un des objectifs de ce média est aussi de permettre le débat et de rencontrer ses lecteurs ainsi que les abonnés. Les sujets évoqués sur le site de L’Imprévu ont une histoire et découlent d’un besoin de comprendre et d’aller plus loin dans les sujets traités dans leurs publications. C’est le cas de plusieurs articles qui ont été publié sur un sujet qui me préoccupe : la désindustrialisation.

Comment les salariés vivent-ils l’annonce d’un plan social, comment en parlent-ils des années après, où en sont-ils maintenant, quel est leur combat ? Bata, Alstom, les Conti, ArcelorMittal et tant d’autres exemples. C’est à ce sujet qu’ils ont souhaité consacrer le premier débat. J’ai donc été contacté par le Journal L’imprévu afin d’y participer, il s’est tenu à Paris le 18 novembre dernier. L’occasion pour moi d’expliquer comment, selon moi –  avec mon expérience passée chez ArcelorMittal à Florange mais aussi avec mon actuel parcours de député européen – il pourrait être possible de peser sur le devenir de l’Industrie en Europe mais aussi en France.

 

 

 

 

 

 

25.11.2016 : RENCONTRE AVEC DES REPRESENTANTS DE LA FILIERE BOIS

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25.11.2016 : en compagnie des représentants des Communes Forestières de Lorraine De gauche à droite : J.C Humbert, Michaël Weber et Delphine Nicolas

Le 25 novembre 2016,  j’ai reçu, à ma permanence parlementaire de Thionville, une délégation de représentants de la filière bois à la demande de Monsieur Michaël Weber, Président de la Fédération des Parcs naturels régionaux de France et Vice-Président des communes forestières de Lorraine.

La filière bois souffre de l’export de matière première vers la Chine. Des dispositifs ont été mis en place en France. Notre échange visait à trouver une réponse européenne car en effet, nous sommes face à un double problème. D’ une part une mauvaise gestion de l’exploitation des forêts françaises notamment avec une production qui part par conteneur en Chine : les grumes françaises ne sont plus transformées sur place mais vendues en Chine qui produit des meubles, du parquet, etc à moindre coût. Et d’autres part, la problématique des transports maritimes où le voyage par bateau est offert aux clients européens accentuant par là une concurrence déloyale.

A l’issue de cette rencontre, nous avons prévu de nous revoir lors d’une prochaine session plénière à Strasbourg avec d’autres députés européens afin d’envisager la suite à donner à ce dossier.