Discours sur l’état de l’Union européenne 2016: une profession de foi volontariste qui ne fait pas l’économie de quelques vieilles ficelles !

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Le « discours sur l’état de l’Union européenne » a été instauré il y a quelques années par un José Manuel Barroso (alors Président de la Commission européenne) guidé par une grande admiration à la fois pour l’Amérique et pour lui-même. Cet événement annuel a néanmoins survécu au changement de Commission et est entré dans les habitudes institutionnelles.

Pour Jean-Claude Juncker, il s’agit d’un point d’étape important pour revenir sur l’actualité et tracer quelques perspectives. Mais avec les crises que traverse l’Europe, l’exercice se fait de plus en plus périlleux. Et disons-le franchement: s’il joue à fond son rôle de « capitaine dans la tempête », il n’est pas dit qu’il nous mène à bon port!

La partie sur le « discours de la méthode » et l’appel à davantage de solidarité étaient sans doute un rappel nécessaire, quand on connait la propension des États européens à rejeter la faute sur Bruxelles, alors que bien souvent les responsabilités -comme les compétences!- sont partagées. La volonté d’afficher des résultats concrets est, elle aussi, bienvenue mais on peut anticiper quelques difficultés à financer ces nouveaux chantiers prioritaires que sont la défense et la sécurité, avec un budget de l’Union européenne riquiqui (1% du PIB européen) et qui risque fort de le rester malgré la révision à mi-parcours du cadre financier pluriannuel (prévue pour l’année prochaine).

Sur le fond, on note beaucoup de bonnes intentions et même quelques annonces prometteuses:  sur la confirmation de sa volonté de réviser en profondeur le régime des travailleurs détachés, ou de lutter contre la fraude fiscale (comme l’a démontré sa commissaire Vestager avec Apple en Irlande). Ou encore sur la protection de l’emploi et des travailleurs (en insistant d’ailleurs fortement sur le secteur de la sidérurgie).

Mais au détour d’une promesse, comme celle sur le « wifi gratuit dans les grands centres urbains à horizon 2020 », on mesure la part d’improvisation (consultés, ses services n’ont aucune idée de la marche à suivre, ni de ce que certaines villes offrent déjà en la matière…)! C’est prendre un risque énorme que de faire miroiter de nouveaux objectifs quand on est déjà face à de si nombreuses urgences.

De même, sur le volet de l’investissement, la Commission semble vouloir tout résoudre à coup d’instruments financiers, à l’image du financement du premier « plan Juncker », alors que l’on est en droit d’être dubitatif sur l’additionalité des projets ainsi cofinancés (souvent peu risqués et qui se seraient faits avec ou sans soutien européen). Et malheureusement, comme « en contrepartie », rien n’est dit sur la flexibilisation de nos règles budgétaires…

JC Juncker a été lucide quand il a fait de sa commission celle « de la dernière chance », ou encore celle qui devait sortir du « business as usual ». Il  a encore été lucide mercredi dernier en convenant qu’un discours de plus ou un sommet de plus ne sortiraient pas l’Europe de la crise. À nous sans doute, parlementaires européens, de faire preuve de lucidité pour faire émerger des solutions justes et pertinentes pour relancer l’Europe!

 

Tous mobilisés pour Alstom Belfort !

Mercredi 14 septembre, à l’initiative des eurodéputés socialistes et radicaux, le Parlement européen va débattre de la situation de Caterpillar et d’Alstom en séance plénière. Une résolution sera adoptée lors de la session plénière d’octobre prochain.

L’industrie ferroviaire en France, comme dans le reste de l’Union européenne, est un pilier de l’économie et génère plus de 1 million d’emplois directs et 1,2 million d’emplois indirects. C’est un secteur-clé pour la réindustrialisation et pour relancer la croissance que nous devons soutenir tant à l’échelle nationale qu’européenne.

En juin 2016, le Parlement s’était déjà saisi du sujet en adoptant une résolution sur « la compétitivité du secteur européen de l’équipement ferroviaire », qui appelle justement la Commission à stimuler les commandes publiques grâce à la pleine utilisation des fonds européens. Cette résolution ne doit pas rester lettre morte et il faut que la Commission prenne en compte les recommandations des députés européens pour soutenir le secteur ferroviaire.

En effet, l’Union doit, ici, jouer son rôle de protection et de défense de ses industries face à une concurrence internationale toujours plus rude et, en particulier, l’émergence de grands groupes, notamment en Chine, qui bénéficient de subventions publiques massives. Nous nous félicitons déjà de la volonté affichée par le président de la République de maintenir l’activité d’Alstom sur le site historique belfortin, et nous nous mobiliserons pour que l’Union européenne définisse une vision plus stratégique et offensive en matière de politique industrielle.

 

Communiqué de Presse de la Délégation Socialiste Française au Parlement européen – 13 Septembre 2016

Prix Sakharov : Tout mon soutien à la candidature des femmes yézidies !

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Cette semaine les Socialistes et Démocrates ont pris de manière unanime la décision de soutenir la candidature des femmes yézidies pour le prix Sakharov. J’avais été particulièrement marqué par l’échange que j’ai eu en juillet avec  l’une de leurs représentantes, Lamiya Aji Bashar, survivante de l’horreur de Daesh, qui par la lutte qu’elle mène aujourd’hui pour la reconnaissance de ce drame collectif, se voit désormais potentielle récipiendaire de ce prix.

Le prix Sakharov remis par le Parlement européen récompense chaque année la défense des droits de l’homme et des libertés fondamentales, la protection des droits des minorités, le respect du droit international et le développement de la démocratie et la mise en place de l’état de droit.

Je me souviens du lauréat du prix Sakharov en 2014 le Docteur Denis Mukwege que j’avais eu la chance de rencontrer et gardons aussi en tête que le lauréat 2015 le bloggeur saoudien Raif Badawi est toujours emprisonné.

Je soutiens donc aujourd’hui, avec un message plein d’espoir, la candidature de ces femmes yézidies qui en Syrie et en Irak luttent pour la paix au péril de leurs vies.

Le Parlement européen envoie un message fort pour lutter contre le dumping social en Europe !

Après plusieurs mois de travaux et de négociations, le rapport d’initiative du député socialiste Guillaume Balas relatif à la lutte contre le dumping social dans l’Union européenne a été adopté à une large majorité aujourd’hui par le Parlement européen.

« Ce vote constitue une avancée majeure vers l’Europe de la convergence sociale, rempart essentiel au marché dérégulé qui oppose entre eux les travailleurs et entre elles les nations, a déclaré Guillaume Balas.

« Ce résultat a été obtenu grâce au rassemblement d’une majorité de députés européens progressistes dont en premier lieu, la gauche unie. Par la voix de son Parlement, l’Europe vient d’affirmer sa volonté de progrès social. Nous en appelons désormais à la responsabilité de la Commission et des chefs d’États pour désormais tout mettre en œuvre pour la concrétiser ». a-t-il ajouté.

Le Parlement européen a notamment adopté des propositions concrètes parmi lesquelles figurent :

  • la lutte contre les sociétés dites « boîtes aux lettres » en s’assurant que les entreprises établies dans un État membre de l’Union aient une véritable activité ;
  • la mise en place d’une liste noire des entreprises, y compris des sociétés « boîte aux lettres » responsables de graves violations de la législation sociale du travail. L’accès aux marchés publics, aux subventions publiques et aux fonds de l’UE devait leur être refusé pendant une période légale ;
  • la création d’une Agence européenne du transport routier chargée d’assurer le contrôle du respect des règles ;
  • la mise en place d’un seuil de 60% du salaire moyen national comme référence pour fixer au sein des États membres le salaire minimum ;
  • l’extension de la responsabilité conjointe et solidaire sur la chaîne de sous-traitance ;
  • la possibilité pour les autorités compétentes de suspendre la prestation de services en cas de sérieuses violations de la législation relative au détachement des travailleurs ;
  • l’enregistrement des déclarations de détachement dans un registre européen pour faciliter la consultation et la coordination entre États membres ;
  • la demande à la Commission d’évaluer l’impact du différentiel de cotisations sociales des employeurs et des salariés entre États membres ;
  • la mise en place de dispositions pour lutter contre le travail indépendant factice liées aux  recommandations de la convention de l’OIT ;
  • la prise en compte de la nouvelle proposition de révision de la directive sur le détachement.

 

Communiqué de Presse de la Délégation Socialiste Française au Parlement européen – 14 Septembre 2016